Me Charles Veilleux. Source: Radio-Canada
Me Charles Veilleux. Source: Radio-Canada
Plusieurs ont pourtant droit à des dizaines de milliers de dollars d’indemnisation, mais craignent qu’il s’agisse d’une fraude informatique.

L’avocat qui représente le Regroupement des citoyens de Shannon depuis 2003 devant les tribunaux, Me Charles Veilleux, tente de joindre d'anciens résidents de Shannon qui sont tout de même couverts par la décision de la cour.

« Il y a beaucoup de personnes à qui on communique le fait qu'ils font partie du groupe de ceux qui bénéficient du jugement et qui devant les montants nous disent non, ce n'est pas possible. Vous n'aurez pas mes informations », raconte-t-il.

En vertu d’une décision de la Cour d'appel de janvier 2020, certaines personnes ont droit à une somme de 1000 $ par mois durant la période visée selon son lieu de résidence, ce qui inclut les dommages moraux et punitifs. Différents groupes d'adresses sont cependant définis et tous n'ont pas droit aux mêmes montants.

À ces montants s’ajoutent des intérêts de 5 %, qui courent depuis 2007.

« Avec les intérêts, pour une famille de deux adultes et un enfant ayant vécu pendant 5 ans durant la période visée par le recours, ça peut monter jusqu'à 150 000 $ si on enlève les honoraires d'avocats et les frais du fonds d'aide aux actions collectives », explique Me Veilleux.

À la recherche d'anciens résidents

Selon le Regroupement des citoyens de Shannon, entre 3000 et 5000 réclamations pourraient être déposées. Une des difficultés consiste à retracer les personnes qui ont vécu seulement quelques mois sur le territoire visé.

« J’ai contacté un ancien militaire. Il est maintenant à Vancouver, mais il résidait sur la rue Cannon. Elle vient d’être ajoutée comme faisant partie du recours », illustre le porte-parole du Regroupement, Jean Bernier.

Lui aussi dit se buter à l’incrédulité de certains.

Des personnes me contactent pour savoir si c’est vraiment sécurisé. J’ai une confiance absolue. Les informations sont gérées par Raymond-Chabot-Grant-Thornton. Ce ne sont pas les derniers venus. Je rassure les gens. D’autres ne croient pas qu’ils seront indemnisés de leur vivant”, raconte Jean Bernier.

Expert en cybersécurité

Le spécialiste en cybersécurité Steven Lachance, a visité le site Internet où les citoyens admissibles sont invités à s’inscrire. Il se dit convaincu que c’est sécuritaire.

« Le site est vraiment du domaine de Raymond-Chabot-Grant-Thornton. Les informations demandées me semblent aussi justifiées. Les personnes qui ont des doutes quand on les appelle pour leur dire qu’elles peuvent être indemnisées peuvent aussi demander le numéro et rappeler elles-mêmes pour s’assurer que ce n’est pas un appel frauduleux », explique-t-il.

Me Charles Veilleux demande aux personnes qui ont rempli le formulaire de tenter de retrouver des connaissances pour les convaincre de faire de même.

« Il y a des personnes qui vont commencer à recevoir des chèques bientôt. J'aimerais bien qu'elles se rappellent qu'il y avait d'autres personnes autour d'elles qui vivaient dans les mêmes circonstances », lance-t-il.

Autres actions réclamées

Le Regroupement des citoyens de Shannon souhaite aussi que la récente décision d'ajouter la rue Cannon dans le territoire visé par l’indemnisation soit republiée par la Défense nationale et SNC-Lavalin.

Les citoyens songent aussi à s’adresser aux tribunaux afin de demander que la période d’inscription soit prolongée.

« Il ne reste plus beaucoup de temps. Les gens ont jusqu’au 10 juillet 2022 pour s’inscrire. Les personnes qui habitaient sur la rue Cannon ont été ajoutées hier seulement. Ce serait bien que le délai puisse être prolongé », souligne Jean Bernier.