Aimee Craft, ancienne présidente de la Section nationale du droit des autochtones de l’association
Aimee Craft, ancienne présidente de la Section nationale du droit des autochtones de l’association
Les violences dont sont victimes les femmes autochtones sont une des préoccupations actuelles de l'Association du Barreau canadien (ABC). Et l'organisation ne manque pas de critiquer le rapport du Comité spécial de la Chambre des communes sur la question rendu le 7 mars dernier.

Pour l'ABC, le comité a littéralement «raté une coche» en omettant de prôner une enquête publique nationale sur les femmes autochtones assassinées ou portées disparues.

Considérant que l’égalité n’est pas assurée dans la réalité canadienne d’aujourd’hui, Aimee Craft, l'ancienne présidente de la Section nationale du droit des autochtones de l’association, a rappelé que «l’ABC milite pour la primauté du droit – pour garantir le même bénéfice de la loi et la même protection en vertu de la loi à toutes les personnes, y compris les femmes autochtones».

Dans une lettre adressée en octobre 2012 à Rob Nicholson, alors ministre de la Justice, puis dans le cadre d'une résolution adoptée en février 2013, l'association avait exhorté le gouvernement fédéral à ouvrir une enquête nationale sur les enjeux de fond entourant les meurtres et les disparitions de femmes autochtones et à travailler avec leurs collectivités.

Pour l'ABC, le rapport du comité de la Chambre des communes ne répond pas aux causes profondes du problème. «La sensibilisation et l’éducation publiques sont certes importantes, mais nous espérons qu’une enquête nationale se penchera sur des solutions pratiques qui aideront à rompre les cycles de violence intergénérationnels qui sont destructifs pour les femmes autochtones, et qu’elle fera toute la lumière sur le problème des femmes autochtones portées disparues et assassinées», poursuit M. Craft.

Parmi ses demandes, l'ABC sollicite notamment du gouvernement fédéral l'adoption d'une stratégie nationale consacrée à la lutte contre la violence à l’endroit des femmes autochtones et le financement de programmes visant à régler les cas de violence, d’inégalité et de violation des droits de la personne.