Me Sabrina Vigneau-Courchesne est la directrice de ce nouveau projet. Photos : LinkedIn de Sabrina Vigneau-Courchesne et site Web de Juripop
Me Sabrina Vigneau-Courchesne est la directrice de ce nouveau projet. Photos : LinkedIn de Sabrina Vigneau-Courchesne et site Web de Juripop
Juripop a obtenu des sommes des paliers fédéral et provincial afin d’aider des victimes de harcèlement et de violences sexuelles dans leurs démarches juridiques, dans la foulée du projet L’Aparté, qui se concentrait sur le milieu de la culture.

« Nous sommes en train de recruter un réseau d’avocats-partenaires », informe Me Sabrina Vigneau-Courchesne, la directrice de ce nouveau projet qui verra le jour ce printemps. Une quinzaine de juristes sera nécessaire pour voir à la bonne conduite du projet.

Fondé sur l’expérience de L’Aparté, le nouveau programme offrira une rémunération de 100 $ de l’heure aux avocats qui s’y impliqueront, tout en offrant les services entièrement gratuitement à la population.

« En plus du harcèlement, le gouvernement a voulu élargir également aux violences sexuelles, que ce soit au travail, dans la rue ou à la maison », informe la responsable.

Les avocats participants seront soumis à une entrevue puis à une formation obligatoire de deux jours, en mars. « C’est pour faire le tour de tous les types de droit qui touchent les victimes à proprement dit. Souvent, les avocats sont spécialisés dans un domaine, alors ça permet de faire un tour d’horizon. »

Mais les avocats y apprendront aussi du nouveau. « On y parle aussi des notions d’intersectionnalité, le volet autochtone, l’approche trauma. Les avocats seront sensibilisés à une approche adéquate pour aider les victimes. »

Un succès inspirant

En un an et demi, le projet de L’Aparté a fait ses preuves, selon sa responsable, Me Nadia Samy. Soutenu financièrement par le ministère de la Culture, le projet a pu offrir une première assistance aux personnes qui font l'objet ou qui ont été témoin de harcèlement, ou qui ont vécu des violences ou agressions sexuelles au travail, dans le milieu culturel.

Me Samy constate depuis qu’il y a un grand manque de connaissance de la population sur ce qui constitue de l’harcèlement. « Il y a beaucoup de personnes qui ne connaissent pas du tout leurs droits. Il y a un manque de sensibilisation sur ce qu'est du harcèlement. Dès qu'on commence à décortiquer ce qu’est du harcèlement, on sent que ça aide énormément les gens. »

Des 83 dossiers ouverts par L’Aparté, 66 étaient représentés par des femmes et 17 par des hommes. Les gens consultent la moitié du temps concernant du harcèlement psychologique, mais également concernant le harcèlement sexuel, l’agression sexuelle, l’intimidation, l’inconduite ou encore l’extorsion.