Me William Dion-Bernard. Photo : Site Web de Robinson Sheppard Shapiro
Me William Dion-Bernard. Photo : Site Web de Robinson Sheppard Shapiro
Me William Dion-Bernard devient associé au sein de Robinson Sheppard Shapiro après une dizaine d’années de pratique dont un an et demi au sein du cabinet. Droit-inc a discuté avec lui afin de découvrir quel genre de notaire il est.

Qu'est-ce vous a amené droit et comment s'articule votre pratique?

Je travaille en succession, je fais du règlement de succession et de la planification successorale. Je vais travailler avec des personnes du Québec, mais j'accompagne aussi des gens de l'extérieur de la province qui ont des biens au Québec, ou encore des Québécois qui ont des biens à l'étranger.

Ce domaine m'amène aussi à faire de l'immobilier, de la fiscalité et du droit de la famille. Je trouve ça super intéressant de pouvoir accompagner les gens dans ces situations qui sont parfois un peu difficiles, compte tenu de situations familiales particulières que chacun peut avoir. Ça peut être chargé émotivement, et on va alors essayer de prévenir les litiges. Souvent, il y a beaucoup de rancoeur qui ressort dans ces circonstances-là. Je veux accompagner les gens pour que ça se fasse de façon la plus ordonnée et le plus rapidement possible.

Quand j'ai commencé au cégep ma réflexion sur ce que je voulais faire, j'étais allé en sciences de la santé, dans l'idée qu'on pouvait aller dans tous les programmes universitaires avec ce DEC-là. Finalement, je me suis inscrit en droit à l'Université de Sherbrooke avec le cours en biotechnologie, j'aimais les cours de biologie et de microbiologie. J'avais encore l'idée que le droit menait à toutes sortes de choses. Je n'étais toujours pas fixé sur mon choix de carrière.

Après avoir fait certains cours en droit, comme le droit de la famille, le droit des successions et le droit des biens, c'est là que je me suis rendu compte que le domaine notarial m'intéressait plus que celui d'avocat. En faisant mon stage et en commençant à pratiquer, je me suis rendu compte que j'aimais vraiment faire ça.

Je n'ai pas une famille avec un historique de droit, mes parents sont agronomes, et personne n'était avocat ou notaire dans ma famille. Personne ne parlait de leur testament et de leur contrat de mariage avant que je devienne notaire!

Vous avez d’abord travaillé un an chez Desgroseillers, Tremblay et associés, puis vous avez joint le contentieux de First Canadian Title.

J'ai fait mon stage et j'ai commencé ma carrière dans cette étude qui était au coin de la rue de chez mes parents. J'ai transféré ensuite en entreprise. First Canadian Title traite des assurances titres, donc c'était beaucoup des transactions immobilières. J'étais en support pour les questions juridiques.

J'ai fait ça pendant deux ans et demi, puis une collègue avec qui j'avais fait mon diplôme de droit notarial qui me confie avoir été approchée par BLG pour devenir notaire là. Elle avait déjà monté son bureau, elle avait investi beaucoup de temps à développer son réseau, elle trouvait ça difficile de s'en aller dans un bureau où elle aurait perdu son autonomie, en plus que sa clientèle n'était pas tellement compatible avec avec le type de pratique de BLG. Elle m'a donc référé parce qu'elle se sentait mal de refuser l'offre. C'est comme ça que je me suis retrouvé en entrevue là. J'y suis resté six ans.

C'est là que vous avez développé votre clientèle.

Effectivement, ma pratique de successions, de fiducies, c'est chez BLG de que je l'ai développée, avec l'équipe qui était en place. C'est Marilyn Piccini Roy qui a été ma mentore les premières années que j'étais là. Elle avait toute une expérience en pédagogie, elle a enseigné à l'Université McGill et a écrit des livres du Barreau sur le droit des successions. J'ai vraiment beaucoup appris avec elle. C'était une super professionnelle avec qui grandir dans l'entreprise et dans ma pratique.

Qu'est-ce qui vous a attiré chez RSS?

Marilyn était rendue chez RSS depuis deux ou trois ans et on avait toujours des dossiers ensemble. On se voyait assez régulièrement. Un jour, elle m'a proposé de la rejoindre chez RSS, et je me suis dit "pourquoi pas!" C'est dans le plan d'affaires de RSS de développer une spécialisation en successions et en fiducies. Il y avait déjà Martin Lord et quelques avocats en litige, et on a structuré un groupe pour desservir les clients en droit international privé, fiducies, successions et fiscalité. On a maintenant une très bonne équipe versus ce qui offert ailleurs sur le marché.

Et aujourd'hui, même pas deux ans après votre arrivée au cabinet, vous êtes fait associé. Qu'est-ce que ça change pour vous?

Je l'ai pris comme une reconnaissance. C'est quasiment une déclaration d'amour! (Rires)

Je n'ai pas encore une idée précise de ce que cela implique, ou apporte comme changement dans ma pratique. C'est sûr que je le vois comme la reconnaissance de la qualité professionnelle des services que je rends aux clients du cabinet. Le règle, habituellement, c'est d'avoir travaillé au bureau pour au moins deux ans. Mes associés ont décidé de me promouvoir, et de ce que j'ai compris, ils en n’ont pas discuté très longtemps, c'est une décision qui allait de soi. J'ai vraiment apprécié et ça m'a mis dans un bel état d'esprit pour le temps des Fêtes! (rires)

Est-ce que votre nomination change quelque chose dans votre département, aurez-vous à bâtir une équipe?

Ça fait une dizaine d'années que je suis notaire. J'ai toujours aimé partager mes connaissances et travailler en équipe. J'implique des plus jeunes dans mon travail, comme ma collègue Lauren Flam, passionnée par les fiducies et les successions. Elle se dirigeait plus en litige au départ, mais elle aime bien rédiger également. Je travaille avec elle sur les dossiers de planification successorale, donc on fait les testaments, les mandats de protection ensemble. Elle va évidemment prendre en charge les litiges. On travaille en équipe, donc on discute toujours ensemble pour trouver les meilleures solutions.

Par rapport au fait d'être nommé associé, j'avais déjà pris sur moi de transmettre les connaissances et les informations. Je donne également des cours au Cégep Ahuntsic pour les futurs parajuristes. Je suis impliqué dans la formation chez STEP, la Society of trust and estate practionners. On ne peut pas devenir membre simplement en payant sa cotisation, il faut également suivre un programme de formation lorsqu'on n'a pas dix de pratique dans le domaine. Je suis aussi impliqué dans l'Association du Barreau canadien au niveau du comité de formation en fiducies et successions. J'ai donc toujours eu cette envie de partager mes connaissances.

C'est un domaine qui me passionne et qui est toujours en changement. On suit l'évolution de la société. La structure familiale traditionnelle qu'on voyait il y a 30 ans n'est plus du tout la même aujourd'hui. Ça nous amène à toucher un peu à tout et d'être bon dans tout, ce qui n'est pas évident, d'où l'importance de travailler en équipe.

Maintenant que vous commencez 2020 en tant qu'associé, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour cette nouvelle année et décennie?

De continuer le développement amorcé dans les dix dernières années. Je suis heureux d'être où je suis rendu actuellement dans ma carrière. J'aimerais bien continuer à avoir des dossiers intéressants, travailler avec des collègues agréables. Je souhaite donc une continuité, tout en étant surpris par des nouveautés. Il y en a eu beaucoup dans les dix dernières années, et je crois qu'il y en aura encore!