Me Simon St-Gelais et Me Jean-Daniel Quessy. Sources : Site web de Quessy Henry St-Hilaire et archives
Me Simon St-Gelais et Me Jean-Daniel Quessy. Sources : Site web de Quessy Henry St-Hilaire et archives
Le 13 septembre dernier, la Cour supérieure a autorisé un recours collectif contre l’association religieuse privée catholique Fondation Marie-Jeunesse inc., Maisons Famille Marie-Jeunesse, le fondateur de l’association et la Corporation archiépiscopale catholique romaine de Sherbrooke.

Un ancien membre Pascal Perron reproche aux parties défenderesses d’avoir abusé physiquement, spirituellement et psychologiquement ses membres.

Me Simon St-Gelais et Me Jean-Daniel Quessy du cabinet Quessy Henry St-Hilaire représentent le demandeur dans cette affaire.

« C’est un dossier particulièrement difficile car c’est une cause nouvelle au niveau abus spirituel. On ne pouvait pas se baser sur des précédents recours collectifs qui ont autorisé ou abordé ces questions », explique Me Quessy.

Me Maud Rivard et Me Catherine Pilote-Coulombe du cabinet Stein Monast ainsi que Me Marie-Nancy Paquet de Lavery Avocats représentent la Famille Fondation Marie-Jeunesse, Fondation Marie-Jeunesse inc. et Maisons FMJ.

Mes Maud Rivard, Catherine Pilote-Coulombe, Marie-Nancy Paquet, Pierre-Alexandre Fortin, Véronique Gendron et Benjamin Bolduc. Sources : Sites web de Stein Monast, de Lavery et de Tremblay Bois Avocats
Mes Maud Rivard, Catherine Pilote-Coulombe, Marie-Nancy Paquet, Pierre-Alexandre Fortin, Véronique Gendron et Benjamin Bolduc. Sources : Sites web de Stein Monast, de Lavery et de Tremblay Bois Avocats
Me Pierre-Alexandre Fortin, Me Véronique Gendron et Me Benjamin Bolduc du cabinet Tremblay Bois Avocats représentent Réal Lavoie, le fondateur et membre actif de l'organisation Famille Marie-Jeunesse.

Me Gabrielle Brochu et Me Sandra Desjardins du cabinet Langlois Avocats représentent la défenderesse la Corporation archiépiscopale catholique romaine de Sherbrooke.

Déposée en 2019, cette demande vise « toute personne ayant été membre interne dans la province de Québec, ou succession de personnes décédées ayant été membres internes dans la province de Québec, qui ont été victimes d'abus physiques, spirituels et psychologiques au sein de Famille Marie-Jeunesse entre 1986 et aujourd'hui ».

« Maintenant, il faudra voir si les membres du groupe vont s’impliquer car on se dirige vers un procès. Il va falloir mener des interrogatoires, obtenir des documents et préparer les témoins. Mais à ce stade-ci, je suis vraiment content du travail qu'on a accompli et du message lancé par les tribunaux dans le jugement », souligne Me Quessy, l’un des avocats de la partie demanderesse.

M. Perron a été désigné le représentant du groupe visé par cette action collective.

Mes Gabrielle Brochu et Sandra Desjardins. Sources : LinkedIn et site web de Langlois
Mes Gabrielle Brochu et Sandra Desjardins. Sources : LinkedIn et site web de Langlois
Retour sur les faits

M. Perron a rejoint Famille Marie-Jeunesse en 1997 à l’âge de 19 ans. Il a fait ses voeux d'obédience envers le groupe religieux six mois plus tard dans un contexte « d'asservissement psychologique et spirituel résultant de la mise en place de règles de vie l'ayant coupé de sa famille et du monde extérieur ».

Après avoir été membre pendant 17 ans, il quitte Famille Marie-Jeunesse en 2014, à l'âge de 36 ans pour « reprendre sa liberté et ne plus faire partie d'un système contraignant ».

Mais par la suite, il n’a pas réussi à se réinsérer dans la société civile. En effet, il a réalisé qu’il était « incapable de diriger sa vie ».

En 2018, il a entamé une thérapie car il souffrait de problèmes d’anxiété et de dépression. C’est au même moment qu’il a pris conscience du lien entre les abus qu'il a vécus lors de son passage au sein de la communauté et et les préjudices physiques et psychologiques vécus.

M. Perron reproche notamment aux défendeurs de faire du recrutement à un jeune âge et d’imposer des règles de vie strictes aux membres de la communauté.

« Lavoie est à l'origine de la mise en place d'une structure interne que Perron qualifie être du type « secte totaliste » pour assurer l'asservissement physique et psychologique des membres, entre autres, en les coupant du monde extérieur, en les privant de toute autonomie décisionnelle et en exigeant qu'ils travaillent de quinze à seize heures par jour », a écrit l’honorable Alicia Soldevila dans sa décision.

Suite à la récente décision de la juge, les avocats représentants de l’action collective ont déjà reçu plusieurs témoignages.

« J’invite toutes les victimes à nous contacter directement. Le processus reste confidentiel et on attend qu’il y ait plus de personnes qui nous contactent », conclut Me Quessy.

Contactées par Droit-inc, les autres parties n'ont pas donné suite à nos demandes d'entretien.