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Nouveau programme, nouvelle clinique!

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Camille Dufétel

2023-09-29 14:15:00

Ça bouge à l’Université du Québec en Outaouais, qui a inauguré son nouveau programme de droit et où une clinique juridique universitaire est mise sur pied…

Véronic Boyer et Julie Bourgault. Source: LinkedIn
Véronic Boyer et Julie Bourgault. Source: LinkedIn
L’avocate Me Véronic Boyer s’attelle à un projet bien particulier ces derniers mois, puisqu’elle met en place et coordonne les activités de la clinique juridique universitaire de l’Université du Québec en Outaouais, sous la direction de sa collègue Julie Bourgault, professeure titulaire et directrice du Département de droit de l’UQO.

« Après quelques années de recul qui m’ont permis de prendre soin de moi et de reconfirmer ma volonté de travailler au service de ma communauté, je suis emballée de me lancer dans ce nouveau défi », écrivait ainsi Me Boyer sur LinkedIn il y a plusieurs mois. Un défi qui lui permet d’allier plusieurs éléments lui tenant à cœur, dont l’accessibilité à la justice, l’innovation et la formation de la relève dans sa profession.

Le projet s’inscrit dans un contexte bien particulier puisque l’UQO a inauguré à la mi-septembre son nouveau programme de droit, à l’occasion d’un événement qui a réuni plus de 200 personnes parmi lesquelles figurait le ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette. Un total de 67 personnes compose la première cohorte de droit.

La dernière fois qu’un baccalauréat en droit a vu le jour au Québec remonterait aux années 1970… Droit-Inc s’est entretenu avec Véronic Boyer et Julie Bourgault sur le choix de mettre en place, à travers ce nouveau programme, une clinique juridique universitaire.

Le programme en droit de l’UQO va inclure une clinique juridique universitaire… à venir? Elle n’a pas encore vu le jour?

Véronic Boyer (V.B.): Exactement. Mon travail est de la développer. Elle ouvrira à l’UQO à partir de l’automne 2025. C’est une clinique à laquelle les étudiants pourront participer une fois qu’ils auront complété deux années du baccalauréat.

Pourquoi est-ce important de mettre en place une telle clinique pour les étudiants? Qu’est-ce que cela peut leur apporter?

Julie Bourgault (J.B.) : Quand on a conçu le programme, on l’a fait avec cinq principes fondateurs et l’un d’entre eux est une formation axée sur l’accès à la justice et les méthodes de prévention et règlement des différends. Un autre de nos principes formateurs, c’est une formation qui utilise des méthodes pédagogiques novatrices.

La clinique s'inscrit très bien dans ce contexte puisque cela favorise l’accès à la justice. Quant aux méthodes pédagogiques novatrices, ce que les études en pédagogie universitaire nous disent, c’est qu’il n’y a rien de mieux que l’apprentissage par l’expérience.

La présence d’une clinique universitaire paraissait essentielle. On est aussi dans une approche par compétences. Ce sont des compétences quant aux connaissances qu’ils vont développer, mais aussi un peu plus transversales.

Beaucoup vont pouvoir être développées à la clinique juridique. Ça permet un apprentissage expérientiel qu’on ne peut pas leur fournir dans un contexte de cours.

Il y a des choses qu’on ne peut pas reproduire, comme par exemple l’émotion d’un client.

Me Boyer, sur LinkedIn, vous semblez défendre ce type de formation pratique, cela vous paraît essentiel dans l’apprentissage des étudiants?

V.B.: Je viens du réseau des centres de justice de proximité, j’ai été directrice générale d’un CJP pendant six ans, j'ai déjà travaillé avec beaucoup d’étudiants et de citoyens qui ont des problèmes juridiques, qui ont besoin d’un meilleur accès à la justice.

Pour moi, une clinique juridique est la meilleure façon pour un étudiant de venir se pratiquer par rapport aux savoirs et aux connaissances acquis dans les autres cours. Les professeurs ont beau être excellents, et je pense qu’au baccalauréat à l’UQO, ils le sont, il y a toujours une certaine limite pour permettre aux étudiants d’acquérir du savoir-faire ou du savoir-être.

Il y a plein de situations auxquelles on peut faire face dans la pratique. Par exemple, être devant un client qui va être émotif, qui va se mettre à pleurer, qui va se retrouver peut-être en situation de crise, d’anxiété, qui va avoir de la difficulté à respirer…

Il y a peut-être des personnes qui vont être mieux outillées à la base, naturellement, et d’autres pour lesquelles ça va nécessiter plus de pratique. Il faut leur donner des outils pour qu’elles soient en mesure de réagir adéquatement dans ces situations.

Donc pour moi, la pratique dans la clinique juridique est vraiment une occasion pour les étudiants d’être mis dans ces situations, de se pratiquer à mettre en application ces outils.

Les compétences d’un avocat ne se mesurent pas seulement à sa capacité à répondre à une question juridique. C’est aussi être capable de servir adéquatement le client qui se trouve devant lui, répondre à ses besoins et à ses attentes. Ce n’est pas de la théorie dans un cours de droit.

La participation à cette clinique sera-t-elle obligatoire?

J.B. : C’est volontaire. Les étudiants ont des activités pratiques à faire. Ils ont le choix de s’orienter vers la clinique ou vers d’autres choix d’approches pratiques.

La clinique va par ailleurs permettre d’offrir plus de services en droit en Outaouais… ?

V.B. : Pour moi, c’est gagnant-gagnant. Pour les citoyens, ça permet d’avoir un service dont ils ont énormément besoin. Redonner à la communauté doit être valorisé et non pas diminué.

Vous avez déjà des détails sur les domaines de droit qui seront couverts, les horaires, etc…?

V.B. : Malheureusement, on est vraiment encore dans les premiers mois du développement des idées du concept de la clinique. Mais certainement, ça va être une clinique où les étudiants vont être mis directement en contact avec la clientèle et supervisés par un professionnel du droit.

Dans un monde idéal, on va tenter de donner un caractère interdisciplinaire à ce qu’on va offrir, et je pense que c’est à l’avantage des étudiants également.

Cette clinique juridique universitaire sera aussi un bon argument pour attirer des étudiants vers le programme de l’UQO?

V.B. : Effectivement, et je trouve que l’approche par compétences distingue notre programme d’autres programmes de droit. À l’heure actuelle, avec la clinique juridique qui existe à l’École du Barreau, je pense qu’il faut le voir aussi comme une belle occasion de se préparer.

Le programme de droit de l’UQO permettra à l’avenir de retenir plus d’avocats dans la région?

J.B. : L’objectif premier de ce programme, c’est vraiment l’accessibilité aux études supérieures dans la région. On a fait beaucoup d’études socio-économiques avant de l’ouvrir et il y avait un grand intérêt pour les études en droit dans la région. On a eu l’appui de la population aussi.

Et oui, ça pourra aider à garder les juristes, que ce soit des avocats ou des notaires, dans la région!
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