Admise au barreau en 2003, Sophie Rompré a été embauchée chez Mendelsohn, devenu McMillan.

« Ça été une bonne école que je recommande à tous, mais ce n’était pas pour moi. J’ai remis ma démission et je suis partie en Amérique latine. Au total, je suis partie 14 mois. Je suis allée au Pérou, en Colombie, en Bolivie et à Itacaré au Brésil, le plus bel endroit que j’ai vu en Amérique latine.»

Voir l’enfer en Bolivie

Cette surfeuse accomplie, qui désirait se spécialiser en droit des technologies, s’est retrouvée en 2005 à Cochabamba, une petite ville de Bolivie.

Elle y a travaillé en droit pénal dans une ONG, Defensa de los Niños Internacional Sección Bolivia, où elle assistait un avocat qui venait en aide aux enfants maltraités.

Une expérience éprouvante.

Durant une classe à l'école El Molino, en Bolivie
Durant une classe à l'école El Molino, en Bolivie
« Nous recevions des enfants qui avaient été maltraités. Il y avait un service d’aide sociale, des psychologues. Nous en voyions de toutes les couleurs. C’était plutôt difficile. En plus, la corruption était visible chez les policiers. Il fallait payer pour les photocopies des mandats, pour le transport. Même à la cour, sans avoir été directement témoin de corruption, certaines décisions semblaient être jugées en fonction de la richesse d’une des parties », dit l’avocate.

Sophie Rompré a aussi dû composer avec son statut d’étrangère.

« Au Palais de Justice de Montréal, il faut faire sa place. Là-bas, comme étranger, il ne faut pas chercher à s’imposer. Les gens me l’ont bien fait sentir. J’ai déjà attendu quinze minutes dans le cadre de porte avant qu’on ne lève la tête pour me parler. Après trois mois, les gens avec qui je travaillais commençaient à peine à me sourire. »

Revenir chez soi

Après son voyage de 14 mois, elle entame une maîtrise en droit des technologies à l’Université de Montréal, après avoir refusé des offres de maîtrise en Espagne.

L’appel de la maison se faisait pressant.

Salar de Uyuni, Bolivie
Salar de Uyuni, Bolivie
« J’en avais assez d’avoir à m’adapter. En revenant, j’ai été engagée comme avocate interne chez StreamTheWorld Inc, une compagnie québécoise qui se spécialise dans le développement et la fourniture de produits et services de diffusion de contenu en ligne. C’est exactement ce que je voulais faire. Au bout du compte, j’ai bien fait de partir », dit Sophie Rompré.

Même si elle occupe maintenant un emploi qu’elle adore, Sophie Rompré n’a pas cessé de voyager.

« J’ai visité le Costa Rica et l’Équateur, toujours en Amérique latine. D’abord, c’est l’endroit le moins cher pour faire du surf. Ensuite, je parle espagnol, ce qui me permet de parler avec les gens. Dans un voyage, je veux parler aux gens de la place. En plus, ils ont une culture qui me rejoint beaucoup, par la danse, la musique, la joie de vivre. J’y suis tellement allée souvent que je m’y sens presque chez moi. »

Une affaire de famille

Outre ses aventures en Amérique latine, Sophie Rompré cherche à faire le tour du monde.

Elle a commencé par un voyage en Afrique, où elle a accompagné son père qui voulait revoir les arbres qu’il avait plantés dans sa jeunesse.

Elle rêve de boucler la boucle en amenant ses enfants en voyage.

« Je veux amener mes enfants en Inde et en Australie. Je prendrai éventuellement une année sabbatique pour le faire. Mon conjoint partage le même rêve. C’est important de voir le monde », conclut la jeune mère.