Une avocate dédiée à l’accès à la justice familiale

Main image
Sonia Semere

Sonia Semere

2026-01-14 14:15:51

Commenter

Une avocate s’engage pour un accompagnement humain des parents en séparation. Rencontre…


Camille Alix - source : LinkedIn


Justice Pro Bono accueille Me Camille Alix à titre d’avocate-coordonnatrice du projet Porte 33, créé en 2019. Avocate de formation, elle se distingue par un parcours profondément ancré dans l’accessibilité à la justice et les modes alternatifs de règlement des différends.

Me Alix prend les rênes d’un projet qui vise à offrir un accompagnement juridique et psychosocial aux parents vivant une séparation, souvent sans représentation légale.

En tant qu’avocate-coordonnatrice, elle aura notamment pour mandat d’assurer le développement et la consolidation du programme, de renforcer les partenariats communautaires et de contribuer à la création de nouvelles initiatives visant à mieux répondre aux besoins des familles.

Justice Pro Bono souligne d’ailleurs être activement à la recherche d’avocats bénévoles souhaitant s’impliquer, que ce soit pour des consultations ponctuelles, de l’accompagnement ou d’autres formes d’engagement.

À quel public s’adresse Porte 33, et quels types de problématiques juridiques sont le plus souvent abordés?

Le programme s’adresse principalement aux parents ayant des enfants mineurs et vivant une séparation, qu’elle soit récente ou plus ancienne. La majorité des parents que nous rencontrons sont : non représentés par un avocat ; en médiation familiale ou en réflexion avant d’entamer des démarches judiciaires ; ou encore auto-représentés devant les tribunaux.

Ils nous sont souvent référés par des organismes communautaires, des professionnels du réseau psychosocial ou parfois même par des avocats. Il arrive aussi que des avocats réfèrent leurs propres clients lorsqu’un soutien psychosocial est nécessaire.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’accepter ce rôle de coordonnatrice?

Tout au long de ma carrière, j’ai toujours accordé une grande place à l’engagement social et au bénévolat. J’ai choisi le droit pour aider les gens, et le droit de la famille a toujours occupé une place importante dans ma pratique.

Ce qui m’a particulièrement attirée chez Porte 33, c’est la possibilité de prendre du recul, de réfléchir à l’accessibilité à la justice et de participer à la création de solutions nouvelles.

En pratique privée, on est souvent absorbé par les dossiers et on manque de temps pour innover. Ici, je peux analyser ce qui existe, identifier ce qui manque et réfléchir à ce qu’on peut améliorer pour mieux soutenir les familles.

Avez-vous déjà des idées de projets ou de développements que vous aimeriez mettre en place?

D’abord, j’aimerais développer une formation sur la communication entre parents, plus précisément sur la supervision des courriels. Une mauvaise communication est souvent au cœur des conflits parentaux. Donner aux parents des outils concrets pour mieux communiquer peut réellement réduire les tensions et, par conséquent, le recours aux tribunaux.

Cette formation pourrait s'adresser aux parents ; aux avocats, qui révisent souvent les courriels de leurs clients ; aux organismes communautaires déjà impliqués en supervision de communications. J’ai vu, dans ma pratique d’avocate, à quel point ce type d’intervention pouvait faire une réelle différence.

Je réfléchis aussi à un projet que j’appelais, à l’époque, la « maison de la famille » ou aujourd’hui, peut-être la maison de la séparation. L’idée serait de créer un espace (physique ou ponctuel) où les parents auraient accès, au même endroit, à différents professionnels : avocat, notaire, médiateur, psychologue, travailleur social. Une approche véritablement multidisciplinaire, essentielle en droit de la famille.

Avec votre vaste expérience d’avocate en droit de la famille, quel regard portez-vous aujourd’hui sur ce domaine?

Très rapidement dans ma pratique, je me suis rendu compte que la judiciarisation ajoutait souvent du conflit, et que, dans certains cas, notamment en contexte de violence conjugale, elle pouvait même prolonger la souffrance. J’ai aussi constaté que la réponse judiciaire était souvent mal adaptée aux réalités des conflits parentaux.

C’est pourquoi je me suis tournée vers les modes alternatifs de règlement des différends, comme la médiation familiale et le droit collaboratif. Ces approches redonnent du pouvoir aux parents et leur permettent de reprendre le contrôle sur leurs décisions.

Quand les gens se sentent entendus et arrivent à nommer leurs besoins, on assiste souvent à de véritables transformations. Cela influence directement ma façon d’exercer aujourd’hui : je crois profondément à l’importance de la communication, de la multidisciplinarité et du règlement hors cour, chaque fois que c’est possible.

Partager cet article:

252
Publier un nouveau commentaire
Annuler
Remarque

Votre commentaire doit être approuvé par un modérateur avant d’être affiché.

NETiquette sur les commentaires

Les commentaires sont les bienvenus sur le site. Ils sont validés par la Rédaction avant d’être publiés et exclus s’ils présentent un caractère injurieux, raciste ou diffamatoire. Si malgré cette politique de modération, un commentaire publié sur le site vous dérange, prenez immédiatement contact par courriel (info@droit-inc.com) avec la Rédaction. Si votre demande apparait légitime, le commentaire sera retiré sur le champ. Vous pouvez également utiliser l’espace dédié aux commentaires pour publier, dans les mêmes conditions de validation, un droit de réponse.

Bien à vous,

La Rédaction de Droit-inc.com

PLUS

Articles similaires