Me Dominique Bertrand. Source : Radio-Canada
Me Dominique Bertrand. Source : Radio-Canada
L'ex-avocate de Paul Mukendi au Québec, Me Dominique Bertrand, a été la première surprise d'apprendre qu'il avait fui les autorités, le 20 août. Tout avait été préparé avec son client pour porter sa cause en Cour suprême, confie-t-elle à Radio-Canada.

Le revers de Paul Mukendi en Cour d'appel confirmant sa condamnation pour agression sexuelle ne devait pas être la fin de son parcours judiciaire.

« Nous avions reçu le mandat (de notre client) d'adresser une demande d'autorisation auprès de la Cour suprême du Canada pour en appeler du jugement de la Cour d'appel », affirme Me Bertrand, qui a accepté d'aborder publiquement le cas de Paul Mukendi pour la première fois depuis que la pasteur a pris la fuite.

Tout avait été planifié, y compris une demande de remise en liberté, le temps que la Cour suprême tranche le sort de Paul Mukendi. L'objectif, poursuit Me Bertrand, était de tout déposer le 20 août, soit le jour même où il devait se livrer aux autorités en vertu d'un ordre de la Cour d'appel.

Fuite surprise

Me Bertrand témoigne aujourd'hui de son étonnement et assure qu'elle n'a rien vu venir ce jour-là. « On a eu la nouvelle en même temps que les autres que M. Mukendi s'était enfui. On a été les premiers à être les plus étonnés », ajoute-t-elle.

D'autant plus que le révérend, dit-elle, « avait toujours été respectueux » de toutes ses conditions de remise en liberté « et de notre système de justice ».

Après cette décision prise par Paul Mukendi, Me Dominique Bertrand a demandé à la cour de la retirer des dossiers la liant à son client. « Dans la mesure où mon client a quitté, en tant qu'avocate et comme officier de justice, je ne pouvais pas continuer à occuper le dossier », explique-t-elle.

« Je ne pouvais pas cautionner les choix que M. Mukendi avait faits », précise Me Bertrand.

Dans un scénario hypothétique où Paul Mukendi reviendrait au Canada, Me Bertrand est peu optimiste qu'il obtiendrait la clémence de la Cour suprême. « Il faut respecter les tribunaux et les ordres que les tribunaux nous donnent pour pouvoir leur demander secours », soutient-elle.

Le fondateur du Centre évangélique Parole de vie, à Québec, a fait surface en République démocratique du Congo, hier. Depuis le début de sa cavale, Paul Mukendi accuse régulièrement le système de justice canadien. Il dit avoir été victime d'une injustice, d'un complot et que son sort était scellé d'avance.

Il continue également de marteler qu'il est victime de ses prises de position contre l'homosexualité.