Photo : Shutterstock
Photo : Shutterstock
Les mesures sanitaires prises face à la Covid-19 ont précipité les cabinets vers le travail à distance. Il a fallu résoudre des enjeux en seulement quelques jours, alors qu’ils auraient probablement été planifiés sur plusieurs mois, voire plusieurs années, si la pandémie n’était pas survenue.

Des technologies et des usages ont été déployés à un rythme jamais vu, en résolvant des problèmes aussi concrets que la vitesse de connexion à Internet, et aussi essentiels que la cybersécurité.

Toutes ces adaptations faites en urgence ne seront pas reléguées aux oubliettes après la pandémie. Quand les avocats et les employés seront de retour, certains usages ne reviendront pas, pointe Law.com.

C’est d’abord le temps passé au bureau qui sera réduit. Le personnel continuera de bénéficier d’un horaire de télétravail plus souple. L’aspiration des associés et des employés pour le télétravail coincidera avec l’intérêt économique des cabinets Ceux-ci réduiront leur budget immobilier en diminuant leurs pieds carrés de bureaux. Aux États-Unis, la firme Womble Bond Dickinson prévoit réduire de moitié l'espace de ses bureaux.

Place au virtuel

La nature même du travail des avocats restera marquée par la pandémie. Les transactions virtuelles resteront, car les avocats et les clients ont appris à apprécier d’éviter les déplacements. Et les cabinets se sont découvert un appétit pour des technologies capables de supporter le travail à distance.

L’épuisement professionnel risque par contre de perdurer. Le télétravail a effacé les frontières entre le travail et la vie personnelle. Les heures d’ouverture se sont élargies. Depuis un an, les avocats facturent davantage de temps en soirée et en fin de semaine.

Mais cet épuisement a un prix: des avocats quitteront s’ils dépassent le point d’épuisement.

Cette crise lèguera, dans certains cabinets, de nouvelles politiques d’emploi, avec la détermination de limites au temps de travail, ainsi que des incitatifs pour produire du travail de qualité. Ces règles pousseront à l’embauche de sociétaires supplémentaires afin de disposer de davantage de ressources pour satisfaire la demande.

Le basculement vers le travail à distance a aussi un double impact sur l’intégration des talents: il crée une difficulté nouvelle de former les jeunes avocats dans un monde de relations de travail à distance. Il crée aussi une opportunité d’adapter le développement des talents à ce nouvel environnement.

Cette opportunité s’inscrira dans un défi plus large, celui de développer une culture d’entreprise qui permette d’intégrer les avocats à distance, des débutants aux associés. Au final, la différence pourrait bien se faire dans la capacité des cabinets à adapter leur culture d’entreprise à ce nouveau contexte.