Plusieurs étudiants ont été surpris en apprenant que la distribution des points a été changée à l’examen de déontologie. Photos : Facebook, site web de l’École du Barreau et Shutterstock
Plusieurs étudiants ont été surpris en apprenant que la distribution des points a été changée à l’examen de déontologie. Photos : Facebook, site web de l’École du Barreau et Shutterstock
Plusieurs étudiants de la cohorte 2020-2021 ont été surpris en apprenant que la distribution des points a été changée à l’examen de déontologie, en plein milieu de la session.

L’examen a eu lieu le 4 mars dernier et à la remise des notes le 9 avril, les étudiants se sont rendus compte du changement de pointage. Cette situation survient à peine quelques semaines avant les examens finaux et cela crée de la consternation chez les étudiants.

Les étudiants jugent la situation injuste et inéquitable par rapport aux autres étudiants de la session d’automne 2020, qui ont été évalués par le même barème utilisé lors des sessions précédentes.

Depuis plusieurs années, l’examen de déontologie vaut 20% de la note finale des examens du Barreau. L’examen en soi est un énoncé factuel dans lequel un avocat fictif commet plusieurs violations déontologiques. Notés sur un total de 20 points, les étudiants doivent ainsi les repérer dans l’énoncé et les associer à des articles de lois précis.

Avant, il fallait trouver plus de 10 erreurs de l’avocat dans l’énoncé pour obtenir la totalité des points soit 18 points. Deux points de bonus sont accordés uniquement si l’étudiant n’a pas écrit de mauvaises réponses.

Aujourd’hui, il y a un écart de 4 points qui s’est creusé comparativement aux autres examens des années précédentes. Par exemple, pour avoir un minimum de 14 points, il faut avoir trouver 10 bonnes réponses. Donc au final, il faut avoir trouvé plus de 12 transgressions déontologiques de l’avocat pour avoir les 18 points.

Pourquoi?

Les étudiants se sont donc tournés vers leurs associations représentatives pour comprendre la ou les raisons de ce changement soudain.

Lors d’une rencontre hebdomadaire avec l’École du Barreau, l’Association des étudiants de l’École du Barreau du Québec à Montréal a ouvert la discussion sur le sujet. Dans un message publié par les représentants, la réponse de la direction a été unanime. On leur a expliqué que la comparaison d’un barème d’évaluation d’une session à une autre n’est pas valable et que les barèmes sont établis après la réalisation de l’examen, une fois que les corrections ont été apportées.

L’École a tenu aussi à leur rappeler les conditions à remplir pour créer un barème d’évaluation adéquat :
  • le degré de difficulté par question (en tenant compte, par exemple, du temps passé en classe pour discuter de l’objet de la question)
  • le taux de réussite par question
  • les réponses données par les étudiant.e.s (qui pourraient donner lieu, par exemple, à l’ajout de solutions non prévues).

Les associations étudiantes ont donc fait le compte-rendu de leur rencontre sur le groupe facebook. Il faut savoir que lors de ces réunions hebdomadaires, l’École se veut être un intermédiaire entre les étudiants et le comité de la formation professionnelle (CFP).

Rappelons que le CFP est un comité d’experts indépendants qui approuve les examens et met en place les barèmes. Il siège régulièrement pour étudier les différentes questions pédagogiques ou questions relatives aux évaluations et demandes des étudiants.

Pas de changement, selon le Barreau

Les représentants des associations dans un message publié sur le groupe Facebook soulignent clairement que le CFP n’est pas un organisme qui a pour mission de discuter en va-et-vient avec les étudiants. « Le comité a accepté jusqu'à présent de répondre à nos lettres. Toutefois, cette voie de communication, privilège exceptionnel de cette année, pourrait nous être fermée si nous multiplions trop nos réclamations, surtout si elles ont peu de chances de succès » révèlent les représentants des associations étudiantes sur leur publication Facebook.

Le Barreau du Québec soutient qu’il n’y a eu aucun changement au barème de l’évaluation et la pondération d’une évaluation est fixée en fonction de l’évaluation elle-même et qu’il est possible qu’elle diffère à chaque session. Le Barreau nous a aussi précisé que l’élaboration des évaluations de l’École et de leur pondération suit un processus rigoureux et établi, lequel applique les normes reconnues en matière de mesures et d’évaluation.

Selon certains étudiants, il y a un manque de communication entre les différentes hiérarchies et surtout un manque de transparence sur les informations données. Selon eux, le message rapporté par leurs représentants n’a pas été clair et la réponse donnée par l’École est très négative.

Présentement, les associations étudiantes ont annoncé l’arrêt des discussions avec l’École et le CFP sur le changement du barème de l’examen de déontologie.

À moins d’un mois avant les examens finaux, l'inquiétude des étudiants perdurent sur les prochains barèmes mis en place par le comité.