Jean-Michel Boudreau et Julien Lussier sont les nouveaux associés directeurs d’IMK. Source : Site web d’IMK
Jean-Michel Boudreau et Julien Lussier sont les nouveaux associés directeurs d’IMK. Source : Site web d’IMK
Jean-Michel Boudreau et Julien Lussier sont les nouveaux associés directeurs d’IMK, un cabinet boutique spécialisé en litige.

Mes Boudreau et Lussier se sont joints au cabinet il y a plus de 10 ans et ont accumulé de l’expérience en litige civil et commercial, dans un large éventail de domaines.

Finissants de McGill, ils se disent aujourd’hui « prêts » à prendre la gouvernance du cabinet « pour faire face aux nouveaux défis d’un monde qui se transforme rapidement. »

La pratique de Jean-Michel est axée sur les litiges commerciaux, les actions collectives, la responsabilité du manufacturier et le droit des assurances, tandis que la pratique de Julien touche à une variété de domaines du litige civil et commercial. Au fil des ans, il a travaillé plus particulièrement dans les domaines du litige immobilier, des recours entre actionnaires ainsi que dans des litiges en droit de l’environnement et de la construction. Julien agit également occasionnellement en droit disciplinaire.

Les deux compatriotes se confient à Droit-inc sur les défis qui les attendent.

Vous êtes les nouveaux associés directeurs d’IMK. Comment avez-vous réagi en apprenant la nouvelle ?

Julien : Pour ma part, ça m'a fait très plaisir. C’est un beau témoignage de confiance de la part des associés… même s’il y a eu un petit moment de panique (rires) face aux responsabilités qui incombent à un associé directeur.

Parlons-en. Quelles sont ces nouvelles responsabilités ? Comment changent-elles votre quotidien professionnel ?

Jean-Michel : Il ne s’agit pas d’un partage au sens strict. Julien s’occupe davantage du volet “ressources humaines”, alors que je vais m’occuper davantage du volet “affaires, chiffres et résultats du bureau”.

Nous divisons le travail, mais, en même temps, nous nous consultons régulièrement et prenons pratiquement toutes les décisions à deux. Dans certains cas, ils peuvent être question de détails, comme l’ajout de micro dans nos salles de conférence pour plaider du bureau, tandis que nous discutons, d’en d’autres cas, nous élaborons des plans à plus long terme de développement des affaires. Ça va du "micro" au “macro”.

Est-ce qu’il s’agit d’une pratique courante ? Ce n’est pas quelque chose qui est fréquent, non ?

Julien : Historiquement, chez IMK, il y a eu deux associés-directeurs depuis l’époque où Jean-Michel et moi nous sommes joints au cabinet (...) Je ne crois pas que cela soit aussi inusité qu’il y paraît.

N’oublions pas que cette responsabilité s’ajoute à nos responsabilités d'avocat. En étant deux, cela réduit considérablement notre charge… seul, je peux facilement concevoir qu’il s’agit du travail solitaire.

Et n’oublions pas qu’il y a parfois des décisions difficiles à prendre : peser le pour et le contre avec quelqu’un, pour Jean-Michel et moi, c’est un énorme avantage. Nous sommes très proches, de deux très bons amis, et nous voyons souvent les choses différemment. D’en discuter nous permet de tester nos idées.

Un plan de match pour le cabinet ? Comment voyez-vous la suite des choses ?

Julien : Avec la pandémie, qui a servi un peu de catalyseur d’une révolution dans les bureaux avec le télétravail, nous regardons l’avenir différemment qu’il y a deux ans.

La formule hybride en cabinet - nous le lisons partout aux nouvelles - deviendra sans doute une norme. Et cela va plus loin que de simplement “travailler à distance”, car une telle situation génère des défis au niveau de la cohésion interne du bureau, l’esprit d’équipe, la collaboration.

Après un an, isolé chacun chez soi, je crois que les gens réalisent qu’il faut plus que des séances de visioconférence pour maintenir un esprit d’équipe. C’est l’un des défis auquel nous réfléchissons beaucoup et pour lequel nous voulons élaborer un plan de match.

Jean-Michel : nous n'avons pas eu à imaginer sur quel problème ou quel aspect nous allons nous pencher. Le travail est là, et les circonstances font en sorte qu’il y a beaucoup de choses à traiter. C’est très intéressant, car nous arrivons à un moment où le monde du travail du secteur tertiaire est en complète mutation - ce qui nous offre de nouvelles possibilités.

Un objectif pour le cabinet pour l’année en cours, comme le développement d’un secteur de votre cabinet ?

Julien : pas spécifiquement, car notre cabinet a une croissance organique. Je crois, pour ma part, que le véritable défi est justement la métamorphose du secteur tertiaire, qui en est à ses débuts. C’est une transformation dont les manifestations ne sont pas encore terminées, et qui a plusieurs répercussions (occupation de l’espace dans les bureaux, délocalisation, procès à distance, etc.). Nous aurions tort de croire que tout cela se réglera cet automne avec le retour au travail. Il y a un changement de société beaucoup plus profond qui se déroule en ce moment. Pour le moment, c’est surtout ce qui occupe notre attention, et moins le développement de secteurs spécifiques du bureau.

Jean-Michel : je suis d’accord avec Julien, c’est vraiment le défi immédiat, soit de sortir de la pandémie de façon très forte, tout en s’assurant que le cabinet soit stable.

Comme le dit Julien, cela nous offre de nouvelles possibilités, car nous faisons beaucoup de choses à distance. Une fois ce volet stabilisé, c’est sûr que nous continuons de développer nos liens avec l’Ontario et le reste du cabinet. Nous traitons en ce moment des dossiers judiciarisés en Ontario et en Colombie-Britannique, même si nous sommes situés à Montréal. Cette transformation du monde et l’accent sur des technologies virtuelles nous permettent de gérer plus facilement ce type de dossiers. Notre croissance à l’extérieur du Québec devrait se poursuivre, même si nous continuons de renforcer nos liens avec d’autres cabinets montréalais.

Où voyez-vous le cabinet dans cinq ans ?

Julien : en ce moment, les choses vont bien. Nous avons une recette qui fonctionne. Je ne suis pas sûr, en termes qualitatifs, que nous voudrions être bien loin de là où nous sommes présentement. Nous voulons être encore meilleurs dans ce que nous faisons, offrir un milieu de travail encore plus attirant pour notre personnel et, dans un monde idéal, obtenir une reconnaissance qui dépasse les frontières du Québec. Nous l’avons déjà, mais nous pourrions l’approfondir encore plus.

Jean-Michel : nous sommes une boutique de litige, et nous sommes toujours restés fidèles à cette vocation première. Ça m'étonnerait beaucoup que vous voyiez, dans cinq ou dix ans, une annexe en droit transactionnel à notre cabinet. Nous resterons fidèles à notre optique de litige, et nous pouvons donc nous attendre à une croissance normale à l’interne. Je ne crois pas non plus que nous tenterons de nous étendre dans d’autres villes et provinces, mais comme le dit Julien, je crois que nos liens avec l'extérieur seront plus forts. Nous obtiendrons plus de dossiers diversifiés et plus de présence un peu partout au Canada.