Me Guillaume Brossard. Source: LinkedIn
Me Guillaume Brossard. Source: LinkedIn
Me Guillaume Brossard vient d’être nommé vice-président, croissance et développement au port de Montréal. À ce poste, il devra mener le développement d’affaires qui alimentera le futur terminal de Contrecoeur.

Aujourd’hui, ce sont 35 à 40 millions de tonnes de marchandises qui transitent par le Port de Montréal, chaque année. Cela représente une valeur de 100 milliards de dollars chaque année, soit deux milliards de dollars par semaine, pointe Me Brossard.

Le défi du terminal de Contrecoeur

La construction du terminal de Contrecoeur va accroître la capacité de l’infrastructure portuaire. Le projet sera opérationnel en 2026, quand 1,15 million de conteneurs supplémentaires pourront être traités annuellement.

« Le terminal de conteneurs à Contrecoeur est notre plus gros développement à court terme, pointe l’avocat. Nous voulons être un acteur du développement économique de l’est du Canada par le transport maritime. »

Guillaume Brossard se consacrera à l’activité qui l’anime le plus: travailler avec les partenaires du Port de Montréal pour « créer les conditions gagnantes pour développer un centre de distribution sur la région de Montréal ». L’idée est d’attirer des grands détaillants de différents secteurs pour créer un hub, à partir duquel ces entreprises pourront distribuer les marchandises reçues à leurs magasins, en optimisant leur logistique.

L’avocat voit son rôle comme celui d’un facilitateur, qui met en contact les opérateurs maritimes et les logisticiens. Un rôle qu’il résume ainsi: « faire travailler nos partenaires ensemble ».

Un des principaux défis que devra relever Me Guillaume Brossard, et l’ensemble de l’administration portuaire, est de renforcer le positionnement du port de Montréal « dans un monde où les navires grossissent de plus en plus », dit-il. Or, Montréal ne peut pas accueillir de navires transportant 20 000 conteneurs.

« Nous devons développer des solutions où de plus petits navires continueront de venir au port de Montréal », explique-t-il.

Cet enjeu est aussi une opportunité pour Montréal. Les ports américains capables d’accueillir les plus grands navires sont aussi ceux qui sont présentement engorgés… alors que les opérations demeurent fluides à Montréal. Me Brossard entend utiliser cet atout pour bien positionner le Port de Montréal sur le marché.

La pénurie de main d'œuvre et les changements climatiques affecteront aussi le Port de Montréal au cours des prochaines années. « Nous regardons à court et à moyen terme pour jouer un rôle prépondérant dans la transition énergétique », explique Me Brossard.

Travailler avec, plutôt que contre

L’avocat a eu la piqûre pour le droit des affaires lors de son passage chez De Chantal, d’Amour, Fortier, devenu depuis le cabinet Fortier D’Amour Goyette. C’était peu après l’obtention de son baccalauréat en droit à l’Université Laval. « J’ai rapidement développé un intérêt pour les affaires », explique le barreau 2006.

Il rejoint ensuite le contentieux de la Ville de Montréal.

Mais son goût pour le droit des affaires le convainc de retourner à ses premières amours. En 2014, Me Brossard saisit l’opportunité de rejoindre Gaz Métro, devenu depuis Énergir. « Je me suis investi à 100% dans le développement des affaires et le développement de marchés », souligne-t-il.

L’avocat explique que ce qu’il aime en droit des affaires, « c’est de travailler sur un but commun avec d’autres parties, plutôt que de travailler les uns contre les autres ».

Il entre ensuite chez Énergir comme conseiller juridique en affaires commerciales et projets majeurs. Son évolution l’amènera à devenir directeur du développement du marché Gaz naturel liquéfié.

Chez Énergir, Me Brossard participe au développement des parcs éoliens de la Seigneurie de Beaupré, qui totalisent désormais 164 éoliennes. Il œuvre notamment au financement de la deuxième phase du développement.

Énergir lui confie aussi le développement de la filière du gaz naturel liquéfié (GNL), qui se substitue à d’autres énergies fossiles en diminuant de 20% à 30% les émissions de gaz à effet de serre.

« Nous sommes partis de zéro », souligne l’avocat. Sa dernière grande réalisation aura justement été de travailler à l’approvisionnement de la Côte-Nord en GNL. Nous avons pu conclure des ententes, avec l’aide du gouvernement du Québec, qui ont permis d’acheminer le gaz naturel liquéfié sur la Côte-Nord », se félicite-t-il. La région sera desservie en fin d’année 2021. Le GNL approvisionnera notamment l’Aluminerie Alouette.

C’est dans ce cadre que Me Guillaume Brossard avait travaillé avec le port de Montréal pour permettre le ravitaillement des navires en GNL.

« Le Port de Montréal a été le premier en Amérique du nord à offrir une solution d’approvisionnement en GNL pour tous les armateurs », précise celui qui devra désormais mener la prochaine étape de la croissance de l’infrastructure portuaire.