«J’ai le meilleur avocat, Jésus-Christ », a lancé l’accusé de 62 ans en brandissant sa bible.

Malgré tout, le juge Jean-Paul Braun lui a donné trois semaines pour réfléchir s’il compte vraiment se défendre seul.

Bain, accusé entre autres de meurtre prémédité, de tentatives de meurtre et d’incendie criminel, était de retour devant la cour afin que son avocate demande à se retirer du dossier. Me Elfriede Duclervil travaille à l’aide juridique, or l’accusé n'y est pas admissible.

L'avocate avait tenté à plusieurs reprises de quitter le dossier, mais le magistrat avait refusé temporairement. La requête a été entendue mercredi après-midi, au palais de justice de Montréal.

Mais la question linguistique est rapidement revenue à l'ordre du jour. La décision de le refuser a été rédigée en français, au grand désarroi de l'accusé.

«Depuis le début, je fais de mon mieux pour tout avoir en anglais, a-t-il lancé du box des accusés. Mais je ne peux avoir aucun service en anglais. La détention refuse de me parler en anglais, on me dit de parler français.»

Le magistrat a ordonné que son avocate lui traduise un document, mais Bain en a profité pour poursuivre sa tirade.

Il a ainsi prétendu s'être plaint, mais que le personnel de Rivière-des-Prairies lui aurait répondu que «les communications sont rédigées en français en vertu de la Charte de la langue française».

«Je suis né ici aussi!» a poursuivi Richard Bain.

Pauline Marois témoin?

Une fois la requête de Me Duclervil accordée, il a ensuite été question de lettres.

Bain a assuré que la détention l’empêche d’envoyer des lettres par la poste. Il a dit vouloir communiquer avec les médias -dont CBC et le National Post- mais que les lettres étaient jetées par les gardes du Centre de prévention Rivière-des-Prairies.

Il veut également envoyer des lettres à Stephen Harper et à Pauline Marois.

Ne laissant rien au hasard, le juge Braun a fait assermenter un officier des Services correctionnels, pour s’assurer que le prévenu pouvait envoyer les lettres. Lors de la prochaine audience le 12 mars prochain, une vérification sera faite.

Mais Me Éliane Perreault de la Couronne a alors demandé au juge que Bain ne puisse pas communiquer avec les victimes dans cette affaire, leurs familles et les témoins.

«Je vous demanderais d’ajouter Mme Pauline Marois, comme témoin potentiel», a ajouté Me Perreault.

Le juge a refusé, arguant qu’il était convaincu que la première ministre était présentement «bien protégée».

Richard Henry Bain fait face à une kyrielle d'accusations, dont celle du meurtre prémédité du technicien de scène Denis Blanchette le 4 septembre dernier, le soir où Pauline Marois remportait les élections provinciales.

Vêtu d'une robe de chambre et d'un bonnet de bain, il aurait fait irruption au Metropolis, armé d'une arme de poing et d'un fusil semi-automatique.

En plus du meurtre, il est accusé de triple tentative de meurtre, d'incendie criminel et d'une série d'accusations en lien avec l'entreposage d'armes. Lorsque les policiers ont perquisitionné sa résidence de La Conception, ils auraient trouvé plusieurs armes à feu.

Elles avaient été acquises légalement, sauf une.