Mes Jean-François Hudon, Gina Doucet et Christian Dufour. Photos : LinkedIn
Mes Jean-François Hudon, Gina Doucet et Christian Dufour. Photos : LinkedIn
Cain Lamarre a connu des années 2019 et 2020 difficiles, et pas seulement en ce qui a trait à la pandémie. Une pluie d’avocats et d’associés ont quitté le bateau, surtout à Montréal, et certains après seulement quelques mois de services.

En février 2020, pas moins de cinq avocats en droit du travail quittaient Cain Lamarre d’un seul coup pour se joindre à Lavery. Deux avocats en droit de la construction et droit immobilier partaient vers GBV en mars après moins d’un an chez Cain Lamarre. Un autre avocat retournait en 2019 à son ancien employeur après à peine un an au sein de Cain Lamarre.

Encore ce mois-ci, on apprenait que les associés de Cain Lamarre Mes Stéphane Martin et René Gauthier passaient eux aussi à d’autres choses, et surtout à d’autres cabinets. Le dernier a déclaré à Droit-inc se lancer en solo pour « avoir moins de pression ».

L’associée directrice nationale de Cain Lamarre, Me Gina Doucet, estime au contraire que le cabinet n’a pas « perdu beaucoup de monde ». « Chez nous en fait, on n’a pas beaucoup de taux de roulement. Les gens restent avec nous. »

« Quand quelqu’un quitte, ça a l'air d'un événement extraordinaire, alors que les professionnels changent de cabinet de temps à autre. Ça arrive à tout le monde! » ajoute Me Doucet.

Un réalignement stratégique pour 2021

Quoiqu’il en soit, Cain Lamarre commence en 2021 avec un « réalignement stratégique ».

« 2021, ça va être l’année de la mise en œuvre de toute la réflexion et la planification stratégique qui a été faite en 2020 », souligne l’associée directrice nationale de Cain Lamarre, Me Gina Doucet.

Parmi les changements apportés dans le cadre de cette réflexion, il y a le nouvel associé directeur de Cain Lamarre à Montréal : Me Jean-François Hudon, spécialiste du droit immobilier et associé depuis 2014.

Il y a aussi le tout premier directeur général de l’histoire de Cain Lamarre, Christian Dufour, un gestionnaire d’expérience qui nous vient de Desjardins, où il était vice-président senior des assurances individuelles.

Au centre de leurs préoccupations : s’imposer davantage à Montréal, mais surtout, se recentrer sur l’humain.

« Avec l'arrivée de Christian et notre plan stratégique, l’une de nos grandes ambitions, nos grandes décisions, c’est l’humain », expose le nouvel associé directeur à Montréal Me Jean François Hudon.

« L’humain, c'est au cœur de nos valeurs. On veut mieux faire connaître cette valeur-là puis peut-être convaincre plus de gens que Cain Lamarre est une bonne terre d'accueil pour venir travailler, et puis qu’on a du travail d'envergure, agréable, dans un environnement agréable. Il y a beaucoup de place pour l'épanouissement », poursuit l’associé directeur.

Lui-même ne voit pas de fuite de professionnels de Cain Lamarre. L’associé directeur rappelle que contrairement aux autres cabinets du Québec qui ont des bureaux dans différentes villes, son cabinet n’en est qu’un seul et même. Personne n’y travaille en silo, et tous les bureaux collaborent ensemble au sein d’une même grande entité.

Que l’avocat soit à Montréal, Québec, Chicoutimi, peu importe : « on attribue la meilleure personne pour faire la job » pour un client donné. Si certains de ces clients étaient frileux à l’idée de donner leurs dossiers à des avocats situés à des centaines de kilomètres d’eux, la pandémie et l’essor des technologies de communication qu’elle a causé ont changé la donne.

Cain Lamarre a donc une vue d’ensemble de tous ses avocats partout dans la province.

« Le droit du travail, c'est le plus grand groupe de Cain Lamarre, illustre Me Hudon. À quelque part, si je perds cinq avocats à Montréal, j'en ai 10 ailleurs! »

Montréal

Parlons-en de Montréal.

Dans sa stratégie d’affaires, Cain Lamarre souhaite développer de nouvelles relations et de nouveaux créneaux dans la métropole. Après tout, c’est là que se passe le plus gros de l’activité économique du Québec. Ça fait de Montréal un bon catalyseur pour l’ensemble des activités du Cabinet.

Cain Lamarre y est déjà très présent en droit autochtone, en droit municipal, en droit du transport et en droit de l’environnement, comme partout au Québec, d’ailleurs. Mais la pandémie a accentué une dynamique en droit des affaires dont le cabinet souhaite bien profiter en 2021.

« Il y a fort à parier que plusieurs clients vont devoir réorienter leur production de produits de base, leur mode d'approvisionnement, et développer l’acheminement des produits pour les communautés autochtones et les régions éloignées », explique Me Doucet.

C’est là où tous les bureaux de Cain Lamarre au Québec viennent en jeu : le cabinet, on le rappelle, n’est qu’un seul cabinet à grandeur de la province.

« L’une des choses qu'on veut faire à Montréal, c'est encore plus convaincre les clients qu'il n’y a pas de différence pour eux, au contraire », expose Me Jean-François Hudon.

« Si ton projet est au Saguenay et que tu es un promoteur de Montréal, tu as tout intérêt à faire en sorte qu'on ait du monde sur place!, illustre l’associé directeur. Les avocats du Saguenay ont les contacts d'affaires, ils connaissent les gens et la communauté d'affaires, ils ont les bonnes informations. »

Ensuite, la stratégie est simple : cultiver la proximité avec le client pour être à l'écoute.

Comme au football

Qui est-il, d’ailleurs, le nouvel associé-directeur à Montréal?

Barreau 2004, Me Jean-François Hudon a commencé sa pratique chez Gascon, où il est devenu associé avant de passer chez Cain Lamarre en 2014. Il se spécialise en immobilier et dans l'industrie du cannabis.

L’ancien de l’Université de Montréal a joué au football de 6 ans à 21 ans, jusqu’à l’université. C’est son sport.

« Pour moi, le football c'est le plus grand sport d’équipe parce que c'est très stratégique, explique avec enthousiasme l’associé directeur. Ça ne peut pas être comme au hockey, tu ne peux pas avoir quelqu'un qui prend la puck en arrière du but pis qui l'amène à l'autre but. Ça prend absolument la contribution de plusieurs personnes pour réussir à créer un jeu. »

Le parallèle avec un cabinet d’avocats est facile à faire, et Me Hudon ne se gêne pas pour associer la Coupe Stanley aux objectifs de l’équipe de Cain Lamarre.

Comment ça, la Coupe Stanley? On ne parlait pas de football? « Ça rejoint plus mes associés, la Coupe Stanley! » rigole Me Hudon.

« C’est vraiment de trouver ensemble un objectif qui nous fait vibrer, qui est très motivant et dans lequel tout le monde va vouloir mettre ses énergies, spécifie l’associée directrice nationale Me Gina Doucet. Jean-François, c’est ce qu’il incarne, et puis c’est ce qu’on avait le goût d'avoir comme leader à Montréal. »

Un tout premier directeur général

Pour épauler Me Hudon, le nouveau (et premier) directeur général de Cain Lamarre Christian Dufour embarque dans l’aventure.

Pourquoi un directeur général était-il nécessaire à Cain Lamarre? L’associée directrice nationale Me Gina Doucet explique.

« Il faut qu’il y ait quelqu’un pour opérationnaliser une réflexion stratégique, parce qu’on met beaucoup d’efforts là-dedans. On ne veut surtout pas que ça reste sur une tablette, que ça reste un beau rêve », expose Me Doucet.

« D’avoir une personne qui vient du monde de la gestion, dont c’est le métier, ça permet d'aborder ce genre de questions de façon beaucoup plus structurée et de gérer le changement, poursuit l’associée directrice nationale. Parce que quand on parle d'innovation, on parle de gestion de changement, et dans un bureau d'avocats, on parle d’humains. On n’est pas en train d'ajuster une machine! On est en train de dire aux humains d’envisager certaines choses de façon différente. »

Christian Dufour n’est pas avocat, mais la gestion stratégique, ça, il connaît. L’actuaire de formation a d’ailleurs passé plus de 27 ans à La Capitale, où il a occupé d’importants postes de gestionnaire : vice-président exécutif, pour ne nommer que celui-là.

« Ma passion, c'est le côté humain, de comment aider les équipes à s'orchestrer, un peu comme les équipes de football dont Jean-François parlait. Ce qui m'a attiré chez Cain Lamarre d'ailleurs, c'est le défi, mais c'est aussi tout le côté humain, l’organisation... j’ai eu un coup de foudre très, très rapidement avec les gens. C’est un match parfait! » s'enthousiasme M. Dufour.

Selon Me Gina Doucet, Cain Lamarre n’aurait pas pu mieux tomber que sur Christian Dufour pour combler le nouveau poste de directeur général du cabinet à Montréal.

« On a eu un coup de foudre! », lance elle aussi l’associée directrice générale.

Ensemble, la nouvelle équipe de gestionnaires de Cain Lamarre à Montréal devra s’atteler à une lourde tâche : retrouver son côté humain, bien entendu, mais aussi aller chercher dans la métropole la place qui lui revient auprès du milieu des affaires.

Fort de son plan stratégique, il semble que Cain Lamarre soit prêt pour 2021.