L'ex-abbé Paul-André Harvey. Source: Radio-Canada
L'ex-abbé Paul-André Harvey. Source: Radio-Canada
L'entente de principe conclue entre l'Association des jeunes victimes de l’Église, le diocèse, l'évêque de Chicoutimi et les paroisses a été déposée mercredi matin en Cour supérieure au palais de justice de Chicoutimi.

Après deux jours de négociations en marge du recours collectif, il avait été convenu que la date de signature du document serait le 8 mars 2022, Journée internationale des droits des femmes.

L'entente prévoit également que l'évêque René Guay fasse des excuses publiques pour les gestes posés par l'abbé Paul-André Harvey.

Il a aussi été convenu que ni le diocèse ni l'évêque n'auraient à débourser d'argent pour les indemnisations. La somme sera payée par les compagnies d'assurances du diocèse et des paroisses touchées.

L'entente de règlement devra faire l'objet d'autres analyses pour recevoir l'approbation finale de la Cour supérieure le 27 avril.

L'évêque du diocèse réagit

L’évêque du diocèse de Chicoutimi, Mgr René Guay, s’est montré soulagé de la conclusion de cette entente. Il a tenu à adresser un message aux victimes lors d’une conférence de presse virtuelle.

« C’est un énorme soulagement pour les victimes, envers qui je veux exprimer ma plus grande compassion après toutes ces années de souffrance, a-t-il indiqué. Je veux vraiment qu’elles sachent que je suis de tout cœur avec elles, en espérant que cette entente soit vraiment une étape importante dans la guérison des importantes blessures qui leur ont été infligées. »

Mgr René Guay a déjà présenté lundi des excuses lors d’une déclaration lue devant le tribunal par Me Estelle Tremblay. Il a assuré les victimes qu’autre chose est en préparation. « Dans le temps, une autre occasion pour faire des excuses très officielles se présentera. »

L'évêque du diocèse a soutenu que son organisation a appris des événements. Il a souhaité qu'elle se tourne vers l'avenir, notamment en mettant en place des mesures réparatrices exemplaires.

« On est en train d’organiser quelque chose qui sera unique chez nous, unique au Québec et au Canada pour des mesures préventives qui seront exceptionnelles. On a des protocoles déjà. Les diocèses sont préoccupés, mais là on veut aller encore plus loin pour donner confiance à la population et s’assurer qu’une telle situation ne puisse pas se reproduire. »

Les victimes proviennent de neuf paroisses du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elles se sont inscrites au recours collectif déposé il y a six ans, en octobre 2015.

Les victimes tournent enfin la page

« Je me suis levée plus légère ce matin », a affirmé la porte-parole des victimes, Suzanne Tremblay, qui ne réalise pas encore tout à fait la conclusion du dossier.

« Ça va faire un baume, un baume sur notre colère. Mais moi, ce matin, la colère, je ne sentais plus ça, je me sentais apaisée », indique Suzanne Tremblay, porte-parole des victimes.

Dans un message publié sur Facebook, elle a aussi félicité ceux et celles qui ont mené à ce résultat. « Lorsque je regarde derrière, je vois les petites filles que nous étions et je ne peux qu’être fière du parcours que nous avons franchi. Malgré toutes leurs souffrances et les épreuves, nous sommes devenues des femmes qui contribuent à faire la différence. »

Elle souhaite que ce dénouement permette enfin aux victimes de trouver la paix, même si le montant obtenu est moins élevé que les 25 millions de dollars réclamés. « Ça fait longtemps qu’on se dit, les victimes ensemble, est-ce qu’il y a un montant qui peut réparer ce qu’on a vécu? Il n’y en aura jamais. »

Rappelons que le prêtre pédophile avait plaidé coupable de 39 chefs d’accusation d’attentats à la pudeur et d’agressions sexuelles en 2015. Il est décédé en prison en 2018.