Carrière et Formation

Cette avocate est responsable du bonheur

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Camille Dufétel

2023-05-12 15:00:00

Une avocate a une responsabilité très particulière au sein de son cabinet. Elle doit veiller au niveau de bonheur de ses collègues...

Me Marie-Claude Néron. Source: LinkedIn
Me Marie-Claude Néron. Source: LinkedIn
Pas de doute, Me Marie-Claude Néron a le profil idéal pour être responsable du bonheur au sein de son bureau. Très solaire, empathique et enjouée au téléphone, l’avocate donne envie de voir la vie du bon côté.

Chez Tremblay Parent avocats et avocates Inc., cabinet ouvert depuis mars 2022 et basé à Chicoutimi et à Montréal, la Barreau 2008 met tout en œuvre pour que la santé mentale de ses collègues se porte bien.

Tours de table pour exprimer son niveau de bonheur, fêtes d’anniversaires personnalisées, bureau décoré et rempli de ballons, 5 à 7 hebdomadaires, jeux de société le midi, mots d’encouragement…

En tant que responsable du Comité bonheur du cabinet, Me Néron fait tout pour que ses collègues viennent travailler avec le sourire dans ce cabinet dédié aux employeurs. Et au passage, pour qu’ils n’aient plus le goût de télétravailler.

Rappelons que Tremblay Parent offre des services en droit du travail et en santé et sécurité du travail et se décrit comme le premier cabinet se consacrant exclusivement à ce domaine dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

En janvier dernier, le cabinet suisse Lexing publiait une offre d’emploi très populaire pour la création d’un poste de responsable du bonheur et Droit-Inc en faisait justement mention. Après les années difficiles de la Covid-19 et la tendance du télétravail, les employeurs s’inquiéteraient-t-ils du moral de leurs troupes ?

« Quel est votre niveau de bonheur ? »

Chez Tremblay Parent, la santé mentale des professionnels du droit serait en tout cas prise au sérieux depuis les débuts, il y a plus d’un an. « Pour les deux fondateurs du bureau, Me Raphaël Tremblay et Me Pierre Parent, le bien-être des ressources est primordial », insiste Me Néron.

Elle raconte que chaque mardi matin, une rencontre a lieu avec tous les membres de l’équipe, dont certains sont en télétravail et d’autres en présentiel. La première question posée systématiquement est « quel est votre niveau de bonheur ? », individuellement.

Un véritable tour de table est effectué pour laisser chacun répondre. L’avocate insiste, ce n’est pas une question purement rhétorique. Certains vont répondre que « dans les circonstances, ça va », note-t-elle.

« On va leur dire, ‘c’est quoi, les circonstances, veux-tu qu’on en parle ?’, et si la personne dit ‘non, non, ça va’, je vais aller la voir après la rencontre, explique Me Néron. Je vais lui demander si c’est en lien avec le travail ou la vie personnelle et lui demander si on peut faire quelque chose ».

La personne peut avoir besoin d’un peu plus de temps pour elle et d’une charge de travail allégée dans un moment difficile, donne en exemple l’avocate. « Les deux associés sont conscients qu’on est dans un domaine très exigeant, mais ont toujours refusé que cela passe avant le bonheur ».

Si, selon elle, quelqu’un a besoin d’un congé, d’un soutien pour le travail, ou se sent moins impliqué, elle l’indique avec bienveillance aux associés, et une intervention a alors lieu.

Anniversaires à thèmes et 5 à 7

Quelques semaines après son arrivée dans ce cabinet, Me Néron a aussi souhaité mettre en place des actions concrètes pour élever le niveau de bonheur de ses pairs. Elle s’est mise à organiser les anniversaires de tous les membres du bureau.

« À chaque fois que c’était la fête de quelqu’un, on se mettait à remplir le bureau de ballons, à le décorer avec une thématique qui nous fait penser à la personne, je m’occupais des cartes d’anniversaire, de faire cotiser tout le monde pour des cadeaux... », détaille l’avocate.

Désormais, tous les vendredis, des 5 à 7 sont par ailleurs organisés au cabinet. L’avocate précise que le bureau paie les consommations d’alcool et le taxi. « Nos adjointes sont payées de 16h à 16h30 pour prendre du vin avec nous ! », affirme-t-elle.

Elle ajoute qu’il n’y a pas de hiérarchie dans ces moments et qu’il ne s’agit pas que de parler de travail. « On rit ! Les midis, on joue à des jeux de société. Ça fait en sorte qu’on ne vient pas au bureau juste pour gagner sa paie. On vient trouver sa ‘gang’ ».

Des soupers au restaurant et des sorties sont aussi organisés. « On est trois filles du bureau à aller à un ‘party’ années 1990, on est allées camper cet été... »

En dehors des anniversaires à thème et des 5 à 7, Me Néron veille surtout à ses pairs, quand elle observe des signaux potentiels d’une baisse de moral. « Quand je vois que quelqu’un qui venait souvent au bureau vient moins souvent, ou que quelqu’un qui avait toujours le sourire sourit un peu moins, je vais aller lui parler ».

Le but est d’être en mode prévention, selon elle, et de ne pas attendre que ça dégénère. « C’est tellement plaisant de travailler le bonheur plutôt que de composer avec une difficulté... »

Le fait qu’elle ne soit pas une associée est une bonne chose sur ce plan, d’après elle, car certains n’oseront pas dire à leurs patrons qu’ils ne vont pas bien pour telle ou telle raison.

Quand elle sent que tout le monde est très occupé, elle envoie à ses collègues des petits mots d’encouragements, et chacun se prend au jeu.

Qu’arrive-t-il si une personne a besoin d’un soutien en santé mentale, par exemple auprès d’un psychologue ?

« Les associés sont très ouverts et soucieux de notre santé, répond la responsable du bonheur. Si je leur disais que la personne a utilisé ses assurances et que ça lui ferait du bien d’aller consulter quelqu’un un peu plus, je sais qu’ils me diraient, ‘c’est beau Marie-Claude, on s’en occupe’ ».

Si la plupart de l’équipe, à savoir 11 personnes, est basée à Chicoutimi, Me Néron fait en sorte d’intégrer autant que possible le reste de celle-ci, à savoir un avocat et une stagiaire basés à Montréal, aux actions du Comité bonheur.

Au-delà des appels en visio, ceux-ci sont parfois amenés à venir à Chicoutimi, et Me Néron se déplace aussi de temps à autre à Montréal.

Appartenance

Pour Me Néron, toutes ces actions créent un sentiment d’appartenance très fort, même s’il s’agit d’une nouvelle entreprise. « On est une famille professionnelle, toutes les adjointes vont vendre le bureau, se sentir engagées, les avocats aussi. »

Pour la responsable du bonheur, tous les employeurs auraient intérêt à beaucoup se soucier du bonheur de leur personnel.

Pour être responsable du bonheur, encore faut-il avoir la personnalité pour, et selon les collègues de Me Néron, il était évident que le rôle était fait pour elle. Elle s’est même fait appeler la « cheerleader » et s’est fait offrir des pompons à sa fête...
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