Patrick Poulin, avocat pour le cabinet Bishops aux Îles Turques-etCaïques
Patrick Poulin, avocat pour le cabinet Bishops aux Îles Turques-etCaïques
Le Département de la Justice américain et l’Internal Revenue Service (IRS), l’autorité fiscale aux États-Unis, viennent d’annoncer qu’Éric St-Cyr, 50 ans, et Patrick Poulin, 41 ans, ont été condamnés tous les deux à 14 mois d’emprisonnement après avoir été piégés par deux agents doubles américains.

Les Américains s’étaient présentés à eux comme des fraudeurs qui désiraient blanchir l’argent issu d’une escroquerie bancaire.

St-Cyr, le propriétaire de la firme de gestion Clover Asset Management aux Îles Caïmans, et Poulin, avocat pour le cabinet Bishops aux Îles Turques-et-Caïques, et un associé américain de St-Cyr, Joshua Vandyk, ont été accusés en mars. Ils ont plaidé coupables en juillet aux accusations de blanchiment d’argent.

Selon une entente relative à leur plaidoyer de culpabilité, les trois hommes ont comploté pour cacher et déguiser la nature, le lieu, la source, la propriété et le contrôle de ce qui était considéré comme le profit d’une fraude bancaire de 2 millions de dollars.

« Vandyk et St-Cyr ont investi les fonds blanchis pour le compte des clients et ont mentionné que les fonds ne seraient pas visibles au gouvernement américain », souligne le Département de la justice.

Selon le chef des enquêtes criminelles à l’IRS, les condamnations obtenues devraient envoyer un message clair aux hommes d’affaires qui bâtissent des modèles d’affaires pour contourner la loi fiscale. « Ceux qui sont impliqués dans ce type de crime : nous allons vous trouver », a prévenu Richard Weber.

Il se vantait

Notre Bureau d’enquête avait rencontré Éric St-Cyr aux Îles Caïmans en mai 2013, dans le cadre d’un reportage sur les paradis fiscaux. L’homme d’affaires s’était vanté d’avoir passé son taux d’imposition de 54% à 0% en s’installant dans la petite île des Antilles. « Quand tu ne paies plus d’impôt, ton revenu explose! » disait-il.

Il avait aussi dit qu’il n’acceptait pas de clients américains, à cause de la réglementation trop contraignante.

Il semble au contraire, selon le dossier de cour, que St-Cyr acceptait l’argent d’Américains pourvu qu’ils passent par d’autres destinations avant d’arriver à lui.

St-Cyr avait aussi reconnu lors de l’entrevue avoir des clients canadiens.

L’homme d’affaires, au teint bronzé et à l’air décontracté, assurait ne rien faire d’illégal.
« Il y a de la corruption ici aussi, mais au moins tu gardes ce que tu as dans tes poches », disait-il.