Carrière et Formation

Un avocat de proximité!

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Camille Dufétel

2023-10-23 14:15:00

Un jeune avocat qui se démarque parmi les potentiels leaders de demain raconte à Droit-inc son quotidien dans un Centre de justice de proximité.

Me David Searle. Source: LinkedIn
Me David Searle. Source: LinkedIn
Me David Searle travaille au Centre de justice de proximité Grand Montréal depuis son assermentation en 2018 et le moins que l’on puisse dire est qu’il s’y sent très épanoui.

L’avocat, qui figure sur la liste des potentiels leaders de demain établie par le Jeune Barreau de Montréal dans la catégorie pro bono/implication sociale, rencontre chaque jour le public dans des domaines de droit de proximité.

Le service dans lequel il travaille existe depuis une dizaine d’années. On y propose de l’information juridique gratuite auprès de notaires et d’avocats sans rendez-vous, soit en personne, soit sur liste de rappel au téléphone. Du lundi au jeudi, les personnes se déplacent, et il n’y a pas de critère de revenus pour y avoir accès.

« On a beaucoup de références du Palais de justice, des institutions gouvernementales et autres, pointe l’avocat. Ce qui est très intéressant, c’est que comme il y a une professionnalisation de ce service, des outils se développent pour les citoyens. Mais ultimement, on ne règle pas les problèmes pour eux. Il y a quand même des limites. En bon français, notre objectif est ‘l’empowerment’, c’est-à-dire donner des outils aux gens pour qu’ils puissent voler de leurs propres ailes. »

Me Searle, qui travaille entouré d’une dizaine d’avocats, rappelle d’ailleurs qu’il existe des centres de justice de proximité dans presque toutes les régions du Québec, et que de nouveaux centres s’apprêtent à ouvrir en Abitibi-Témiscamingue et en Estrie.

Enjeux du quotidien

Concernant les thématiques pouvant être abordées par les citoyens, elles diffèrent légèrement selon les différents centres. « Presque tous les sujets sont couverts, souligne l’avocat. À Montréal, avec notre volume, on ne donne pas d’outils dans certains enjeux liés à l’immigration comme les demandes d’asile, de parrainage… On va référer ailleurs. Autre enjeu qu’on ne couvre pas, c’est si on veut contester des accusations au criminel. On se dit absolument civilistes. »

Les citoyens peuvent par exemple aborder auprès de l’avocat une problématique liée à une perte d’emploi, à une rupture, à un problème avec son logement, à un achat important… « On voit des gens en détresse ou dans un état émotionnel agité, probablement comme la plupart des avocats… Mais c’est un grand privilège de pouvoir leur offrir un soutien dans des domaines qui peuvent être plus difficiles à rentabiliser en pratique privée ».

Pour lui, ce choix de carrière constitue un mélange parfait entre curiosité intellectuelle et connexion avec autrui. « On est amené tous les jours à attaquer de nouvelles questions juridiques, c’est vraiment ahurissant, lance-t-il. Mais aussi à rencontrer tous les jours de nouveaux êtres humains, qui peuvent être charmants et peuvent ne pas l’être. »

L’avocat, qui dit avoir presque la larme à l'œil en le disant, réalise qu’il a vraiment évolué comme personne depuis qu’il travaille dans ce Centre de justice de proximité.

« Je suis entré en droit un peu par accident, comme beaucoup de gens, se souvient le diplômé de McGill. J’ai beaucoup aimé mon expérience à la Clinique d’information juridique de McGill, qui m’a fait comprendre que je pouvais y trouver ma place dans le fait de pouvoir aider les gens dans leur quotidien, dans des enjeux qui sont très importants pour eux et sur lesquels on s’attarde peut-être moins dans la pratique privée. »

Il a travaillé au Centre de justice du Grand Montréal pendant deux étés et avait au départ l’intention d’aller en litige. Il a ensuite effectué son stage du Barreau à l’Aide juridique à Montréal, au civil.

Connexion

« J’étais très impressionné par l’excellence de mes collègues, mais j’ai réalisé que je voulais m’investir plus dans les rencontres que je faisais, explique-t-il. On peut comparer un centre de justice un peu à une clinique médicale, où on rencontre des personnes et où on peut faire un diagnostic, dans un certain sens. Mais on ne va pas procéder à l’opération, comme à l’Aide juridique. »

S’il juge essentielle l’existence de l’Aide juridique, il sent que ses compétences en termes de connexion avec le public se reflètent davantage au Centre de justice. « On les aide à cheminer dans leur vie », remarque-t-il.

Il imagine l’exemple d’un parent ayant un fils d’une vingtaine d’années vivant toujours chez lui, ne voulant pas travailler ni quitter la maison.

« Mon rôle est de recevoir la personne qui est en détresse, mais aussi de lui parler de ses différentes options. Ça se peut que la personne m’ait mentionné quelque chose qui pourrait constituer un crime, ça se peut qu’elle souffre de problèmes de santé mentale… Si on veut rester strictement au civil, il y a des démarches qu’on peut faire pour forcer l’expulsion de cet enfant majeur de sa maison… »

Me Searle aime aussi pouvoir faire mention de différentes ressources communautaires, par exemple pour aider un proche aidant, ou une personne qui va mal à briser son isolement…

Droit du logement

L’avocat est par ailleurs chargé de cours en droit du logement à l’UQÀM, et le sera aussi à McGill dès janvier 2024. « Pour moi, c’est la réalisation d’un rêve de pouvoir enseigner et rendre concrètes les expériences et les connaissances qu’on accumule en travaillant dans ce domaine, pour les étudiants. »

Cette expertise lui a d’ailleurs donné envie de développer une ressource en ligne, pouvant être partagée avec différents acteurs dont des cliniques.

« Avec mes charges de cours, je suis en mesure d’encourager les étudiants à publier des recherches d’intérêt pour la communauté juridique de proximité, précise-t-il. J’ai lancé Justice décodée l’an dernier, et c’est quand même un succès, on a plus de 200 personnes par mois sur le site. Pour moi c’est beaucoup parce que je ne vise pas nécessairement le grand public, mais éventuellement des intervenants communautaires. Je suis très fier de cela. »

Sur cette plateforme, les publications portent presque exclusivement sur le droit du logement, un domaine avec beaucoup de jurisprudence, mais très peu de doctrine, d’après l’avocat. « J’utilise un peu mon rôle de chargé de cours pour nourrir la doctrine avec le travail des étudiants ».

Le droit du logement est l’un de ses domaines phares, parce qu’on y retrouve selon lui des questions juridiques intéressantes et des enjeux très interpellants. « On est dans un des enjeux les plus essentiels dans la pyramide de Maslow et quand on a un défi là-dedans, c’est certain que ça interpelle. »

En toute humilité, il dit faire tout ce qu’il fait grâce à de fantastiques mentors qui l’ont encouragé et soutenu dès ses débuts!
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1 commentaire

  1. Anonyme
    Anonyme
    il y a 9 mois
    Besoins urgents à Rosemère !
    La Ville de Rosemère, l'avocat qui la représentait, et un juge de sa Cour municipale, sont visiblement incapables de comprendre qu'un règlement sur l'affichage commercial et applicable dans les endroits zonés commercial n'est pas applicable aux pancartes de protestation d'un citoyen devant sa maison.

    Dans un état normal le procureur de la ville serait condamné à des frais importants et ensuite l'objet d'une restriction de pratique.


    https://www.journaldemontreal.com/2023/10/22/pancartes-controversees--un-citoyen-de-rosemere-reussit-a-faire-annuler-ses-13-contraventions

    https://www.canlii.org/fr/qc/qccs/doc/2023/2023qccs3895/2023qccs3895.html

    https://www.canlii.org/fr/qc/qccm/doc/2022/2022qccm32/2022qccm32.html

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