Miguel McKelvey, a évoqué la volonté de préserver l’environnement
Miguel McKelvey, a évoqué la volonté de préserver l’environnement
La firme WeWork a décidé de bannir la viande dans ses cafétérias à travers le monde, dont dans ses deux espaces de bureaux à Montréal, situés Place Ville Marie et L’Avenue, rapporte La Presse.

De plus, l’entreprise ne remboursera plus les employés qui commandent un burger lors des repas d’affaires.

Pour expliquer cette décision, le cofondateur et chef de la culture de la jeune entreprise, Miguel McKelvey, a évoqué la volonté de préserver l’environnement, mais également celle d’assurer le bien-être des animaux.

Selon l’avocat Me Julius Grey du cabinet Grey Casgrain, on peut se demander si d’un point de vue du droit de travail, une telle décision ne s’immisce pas dans la vie personnelle de l’employé.

«L’entreprise peut imposer toutes sortes de conditions mais pas de nature idéologique, avance-t-il. Une entreprise ne pourrait pas imposer de manger casher ou halal à ses employés. Donc elle ne peut pas lui imposer le végétarisme. Maintenant, la question est plus délicate car il s’agit de ne pas rembourser l’employé, mais l’employeur ne devrait pas en avoir le droit.»

Un employé aurait-il la possibilité de se retourner contre WeWork? Oui, répond Me Grey.

«Il pourrait aller devant la Commission des droits de la personne, en évoquant une limitation de sa liberté et son droit à l’égalité. Je pense que les propriétaires, les employeurs, devraient s’abstenir d’imposer leur façon de vivre, ce genre d’exigence n’est pas légale.»

Un sujet «explosif»

Me Julius Grey du cabinet Grey Casgrain
Me Julius Grey du cabinet Grey Casgrain
Même son de cloche du côté de Marie Marquis, professeure titulaire au département de nutrition de l'Université de Montréal, pour qui il est « impensable d'imposer des habitudes de vie à des employés ».

Selon elle, toucher aux comportements alimentaires est «explosif», surtout chez les adultes «qui crient rapidement à la liberté de choix», affirme-t-elle dans des propos rapportés par La Presse.
Notons que la firme new-yorkaise, est établie à Montréal depuis deux ans, et qu’elle propose des postes de travail, des bureaux et des salles de conférence.

L'entreprise est située dans une vingtaine de pays, dont les États-Unis, le Canada, le Mexique, la France, le Royaume-Uni, la Chine, le Japon et l'Australie.