Me Carmen Rioux, spécialisée dans les cas de violence sexuelle, s'est vu octroyer le Prix pour le courage et la persévérance du Comité fédéral-provincial-territorial des poursuivants pour son travail acharné afin de faire condamner deux travailleurs humanitaires de Québec responsables d'une série d'agressions sexuelles sur de jeunes Haïtiens, en 2006 et en 2007. Un prix, s'empresse-t-elle de dire, qu'elle doit aussi au travail d'un enquêteur de la Sûreté du Québec et des collègues haïtiens qui les ont épaulés.

En 2008, Me Rioux s'est rendue en Haïti avec un enquêteur de la SQ pour obtenir les témoignages des jeunes victimes d'Armand Huard et de Denis Rochette, rapporte TVA Nouvelles.

« Il a fallu faire des démarches aux niveaux politique et diplomatique, être acceptés en Haïti, raconte-t-elle. Aller travailler là-bas, ce n'était pas chose simple : il y a l'aspect des transports qu'il fallait prévoir. ... Il fallait faire en sorte que la preuve se rende au Canada et 10 orphelins, avec les passeports et tout ça, ce n'était à peu près pas envisageable. Donc, on a trouvé à Port-au-Prince un local qui nous permettait de faire de la vidéoconférence avec le Canada. »

Les deux co-accusés ont finalement plaidé coupables à 10 des 13 chefs d'accusation qui pesaient contre eux. Mais il est possible qu'ils s'en soient bien tirés, dans la mesure où l'équipe d'enquêteurs de Me Rioux n'a peut-être pas rencontré toutes les victimes des deux hommes.

« Lorsqu'on s'est rendus là-bas, on espérait aller dans certains villages, à la recherche d'autres personnes qui auraient pu être des présumées victimes, dit-elle. Mais on a appris que les suspects étaient perçus comme des personnes qui faisaient le bien. Alors, on nous a prévenus que des hostilités nous attendaient si on se rendait dans ces coins reculés où nous ne sommes finalement pas allés. »

La condamnation des deux pédophiles pour des crimes commis à l'extérieur du pays, en vertu d'une nouvelle disposition du Code criminel canadien, constituait une première.

Une expérience enrichissante sur le plan humain, estime Carmen Rioux.