Mathieu Rompré et Daniel Lépine. Photos : Site web de Blakes et courtoisie
Mathieu Rompré et Daniel Lépine. Photos : Site web de Blakes et courtoisie
Amy Salyzyn souhaite que les cabinets abandonnent leur participation aux classements des meilleurs bureaux et meilleurs avocats. Est-ce que ces classements sont vraiment pertinents pour l'image d'un cabinet? Éléments de réponse.

Mathieu Rompré, directeur principal, développement des affaires et relations publiques du cabinet Blakes estime que « les classements d’avocats, c’est comme les cabinets d’avocats ou d’ingénierie; il y en a de très bons, il y en a qui surfent sur une réputation acquise il y a longtemps, et il y en a qui ne valent pas le papier sur lequel ils sont imprimés. »

Daniel Lépine, président de Lépine Marketing, qui est consultant en stratégie et marketing et qui détient une vaste expérience enracinée dans l’industrie juridique, partage cet avis. Selon lui, tous les classements qui existent ne se valent pas. Certains sont plus crédibles que d'autres.

« Le répertoire Chambers par exemple. Tu ne peux pas y acheter ta place. Lexpert est très crédible aussi », assure-t-il.

D'ailleurs, il estime que « les plus grands cabinets se questionnent encore aujourd’hui sur la valeur de certains répertoires et en quoi cela est-il vraiment utile dans une stratégie marketing ».

M. Rompré abonde dans ce sens et explique que certains classements valent les efforts que le cabinet déploient pour soumettre des candidatures. Par conséquent, Blakes a donc choisi de ne pas répondre aux sollicitations de tous les classements.

Car le défi pour les cabinets, c'est de ne pas investir du temps dans les classements peu crédibles.

La professeure Amy Salyzyn mettait en avant que les cabinets dépensaient « des millions » pour figurer dans tous ces classements. Que nenni, assure M. Lépine. Les cabinets ne dépensent sûrement pas des millions, mais beaucoup de temps.

« Parfois, il faut remplir un dossier de 13 à 14 pages. Les avocats sont mis à contribution. Il faut aussi appeler les clients pour les prévenir qu'ils risquent d'être sollicités par ces organismes de classements », dit-il.

D'ailleurs, M. Lépine explique que plus le cabinet est gros, plus ces histoires de classements peuvent devenir un problème de politique interne. Certains avocats en viennent parfois à se demander pourquoi leur cabinet investit tant de temps dans un collègue.

L'expert assure que figurer dans tel ou tel classement reste un outil de communication qui peut s'avérer efficace. « À compétence égale, l'avocat qui aura une place dans un classement sera plus crédible que celui qui n'en n'a pas », croit-il.

Mais il faut surtout savoir ce qu'on fait de ces distinctions pour qu'elles deviennent vraiment utiles au cabinet, car selon M. Lépine, elles n'amènent pas de mandats, mais de la crédibilité, encore une fois.

M. Rompré, chez Blakes, avance aussi le fait que « les classements sont utiles pour les clients et cabinets dans des régions du monde où nos cabinets québécois et canadiens sont moins connus. C’est aussi utile pour certains chefs de contentieux qui cherchent une validation des ressources spécialisées dont ils peuvent avoir besoin à des moments précis dans la vie de leur entreprise ».