Québécois à l'étranger

Le dur de New York

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Rene Lewandowski

2007-03-22 18:12:00

"Désolé, Ken: tu démissionnes ou on te vire!" À part le président des États-Unis, George W. Bush - un ami -, bien peu de gens auraient pu se permettre de traiter aussi cavalièrement le défunt PDG d'Enron, Kenneth Lay. C'est pourtant ce qu'a fait Luc Despins, Québécois établi à New York depuis une vingtaine d'années.

En plein coeur de la tourmente du plus grand scandale financier aux États-Unis, cet avocat de 46 ans, qui représentait à l'époque les créanciers de l'entreprise en faillite, a téléphoné directement à Kenneth Lay pour lui annoncer la mauvaise nouvelle. "On avait déjà trouvé son remplaçant!" se rappelle-t-il.

Il est vrai que Luc Despins n'est pas n'importe qui. Aux États-Unis, il est considéré comme l'un des meilleurs avocats dans le domaine du droit de la faillite et de la restructuration d'entreprises. C'est lui qui a aidé le fabricant de sous-vêtements Fruit of the Loom à se sortir du pétrin et qui a obtenu des règlements inespérés lorsque le géant du courtage Refco et le cinquième câblodistributeur américain, Adelphia, ont connu des déboires. Depuis 2002, le magazine spécialisé Turnarounds & Workouts, une bible, le classe d'ailleurs chaque année parmi les 10 meilleurs de sa catégorie.

Dans son boulot, Luc Despins est souvent appelé à faire affaire avec les hauts dirigeants d'entreprises en déroute, soit au nom des créanciers, qui veulent récupérer le maximum de ce qui leur est dû, soit au nom des actionnaires, qui veulent sauver les meubles pour relancer leur société. Un métier dur, qui demande de la poigne et de l'intransigeance, et où il faut parfois hausser le ton. Cela ne l'effraie aucunement - au contraire. "J'aime la bataille, ça me stimule", dit-il.

Luc Despins n'était pourtant pas aussi confiant lorsqu'un grand cabinet new-yorkais l'a embauché, en 1985. Il était convaincu que le fait d'être québécois était un handicap et que son accent poserait problème. Il se trompait. "Ici, les gens se foutent de qui vous êtes ou d'où vous venez, dit-il. Tout ce qui compte, c'est votre capacité d'être performant." Au Québec, croit-il, du moins dans les cabinets d'avocats, des castes se forment selon l'origine des gens. "À Montréal, on est avant tout juif, francophone, asiatique... ou le fils d'Untel. À New York, on est avocat, un point, c'est tout."

Il se souvient aussi que ses débuts ont été pénibles en raison du rythme de travail et de l'attitude de ses collègues. Il était tellement décontenancé qu'il voulait revenir au Québec au bout de six mois. "Au bureau, les gens gueulaient toute la journée." Aujourd'hui, il admet s'être habitué à cette cadence de fou. Il serait même incapable de s'en passer. "Je suis devenu comme eux!"

Il faut dire que les récompenses financières sont beaucoup plus intéressantes à New York qu'au Québec. Au cabinet Milbank, Tweed, Hadley & McCloy, où Luc Despins travaille depuis 1998, la rémunération annuelle moyenne des associés est de 2,2 millions de dollars américains. "Et je suis bien au-dessus de la moyenne!"
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3 commentaires

  1. Anonyme
    Anonyme
    il y a 16 ans
    hehe
    Très bon article MR.Lewandowski

    hehe!

  2. Anonyme
    Anonyme
    il y a 15 ans
    Lectrice
    Cet article est d'une prétention incroyable.

  3. Anonyme
    Anonyme
    il y a 13 ans
    Re : Lectrice
    > Cet article est d'une prétention incroyable.

    Et pourquoi donc?

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