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Passionnée par la PI!

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Sophie Ginoux

2022-11-23 15:00:00

Pourquoi les avocats sont-ils de plus en plus attirés par la pratique en propriété intellectuelle ? Une membre du barreau qui a changé de vie à la quarantaine témoigne…
Francesca Roy. Source: Smart & Biggar
Francesca Roy. Source: Smart & Biggar
Francesca Roy n’aurait jamais imaginé, lorsqu’elle avait 20 ans, qu’elle deviendrait un jour avocate, et encore moins en propriété intellectuelle. Comme plusieurs professionnels de cette branche du droit au parcours initialement scientifique ou créatif, elle avait en effet opté pour une toute autre discipline : la littérature.

Après une maîtrise en lettres réalisée en deux temps, au Québec puis en France, la jeune femme s’est intéressée au milieu de l’édition et y a débuté une carrière qui s’est étirée pendant plus de 15 ans. Toutefois, contrairement à la majeure partie des personnes de cette industrie, ce n’est ni en production ni en révision qu’elle s’est rapidement spécialisée… mais en contrats et en droits d’auteur !

« C’était totalement inattendu, ce créneau, avoue-t-elle, mais j’ai immédiatement aimé ça. L’aspect technique et rationnel de cette branche m’a séduite. »

Un véritable euphémisme, si l’on considère que la passion que venait de se découvrir Mme Roy l’a amenée au fil des ans à s’immerger littéralement dans les livres, articles et tout ce qui pouvait se rapporter aux droits d’auteur et à la propriété intellectuelle.

« Je lisais tout ce qui me tombait sous la main sur ce sujet, et je suivais tous les cours possibles. J’ai même décroché un certificat en droit ! » déclare-t-elle. On ne s’étonne donc pas qu’elle ait fait partie du comité du droit d'auteur de l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) de 2015 à 2018.

Un grand saut dans le droit

Pour la responsable des contrats et des droits d’auteur des éditions Boréal, la tentation était de plus en plus grande de quitter emploi et carrière pour explorer plus profondément l’univers de la propriété intellectuelle. Mais une telle remise en question, à l’aube de la quarantaine, était loin d’être simple.

Finalement, entre rester ou partir, Mme Roy… est partie. « J’ai décidé de jouer le tout pour le tout, et cela a été la meilleure décision de ma vie ! s’exclame-t-elle. Parfois, on se met des barrières et on abandonne ses rêves pour différentes raisons, mais je savais tellement ce que je voulais que ça ne pouvait que fonctionner. Et les choses se sont placées de A à Z exactement comme je l’espérais. »

Cette détermination a effectivement souri à Francesca Roy, qui est retournée sur les bancs de l’Université de Montréal pendant deux ans, en recevant au passage en 2018 la bourse Bloomfield, décernée à un étudiant de deuxième année du baccalauréat en droit pour ses résultats scolaires exceptionnels.

Puis, elle a décroché son barreau en 2019, tout en travaillant au sein de Smart & Biggar, le cabinet canadien de référence en propriété intellectuelle que beaucoup d’étudiants estiment.

« Et c’est là que j’ai trouvé ma maison, avec des collègues en or qui travaillent en équipe, et une direction qui investit beaucoup en transmission du savoir, afin d’aller chercher le meilleur potentiel de chacun d’entre nous », dit-elle fièrement.

Marques de commerce : une pratique exaltante

Lors de son retour aux études, Me Roy a approfondi ses connaissances en propriété intellectuelle, notamment en marques de commerce, une pratique dans laquelle elle se concentre à présent à titre de conseillère stratégique, même si elle couvre tous les aspects du droit de la PI, y compris les brevets, les droits d’auteur et les dessins industriels.

Elle participe également à l’élaboration de stratégies en matière de litige et à la préparation de requêtes et de procès devant la Cour fédérale et la Cour supérieure du Québec.

À quoi ressemble son quotidien ? Eh bien, il est très changeant, puisqu’elle guide des clients de plein de secteurs d’activité tout au long du cycle de vie des marques de commerce, y compris les recherches de disponibilité, les enregistrements, les poursuites et les procédures d’opposition, au Canada comme à l’étranger.

« Je peux aussi bien m’occuper d’un équipementier sportif qui cherche à s’enregistrer à travers le monde, que de producteurs et transformateurs agroalimentaires dont il faut protéger les IGP (Indication géographique protégée) au Canada. Je gère également plusieurs dossiers liés à la charte de la langue française, dont l’impact est de plus en plus grand sur les marques de commerce et les entreprises implantées au Québec », explique Me Roy

L’avocate n’a donc pas le temps de s'ennuyer. Elle avoue d’ailleurs qu’elle avait choisi l’édition pour ce rythme de travail à 100 à l’heure qu’elle a retrouvé dans le droit.

« J’aime aussi le côté créatif de la propriété intellectuelle, ajoute-t-elle. Tout comme le fait d’accompagner des entreprises et de leur faire comprendre l’importance des marques de commerce, de manière à ce qu’elles prennent conscience de leur valeur sur le marché. »

Excitée par le développement rapide du droit en matière de propriété intellectuelle, notamment en ce qui a trait à la webosphère et à l’arrivée des métavers, Me Francesca Roy sait que sa passion pour son métier ne s’étiolera pas de sitôt.

« Je ne regrette rien et referais exactement le même changement de carrière demain », conclut-elle finalement, heureuse d’avoir trouvé sa voie.
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