Des conseils juridiques à l’aide de l’intelligence artificielle

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Radio Canada

2026-02-24 10:30:53

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Un cabinet d’avocats a lancé un robot conversationnel généré par l’intelligence artificielle.

Michael Zouhri (source : Painworth), Angela Lee (source : Université de l'Alberta) et Gideon Christian (source : Université de Calgary)


Un cabinet d’avocats albertain spécialisé dans les blessures corporelles a lancé un robot conversationnel généré par l’intelligence artificielle pour donner des conseils juridiques à ses clients.

Si vous êtes victimes d’un accident ayant entraîné des lésions corporelles, qu’il s’agisse d'un accident de voiture ou d’une chute, vous pouvez appeler DAVID, explique Michael Zouhri, cofondateur du cabinet d’avocats Painworth, qui utilise le robot conversationnel depuis décembre.

DAVID, qui est l’acronyme de Digital Attorney for Victim Injury Dispute (Avocat numérique spécialisé dans les litiges de blessures subies par les victimes), est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et est en mesure de discuter dans presque toutes les langues.

Chaque client est supervisé par l’un des trois avocats de Painworth, explique Michael Zouhri. Le cofondateur du cabinet, qui a également une formation en science des données, explique avoir eu l’idée de créer ce robot après avoir eu de la difficulté à trouver un avocat après avoir été renversé par un conducteur ivre en 2019.

« J’ai appelé quelques-uns de ces avocats qui font de la publicité sur des panneaux d’affichage et j’en ai rencontré plusieurs. Honnêtement, j’ai vraiment détesté ce processus », affirme-t-il, ajoutant qu’ils ne répondaient pas durant la fin de semaine, donnaient des conseils différents et réclamaient presque tous la moitié d’un règlement éventuel.

Assouplissement des règlements

Angela Lee, professeure à la faculté de droit de l’Université de l’Alberta, dit que DAVID fait partie des nombreux outils générés par l’intelligence artificielle qui ont été approuvés ces dernières années en Alberta pour fournir une assistance juridique. C’est un domaine émergent, affirme-t-elle.

La professeure note que le Barreau de l’Alberta a assoupli plusieurs règlements pour permettre au robot conversationnel DAVID et à Painworth d’aider des personnes victimes de préjudices corporels à effectuer leur demande d’indemnisation.

Ainsi, la règle qui stipule que seules les personnes autorisées à exercer le droit peuvent posséder et exploiter des cabinets d'avocats en Alberta a été levée, car Paintworth n'appartient pas à un avocat, précise Angela Lee.

« Le règlement qui vise à empêcher l'exercice illégal du droit fait l’objet d’une exemption pour permettre au robot d’intelligence artificielle d’aider les gens dans leurs démarches juridiques », dit-elle.


Le Barreau affirme que des exceptions ont été accordées à Painworth dans le cadre de son initiative Innovation Sandbox et que DAVID ne peut fournir des services qu’en Alberta. L’environnement Sandbox aide les prestataires potentiels à tester leurs nouvelles idées et leurs nouveaux modèles pour la prestation de services juridiques dans un environnement contrôlé, avec la surveillance et les conseils du Barreau, affirmé par courriel Elizabeth Osler, présidente-directrice générale et directrice générale du Barreau de l’Alberta.

Le site web du Barreau indique que d’autres entreprises ont également reçu le feu vert pour utiliser l’intelligence artificielle, notamment pour des transactions immobilières et des contrats de mariage.

Des avantages et des craintes

Gideon Christian, un professeur spécialisé en intelligence artificielle et en droit à l’Université de Calgary, affirme que plusieurs initiatives Sandbox menées par des sociétés juridiques ont vu le jour au Canada ces dernières années, notamment en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Ontario. Même s'il estime que DAVID est un assistant juridique plutôt qu’un avocat, il trouve que ce dernier marque un tournant important.

« Si un avocat vous fait payer 400 $ de l’heure pour passer peut-être huit heures à accomplir une tâche qu’un outil d’intelligence artificielle peut réaliser en moins de 30 minutes, cela a beaucoup plus de sens économiquement », dit-il.

Angela Lee a toutefois certaines inquiétudes quant à la confidentialité et aux erreurs possibles de l'outil.

« Parler à un robot d’intelligence artificielle de vos réclamations juridiques peut vous donner le sentiment d’être entendu et compris, mais parfois, cela peut ne pas être ancré dans la réalité, contrairement à ce que vous pourriez ressentir en parlant à un être humain ».

Selon elle, l’efficacité de ces outils ne pourra être déterminée que dans les années à venir. « C’est important d’adopter une approche équilibrée qui permet une innovation progressive tout en garantissant des mesures de protection solides », conclut-elle.

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