Dimitri Nana-Côté et Emerson Sanderson. Source: Site web de Ru Paul Drag Race et Twitter
Dimitri Nana-Côté et Emerson Sanderson. Source: Site web de Ru Paul Drag Race et Twitter
Dimitri Nana-Côté et Emerson Sanderson, deux membres de la communauté drag mieux connu sous le nom de « Kiara » et de « Denim Pussy », reprochent à Alexandre Gemme de les avoir « abusé(s), contrôlé(s) et harcelé(s) ».

Leurs allégations ont été formulées sur Twitter, le 13 et 15 novembre dernier, dans des publications distinctes. Elles ont notamment été reprises par l'influenceuse Daphnée Schryve, surnommée « Artsy ». Elle serait la meilleure amie de M. Sanderson.

Le principal intéressé, qui foule les planches sous le pseudonyme de « Matante Alex », nie catégoriquement ces allégations et a décidé d’intenter des procédures judiciaires.

C’est ce qui ressort des documents judiciaires que son avocate, Jessica Marcelli, a déposés le 18 novembre dernier au palais de justice de Montréal.

Outre sa demande d’injonction provisoire, interlocutoire et permanente pour contraindre les défendeurs à se rétracter sur les plateformes Facebook, Instagram et Twitter, M. Gemme réclame un total de 80 000 $ en dommages moraux et punitifs.

Alexandre Gemme. Source: Site web de Ru Paul Drag Race
Alexandre Gemme. Source: Site web de Ru Paul Drag Race
M. Gemme, qui a cohabité avec M. Nana-Côté entre juillet 2020 et avril 2021, soutient avoir lui-même été intimidé par ce dernier. Il prétend également avoir vécu une relation « malsaine » et « toxique » avec son second accusateur, M. Sanderson, avec qui il a cohabité entre juillet 2019 et février 2020.

« Cette situation a culminé en un événement au mois de septembre 2020 où (Alexandre Gemme) n’a eu d’autres choix que de se renfermer (sic) dans la salle de bain du logement loué par les parties pendant deux heures puisqu’il était en crise de panique totale suite aux revendications nettement exigeantes de Dimitri », indiquent par exemple les documents judiciaires que nous avons consultés.

Contacté par Droit-inc, Me Marcelli, de Salvatore Avocats, n’avait pas donné suite à nos demandes d’entretien au moment d’écrire ces lignes.

Émission Queen of the Universe

Pour M. Gemme, les reproches croisés de ses anciens partenaires et de l’influenceuse Artsy poursuivraient un objectif bien précis : nuire à sa carrière.

Alexandre Gemme, sous les habits de Matante Alex, a participé en septembre dernier au tournage de l’émission Queen of the Universe, un concours de chant de Paramount+ qui vise à couronner la « drag queen de l’Univers ».

Me Jessica Marcelli. Source: Facebook
Me Jessica Marcelli. Source: Facebook
Le premier des six épisodes de l’émission, qui en est à sa première saison, sera diffusé dans plusieurs pays à compter du 2 décembre prochain. Matante Alex est la seule représentante du Canada au côté de 13 autres candidates.

« Le stratagème de Dimitri est très clair. Il désire nuire à la réputation d’(Alexandre Gemme) et pour ce faire, il invente et propage de fausses histoires qui sont désastreuses pour la réputation et l’image d’(Alexandre Gemme). »

M. Gemme et son avocate imputent une « mauvaise foi » analogue à M. Sanderson, par exemple lors d’un extrait de la demande où ils dénoncent l’une de ses publications.

« En effet, le 13 novembre 2021, soit trois jours après l’annonce des candidats de Queen of the Universe, M. Sanderson a publié sur son Twitter un long texte où il accuse faussement (Alexandre Gemme) de l’avoir abusé, contrôlé et harcelé (...) ».

La publication concernée était toujours en ligne au moment d’écrire ces lignes.

La gagnante de la première saison de Queen of the Universe recevra un prix de 250 000 $ américain.

Urgence

Alexandre Gemme allègue avoir perdu 561 abonnés en quatre jours, entre le 13 et le 17 novembre dernier. Ils attribuent ces pertes aux allégations de Dimitri Nana-Côté, d’Emerson Sanderson et de Daphnée Schryve.

Il compterait actuellement 18 600 abonnés sur la plateforme Instagram. « Kiara » en compterait de son côté 62 900, tandis que « Denim Pussy » en compterait 12 400.

M. Gemme soutient aussi avoir perdu quelques occasions d’affaires, dont un contrat pour un spectacle au cabaret Mado à Montréal ainsi qu’un contrat avec l’agence de talent Vision Drag. Il en attribue la faute aux allégations de MM. Nana-Côté et Sanderson.

Outre sa demande d’injonction provisoire, interlocutoire et permanente pour contraindre les défendeurs à se rétracter sur les plateformes Facebook, Instagram et Twitter, M. Gemme réclame un total de 80 000 $ en dommages moraux et punitifs.

Contactés par Droit-inc, MM. Nana-Côté et Sanderson et Mme Schryve n’avaient pas donné suite à nos demandes d’entretien au moment d’écrire ces lignes.