Me Gabrielle Gauthier qualifie de sexiste la décision d'un juge de refuser le report d'une cause pour qu'elle puisse être présente à l'audience
Me Gabrielle Gauthier qualifie de sexiste la décision d'un juge de refuser le report d'une cause pour qu'elle puisse être présente à l'audience
Le juge Bruno Leclerc de la Cour du Québec a refusé de reporter la cause de Mélanie Galipeault, accusée de vol de sac à main et de documents, qui souhaitait attendre le retour de congé de maternité de son avocate, Me Gabrielle Gauthier.

L'avocate criminaliste qualifie de « sexiste » cette décision qui « ne prend pas en compte la réalité d'aujourd'hui » et « brime le droit de (sa) cliente à l'avocat de son choix », un « droit inscrit dans la Charte. », rapporte La Presse .

Indisponible, le juge avait reporté au 16 juin les plaidoiries sur la peine initialement fixées au 23 mai. Mais Me Gauthier n'avait pu se présenter à l'audience car elle était sur le point d'accoucher en juillet.

Le magistrat a refusé d'attendre le retour de congé de maternité de l'avocate en janvier 2015 pour fixer une nouvelle date d'audience, et a ordonné qu'elle ait lieu jeudi.

« Il n'est pas question de reporter à l'hiver 2015 un dossier de vol de sac à main et de documents, dossier pour lequel les représentations nous semblent plutôt simples à faire », indique le juge Leclerc dans sa décision.

Décision « sexiste » contestée

La cliente de Me Gauthier qui veut éviter la tenue de l'audience jeudi, conteste cette décision devant la Cour supérieure.

« Au Québec, les congés de maternité devraient être respectés. Je ne vois pas pourquoi je confierais ma cause à un avocat que je ne connais pas et qui ne connaît pas mon dossier, alors que Me Gauthier a toujours fait un excellent travail et que je lui fais entièrement confiance », a exprimé l'accusée.

Selon Me Neil Demmerle qui plaidera la requête pour empêcher la tenue de l’audience « c'est désolant qu'en 2014 on nie le droit d'une femme à prendre son congé de maternité ».

L'avocat compare cette décision à l'attitude « intrinsèquement sexiste » du juge Jean-Guy Boilard envers une avocate de la défense, Me Élise Pinsonneault, dans une affaire criminelle où la Cour d'appel vient d'ordonner un nouveau procès en raison du comportement du magistrat.

Le juge Leclerc contacté par La Presse n'a pas rappelé, tandis que la directrice des communications du Barreau du Québec, France Bonneau, a refusé de commenter « par souci de préserver la sérénité des débats ».