Jacques Delisle. Photo : Radio-Canada
Jacques Delisle. Photo : Radio-Canada
LLe juge François Huot accède à la demande de Jacques Delisle qui recouvre sa liberté sous caution en attendant son nouveau procès.

L'homme de 85 ans pourra donc quitter dans les prochaines heures le pénitencier fédéral de La Macaza, dans les Laurentides, pour retrouver ses proches, à Québec.

Sa fille Élène, qui a refusé d’accorder une entrevue aujourd’hui, était très émotive en apprenant la nouvelle. « J’étais très émue quand j’ai entendu le juge prononcer la libération immédiate, même si je me doutais que c’était ce qui allait arriver ».

L'ex-juge Jacques Delisle a assisté à l’audience par visioconférence, vendredi matin, concernant sa requête.

Pour permettre sa remise en liberté, la Couronne a demandé à ce que Delisle respecte plusieurs conditions acceptées par le juge.

Conditions à la remise en liberté:
  • Résider à son domicile du chemin Saint-Louis
  • Interdiction de communiquer avec certaines personnes
  • Interdiction de posséder une arme à feu
  • Interdiction de tenter d’obtenir un passeport
  • Interdiction de quitter le Canada

Reconnu coupable du meurtre prémédité de sa femme en 2012, M. Delisle purgeait jusqu’ici une peine de prison à vie.

« L'évidence même »

Selon un des avocats représentant l'accusé, Me Jacques Larochelle, il était incontestable que son client soit libéré.

« À 75 ans lorsqu'il a comparu, il a été jugé digne d'être remis en liberté. Comment aurait-on pu logiquement le maintenir en détention après 9 ans d'emprisonnement, alors qu'il est plus âgé donc moins dangereux et moins susceptible de commettre d'autres infractions? »

Les avocats James Lockyer et Jacques Larochelle représentent l'ex-juge dans le dossier. Photo : Radio-Canada
Les avocats James Lockyer et Jacques Larochelle représentent l'ex-juge dans le dossier. Photo : Radio-Canada
Son autre avocat au dossier, Me James Lockyer, insiste sur le fait que la libération de Delisle n'a aucun lien avec son passé de juge.

« Cela n'a absolument rien à voir avec qui était et est M. Delisle. Les victimes d’erreur judiciaire viennent sous toutes les formes et toutes les tailles. » Une citation de : Me James Lockyer, avocat de Jacques Delisle.

Les deux avocats en point de presse devant le palais de justice de Québec.
Les avocats James Lockyer et Jacques Larochelle représentent l'ex-juge dans le dossier.


Un nouveau procès ou pas?

Mercredi, le ministre fédéral de la Justice a ordonné la tenue d’un nouveau procès dans le dossier de cet ex-juge, premier magistrat au pays à avoir été condamné pour meurtre.

Selon le fédéral, M. Delisle aurait probablement été victime d’une erreur judiciaire, d’où la nécessité de tenir un nouveau procès.

Les avocats qui défendent Jacques Delisle croient toutefois que ce procès pourrait ne pas avoir lieu.

« Seul Dieu peut dire s'il y aura un nouveau procès. Je l'ignore totalement. Évidemment, je ne le souhaite pas, monsieur Delisle ne le souhaite pas. Nous allons tâcher de trouver une solution avec le DPCP. » Une citation de : Me Jacques Larochelle, avocat de Jacques Delisle.

Me Larochelle n'exclut toutefois pas que des accusations réduites puissent être déposées contre lui, notamment puisqu'il a lui-même admis en 2015 avoir aidé sa femme à s'enlever la vie.

Le dossier a été reporté au 7 septembre prochain.

La porte-parole du DPCP Me Audrey Roy-Cloutier. Photo : Radio-Canada
La porte-parole du DPCP Me Audrey Roy-Cloutier. Photo : Radio-Canada
Déclaration du DPCP

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), par le biais de sa porte-parole Me Audrey Roy-Cloutier, a partagé une déclaration à la suite de l'annonce de sa libération.

Le DPCP rappelle que cette situation ne signifie pas que M. Delisle a été innocenté. « Cette décision fait en sorte que l'affaire est renvoyée devant des tribunaux afin d'être jugée en fonction des règles de droit et de la preuve qui sera présentée lors de ce nouveau procès. »