ME Brigitte Chan. Photos : Site web de Bereskin & Parr
ME Brigitte Chan. Photos : Site web de Bereskin & Parr
Me Brigitte Chan est la toute nouvelle cheffe du bureau de Bereskin & Parr à Montréal. Ça fait maintenant 21 ans qu’elle travaille au sein du cabinet, d’abord à Toronto, puis à Montréal à l’ouverture du bureau en 2005.

En fait, le Barreau 1998 a passé toute sa carrière au sein de Bereskin & Parr! Qui d’autre serait mieux placé pour diriger le bureau de Montréal que la Montréalaise d’origine?

Vous étiez co-cheffe l’année dernière, c’est bien ça?

Oui, l’année dernière était une période de transition. Cette année, je suis l’unique cheffe.

Comment avez-vous réagi à la nouvelle de votre nomination?

C’est une bonne nouvelle! C’est la décision de tous les associés, après que le comité exécutif du cabinet m’ait nommée.

J’étais très fière, en fait! C’est quand même une position de leadership qui comporte beaucoup de responsabilités, alors j'étais fière, mais surtout prête. Ça fait 21 ans que je suis membre du cabinet, et 15 ans déjà à Montréal. J’ai été impliquée dès le début à bâtir le bureau et la pratique à Montréal. J’ai travaillé fort et j’ai réussi à gagner la confiance de mes collègues.

J’ai été nommée basée sur mes compétences, mes capacités. J’ai travaillé fort et j’assumais déjà des responsabilités avant ma nomination. Donc j’étais fière d’être nommée, mais surtout prête pour le défi et prête à assumer mes responsabilités en tant que chef.

En plus, en tant que femme et en tant qu’Asiatique, je suis une minorité visible, ce qui est assez rare dans les postes de direction à Montréal.

Effectivement, il y a de quoi être fière!

On voit de plus en plus d'avocates provenant d'autres cultures, mais lorsque j'ai commencé ma carrière, il y en avait très peu.

Mais pas chez Bereskin & Parr! Au cabinet, on a reçu le prix Chambers du Meilleur cabinet pour la promotion de la diversité et de l'inclusion au Canada l’année dernière. Un très grand accomplissement pour le cabinet.

C’est un prix très rarement donné; ce n’est pas facile à obtenir ,ce prix-là! Notre cabinet a toujours eu à cœur de promouvoir la diversité… et je fais partie du cabinet depuis longtemps déjà! Je trouve que ça reflète quand même comment on change dans le monde des affaires.

Qu’auriez-vous à dire aux jeunes filles faisant partie de minorités visibles qui s'enlignent vers le droit?

Je leur dirais de ne pas se laisser décourager, parce qu’il y a une place pour elles! La clé est d’exceller dans ce que l’on fait. Ce n’est pas une question d’être un homme ou une femme ou une minorité. Excellez dans ce que vous faites, faites-le avec fierté, et la récompense devrait venir.

Avez-vous vous-même dû travailler plus fort pour obtenir la carrière que vous avez?

C’est une bonne question! Je dois dire que dans certaines circonstances, oui, j’ai dû démontrer mes compétences un peu plus ou m’exprimer davantage pour être vue selon mes capacités.

À la base, il faut parfois prendre sa place et ne pas hésiter à cause de son sexe ou de sa nationalité. Il faut avoir du courage et confiance en soi.

Avant d’être au bureau de Bereskin & Parr à Montréal, vous étiez à Toronto?

En fait, je viens de Montréal! Je suis née à l'Île Maurice et j’ai émigré à Montréal à l'âge de six ans. J’ai fait mes études en droit à l'Université d'Ottawa, où j’ai obtenu des diplômes en droit civil et en common law.

Après ça, je me suis jointe à Bereskin & Parr à Toronto jusqu'à l’ouverture du bureau de Montréal en 2005. Je suis restée avec eux depuis.

Pour moi, c'était vraiment le cabinet où je voulais bâtir ma carrière en droit de la propriété intellectuelle. On a une belle équipe ici, dans tous les domaines de pratique, et notre réputation en droit de la propriété intellectuelle grandit. Je crois qu'on est très solide maintenant à Montréal.

Un gros défi vous attend, en tant que chef du bureau en pleine pandémie!

C’est intéressant de commencer ce rôle en pleine COVID-19, et c'était un défi même l'année dernière étant cochef. On a pu faire du télétravail, et on avait déjà un système où tous les dossiers sont électroniques. La transition a été très bonne.

Je pense que le défi sera maintenant de continuer de s’améliorer, travailler de façon efficace et s’adapter aux changements dans le monde, et aussi de trouver le bon équilibre entre travailler à distance et demeurer motivé. Jusqu’à maintenant, je crois qu’on s’en tire très bien.

Concernant le cabinet, on va continuer de bâtir notre réputation à Montréal, de rendre un service exceptionnel à nos clients, et continuer d’être les experts dans notre domaine : intelligence artificielle, sciences, chimie, marque de commerce et propriété intellectuelle.

Des domaines qui sont d’ailleurs en pleine ébullition à Montréal! Comment va le milieu, d’ailleurs? On semble perdre quelques fleurons québécois au profit de compagnies internationales, je pense notamment à Element AI...

Il y a encore beaucoup de startups à Montréal, qu’elles soient rachetées ou non. Chez Bereskin & Parr, nous représentons un vaste éventail de clients internationaux tout comme de startups.

L’intelligence artificielle a encore besoin de protection de la propriété intellectuelle au Canada. Nous faisons en fait beaucoup de travail pour les startups qui se font acquérir. Les besoins des entreprises sont différents selon qu’elles sont des startups ou qu’elles sont bien établies. Nous sommes contents de travailler avec eux à bâtir leur succès, et nous nous assurons d’avoir la bonne personne pour les aider en intelligence artificielle et en technologie.

Qu’attendez-vous des prochaines années pour Bereskin & Parr?

C’est difficile à dire, mais je pense que nous sommes prêts pour les prochaines années. Nous avons un portfolio bien équilibré et notre groupe de pratique en brevets est très occupé avec les nouvelles technologies et les nouvelles inventions.

Certains disent que l’intelligence artificielle va remplacer les avocats, mais je ne pense pas que ça pourrait arriver, sinon dans un futur très, très lointain. Je crois que le droit a encore besoin de l’analyse humaine.

Comment pensez-vous que la COVID-19 va influencer votre cabinet à long terme?

C’est trop tôt pour le dire, mais avec toutes les industries dans notre portfolio, je pense que ça va s’équilibrer de soi-même. Je vois du potentiel de croissance dans des secteurs particuliers, dont le secteur pharmaceutique.

Certaines industries sont frappées plus durement par la COVID-19, mais heureusement, on est bien préparés. On peut soutenir les fluctuations du marché.

Je crois que c’est une question d’adaptation. Je ne suis pas très inquiète pour les cabinets d’avocats.

Cela dit, c’est dommage que la pandémie fasse disparaître beaucoup de petites entreprises. Ce n’est pas facile pour les plus petits détaillants, pour l’industrie de la restauration, et pour les services. Mais encore une fois, c’est une question d’adaptation à notre nouvelle façon de vivre, et souvent du côté des services de livraison. Par contre, les affaires vont très bien en aménagement de la maison et en loisirs extérieurs.

Mais qui sait comment ce sera dans quelques années?