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Quelles sont les récentes tendances en M&A ?

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Camille Dufétel

2023-07-10 13:15:00

Que se passe dans le marché des fusions et acquisitions? En conversation avec Droit-inc, une pro décortique la situation…

Tricia Kuhl. Source: Blake, Cassels & Graydon
Tricia Kuhl. Source: Blake, Cassels & Graydon
Tricia Kuhl est associée chez Blakes à Montréal, et a l’habitude de conseiller des entreprises canadiennes et internationales relativement à des fusions et acquisitions, des désinvestissements, des placements de capital-investissement, des réorganisations d’entreprises, des coentreprises, des alliances stratégiques et d’autres opérations commerciales.

Droit-Inc a souhaité en savoir plus auprès de la Barreau 2000, qui axe sa pratique sur les secteurs des sciences de la vie, de la technologie, du cannabis, des produits alimentaires et embouteillés et des produits cosmétiques.

Est-ce que le secteur des fusions et acquisitions se porte bien en général ?

En ce moment, c’est vrai qu’il y a une baisse dans ce qu’on voit, côté fusions et acquisitions, mais il y a quand même certaines transactions plus stratégiques qui se font.

On voit une consolidation dans certains secteurs, notamment dans tout ce qui est alimentaire et en sciences de la vie. Dans le secteur des professionnels de la santé, des dentistes, des pharmaciens, des médecins, il y a du mouvement.

Que pouvez-vous dire spécifiquement sur le secteur alimentaire ?

Pour le moment, on voit une continuité de ce qu’on a vu l’année passée, c’est-à-dire qu’on n’a pas encore vu d’augmentation significative en 2023 dans ce secteur. C’est dû à l’incertitude causée par la guerre en Ukraine, par la hausse des taux d’intérêt, les pressions inflationnistes, le manque de main d’œuvre, et, surtout dans ce secteur-ci, les perturbations des chaînes d’approvisionnement.

Cela cause beaucoup d’incertitude dans le marché. Les investisseurs attendent le bon moment pour qu’il y ait plus de stabilité pour les prix, afin d’avoir une meilleure visibilité sur la valeur d’une entreprise.

Comment envisagez-vous l’avenir sur ce plan ?

Je suis optimiste, je crois qu’on va voir des grandes compagnies viser de plus petites entreprises pour diversifier leur offre. Par exemple, on voit des tendances dans le secteur alimentaire pour des produits plus locaux, plus santé, il y a plus de fermes verticales… Il y a une concentration sur la technologie qui commence à infiltrer ce secteur.

Je pense que les grandes compagnies vont viser des compagnies technologiques qui pourront les aider à diversifier le type de produits et de services offerts, comme des applications pour la livraison de nourriture… Soit des restaurants, soit des supermarchés par exemple.

Il y a aussi l’ajout des robots à la préparation des ingrédients de base, on va voir je pense un investissement accru à ce niveau.

La raison pour laquelle je suis aussi optimiste est que la nourriture et les boissons sont des biens essentiels, donc ça va continuer à susciter l’intérêt des investisseurs. Les consommateurs ont besoin de ces biens essentiels.

Et surtout en Amérique du Nord, ils sont aussi de plus en plus exigeants au niveau des emballages. Avec le changement climatique, il y a plus de pression pour avoir des produits ayant des emballages plus favorables à l’environnement. Il y a aussi de la demande pour des produits sans viande, par exemple. Je crois qu’il va y avoir beaucoup d’activités dans ce secteur.

Et dans les autres secteurs, que se passe-t-il ?

C’est toujours au ralenti. Les transactions sont plus lentes au démarrage, il y des discussions entre les parties qui sont en général plus longues, comme elles cherchent une stabilité qui ne vient pas nécessairement vite dans le marché.

Aussi, souvent, il y a des interruptions, puis quelques semaines plus tard, à nouveau un intérêt à poursuivre la transaction. Les transactions prennent plus de temps à se conclure et plusieurs d’entre elles débutent mais n’aboutissent pas. C’est une période incertaine qu’on vit en ce moment en général.

Il y a toujours des exceptions, et certaines transactions vont à pleine vitesse. Mais je trouve que depuis quelques mois, on voit un ralentissement. La tendance qu’on a vue fin 2022 continue, on ne voit pas le même volume de transactions qu’en 2020/2021. Les volumes et les valeurs étaient alors très hauts.

Mais il y a de l’excès de capital qui va devoir être déployé, donc j’imagine que cet automne, ça pourrait repartir. Sinon, ce sera en 2024.

Qu’est-ce qui vous tient le plus occupée actuellement au niveau des fusions et acquisitions ?

On vient de clôturer une transaction dans le domaine de la propriété intellectuelle, c’est un secteur qui se porte bien, et la technologie également. Je trouve que c’est essentiel aux entreprises de faire leur transformation numérique pour être capables de livrer des services dans n’importe quelle industrie, en ligne.

En santé, on voit une énorme poussée vers la modernisation de tout ce qui concerne la technologie. Il y a de l’activité.
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