Me Jason Moscovici, l’auteur de cet article. Photo : Site web de ROBIC
Me Jason Moscovici, l’auteur de cet article. Photo : Site web de ROBIC
Alors que nous amorçons l’année 2021 de la même manière que s’est terminée 2020, il me paraît utile de revenir sur la genèse de l'industrie afin de faire une prédiction.

Au Canada, l'industrie du cannabis est née dans l'incertitude: du litige ayant servi à sa fondation, à la façon fragmentée dont sa réglementation a évolué. À cela, il faut ajouter les couches de complexité engendrées par la mise en place de la vente au détail au niveau provincial.

Néanmoins, les professionnels du cannabis, du moins ceux que j'ai eu le plaisir de conseiller au fil des ans, semblent avoir une chose en commun : un instinct d'adaptation et d'innovation.

L’agriculture en environnement contrôlé, les traitements de la fleur séchée, les micro-émulsions, l’extraction, les cannabinoïdes synthétiques...les professionnels du cannabis ont travaillé sans relâche pour approfondir notre compréhension de la plante, et ses nombreuses utilisations, dans les limites du cadre législatif applicable.

L’une des choses sur lesquelles l'industrie excelle, c'est de travailler avec des restrictions. Ceci est particulièrement vrai pour nos professionnels au Québec. À cet égard, les enjeux amenés par la COVID ont été soudains, mais ils n'ont fait qu'ajouter aux défis déjà existants : le manque de soutien financier, le manque d'accès à la recherche scientifique, le manque de couverture d'assurance, le manque d'infrastructure publique, le manque de directives en matière de publicité, et ainsi de suite...

Dans cette optique, et avec ma boule de cristal en main, j'ai une prédiction qui me vient à l’esprit : l'Industrie continuera à faire ce qu'elle a toujours fait. Elle va continuer à s’organiser pour avoir accès aux mêmes conditions permettant à d'autres industries de prospérer. Elle va investir dans la recherche, dans l'innovation et dans l'accès à l'information publique.

Il ne faut pas oublier que l'Industrie contribue à l'économie d’une façon multidisciplinaire. Pensez aux applications du cannabis dans des domaines tels que les cosmétiques, les aliments, les produits pharmaceutiques, les matériaux, le développement durable, l'assainissement, etc.

À ce propos, je suis d'avis que l'avenir du cannabis est également celui d'une nouvelle stigmatisation et elle doit s'éloigner de la façon dont elle est actuellement perçue dans les médias. C'est en nous concentrant sur les nombreuses réussites, qu'il s'agisse de victoires commerciales, applications thérapeutiques ou de percées dans le domaine de la recherche, que nous pouvons enfin voir le virage narratif de la dernière année.

En termes « commerciaux », ceci implique la mise en place d'une infrastructure de propriété intellectuelle garantissant la capitalisation de tous les efforts déployés en matière d'image de marque et d'innovation. Tous les secteurs florissants l'ont bien compris et, en conclusion, avec l'émergence du marché mondial, il n'a jamais été aussi important pour l'industrie de contribuer à la culture de l'innovation dont elle est issue.

À propos de l'auteur

Jason Moscovici est avocat-associé chez ROBIC. Il se spécialise en propriété intellectuelle et chapeaute le groupe cannabis du cabinet.

Ce texte est d’abord paru dans le Guide des professionnels du Cannabis au Québec.