Me Marie-Christine Kirouak, la juge à retraite Pepita Capriolo et Patricia Gamliel. Sources : LinkedIn et sites web de de l'Église catholique à Montréal et de Dunton Rainville
Me Marie-Christine Kirouak, la juge à retraite Pepita Capriolo et Patricia Gamliel. Sources : LinkedIn et sites web de de l'Église catholique à Montréal et de Dunton Rainville
Me Marie-Christine Kirouak et la juge à retraite Pepita Capriolo ont lancé un appel à tous pour parrainer des avocates et juges bloquées en Afghanistan.

« Les femmes juges et avocates sont en train de brûler leurs diplômes et leurs codes civils. Elles effacent leur passé pour ne pas être tuées. Je ne peux pas rester assise là. Ça me regarde ! C’est une question d’humanité », a déclaré Me Kirouak au Devoir.

Après avoir vu un reportage sur le parrainage d’un ange gardien de la communauté afghane en Estrie et s’être renseignée, elle a contacté Mme Capriolo, son amie et juge à la retraite de la Cour supérieure du Québec, pour établir un plan d’action d’un possible parrainage.

Elles ont envoyé une lettre à Nadine Girault, ministre de l’Immigration du Québec et à Marco Mendicino, ministre de l’Immigration du Canada. Dans la lettre, elles ont mentionné leur souhait de parrainer une femme juge et une femme avocate afghane.

Elles demandent également aux ministres d’ouvrir une voie accélérée en matière d’immigration pour faire venir ces femmes qui sont en danger en Afghanistan.

Elles pourraient accueillir ces femmes à leurs frais dans le cadre du programme de parrainage privé de réfugiés. Ce programme permet à des groupes privés de parrainer des réfugiés admissibles qui se trouvent à l’étranger et de les soutenir pendant un an.

Toutefois, ce programme est présentement fermé et les places sont limitées. Malgré cela, l’avocate en droit de la famille pense qu’il y a une possibilité d’alléger les démarches administratives en faisant de la pression aux gouvernements.

Une situation suivie de près

Le Forum des Femmes Juristes de l’Association du Barreau canadien, division du Québec, est également préoccupé par la situation des juristes afghanes qui essaient de sortir du pays.

« (...) Actuellement, la nature très évolutive et imprévisible de la situation ainsi que le nombre important de parties impliquées rendent difficile la coordination de toute action concrète ciblée de la part du Forum. Étant donné que le Canada a officiellement mis fin à ses opérations d’évacuation, cela complique encore davantage une situation qui était déjà précaire depuis la fermeture du corridor de sécurité permettant de se rendre à l'aéroport de Kaboul.

Dès que nous obtiendrons des informations plus précises permettant d’identifier des femmes juristes afghanes en difficulté qui essaient de sortir de leur pays, nous mobiliserons toutes nos ressources pour leur venir en aide, ainsi qu’à leurs familles, en collaboration avec les autorités compétentes et les organismes également interpellés par la situation (...) », a déclaré Me Patricia Gamliel, présidente du Forum des femmes Juristes de l’Association du Barreau canadien - division du Québec, dans le communiqué diffusé le 27 août dernier.

L’association suit de près le développement de la situation notamment après le dernier départ des forces occidentales.