Les audiences publiques sur la transaction de 3,4 milliards $ se poursuivront jusqu'à la fin de la semaine.

Les conseillers ont demandé à Janet Lo, conseillère juridique du Public Interest Advocacy Centre (PIAC) si la combinaison Bell-Astral pouvait être bonne pour les consommateurs.

Mme Lo a indiqué que Bell l'a déçue dans ses réponses fournies aux questions du CRTC à propos des tarifs.

«Nous avons été surpris, a dit l'avocate, lorsque le président du CRTC a posé la question à Bell, qui n'a pas pris d'engagement sur les prix. Ceux-ci ont monté depuis un an. Je pense qu'il faut probablement imposer des obligations aux distributeurs intégrés. L'industrie est un oligopole qui pourrait agir de concert en ce qui concerne les prix.»

L'avocate Janet Lo s'est dite déçue des réponses de Bell face aux questions du CRTC à propos des tarifs
L'avocate Janet Lo s'est dite déçue des réponses de Bell face aux questions du CRTC à propos des tarifs
Selon le raisonnement de Janet Lo, l'offre intégrée de télé, d'internet et de mobile donne trop de pouvoir aux géants des télécommunications, aux dépens des clients qui n'osent pas toujours négocier ou changer de fournisseur.

«Ils attachent les clients avec des forfaits de trois services et ils augmentent les prix par la suite, a indiqué Mme Lo. Ce n'est pas comme cela que la concurrence doit fonctionner. Les prix des distributeurs dépassent l'inflation. L'intégration verticale devrait dégager des économies qui seront transférées au consommateur. Ce n'est pas ce que nous voyons.»

La conseillère juridique estime aussi que plus Bell contrôlera des chaînes spécialisées, plus elle sera en mesure de diminuer les choix offerts aux consommateurs.

Les représentants du CRTC ont toutefois mis en doute ce point de vue et avancé que la transaction pourrait plutôt équilibrer la concurrence entre Bell et Québecor au Québec.

«Non, a soutenu Janet Lo. Ça n'aurait peut-être pas un effet tout de suite, mais nous pensons qu'à long terme, les Québécois ne profiteront pas de meilleurs prix avec l'intégration verticale. Les clients ont besoin d'une concurrence vigoureuse. Si vous dites oui à cette transaction, cela n'arrivera pas.»

Le PIAC prenait la parole au nom d'une série d'associations, dont Option consommateurs au Québec. Lors de la présentation initiale de mardi, l'organisme a estimé que l'intérêt public passait par une diversité de voix dans le monde des médias.

Janet Lo a affirmé que «les conditions de licence ne nous protégeront pas contre l'incitatif de Bell à agir de façon anticoncurrentielle en exigeant des tarifs déraisonnables ou en imposant des conditions qui minent la capacité d'une concurrente d'offrir de meilleurs prix ou de meilleurs forfaits».

Depuis l'an dernier, les associations de consommateurs estiment que l'intégration verticale des médias et télécommunications va déjà trop loin et qu'il faut empêcher Bell d'acheter Astral.