Isabelle Gaston accepte la décision du DPCP d'interjeter appel du verdict
Isabelle Gaston accepte la décision du DPCP d'interjeter appel du verdict
Dans un communiqué diffusé hier après-midi, Mme Gaston affirme qu'elle accepte la décision du Directeur des poursuites et que contrairement à ce qu'elle avait dit le jour du prononcé du verdict, le 5 juillet.

"J'accepte la décision du DPCP d'aller en appel. Contrairement à ce que j'affirmais le jour du verdict, si on ordonne un nouveau procès et si on me demande de retourner témoigner, j'irai", écrit-elle dans son communiqué.

Le jour du verdict, elle avait souhaité à voix haute que la Couronne n'interjette pas appel, affirmant qu'elle voulait tourner la page et panser ses plaies après un procès très éprouvant.

Elle dit maintenant comprendre que le Directeur des poursuites doive aussi songer à défendre les intérêts de tous les citoyens, et pas seulement les siens. "Ils n'ont pas, par conséquence, à écouter ma requête mais doivent chercher à protéger la société", ajoute-t-elle.

Elle affirme aussi qu'après deux semaines de réflexion, elle sait qu'elle ne pourra tourner la page en sachant qu'elle n'aurait rien tenté pour dénoncer le verdict de non responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux qu'elle croit erroné.

"Je sais qu'aujourd'hui, je ne vivrai pas ma vie en ayant le cœur et l'esprit en paix, en sachant que je n'ai rien fait pour dénoncer ce que je croit être une erreur", écrit-elle dans sa déclaration.

Elle affirme du même souffle qu'elle suivra les procédures sans trop d'attente, sachant que la Cour d'appel ne peut se baser que sur un point de droit et non sur la légitimité ou l'injustice du verdict.

"Je suivrai les procédures sans trop d'attente, mais j'aurai tout de même l'espoir qu'enfin, un jour, justice sera rendue pour mes enfants, Olivier et Anne-Sophie", écrit-elle encore.

Mme Gaston se refuse à tout autre commentaire.

Olivier, 5 ans et Anne-Sophie, 3 ans, ont été poignardés à plusieurs reprises par leur père, le cardiologue Guy Turcotte, le 20 février 2009 dans sa résidence de Piedmont. Celui-ci n'acceptait pas la rupture de sa relation avec Isabelle Gaston, une urgentologue qui travaillait au même centre hospitalier que lui.

Après un procès de 12 semaines devant un jury, il avait été reconnu non criminellement responsable du meurtre de ses deux enfants pour cause de troubles mentaux.

Le verdict du jury avait causé tout un émoi dans la population, alimentant les réseaux sociaux, les tribunes téléphoniques, les sections de lettres des lecteurs dans les quotidiens, de même que plusieurs émissions d'information et d'affaires publiques.

Vendredi dernier, le Directeur des poursuites criminelles et pénales a fait savoir par voie de communiqué qu'il demanderait la permission d'en appeler à la Cour d'appel. Après avoir analysé le dossier, son comité d'appel disait croire que "le juge a erré en droit sur des points susceptibles d'avoir influencé le jury dans ses conclusions quant à la non responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux" de M. Turcotte.