Le procès intenté par Guy Lafleur a débuté
Le procès intenté par Guy Lafleur a débuté
Aussitôt commencé, le procès civil a failli être reporté, puisque l'avocat de M. Lafleur souhaite amender sa poursuite.

Il veut alléguer en plus que la Couronne a omis de transmettre un document crucial pour la défense de son client, ce qui peut constituer une faute grave, puisqu'elle est tenue de dévoiler toute la preuve.

"Toutes les garanties constitutionnelles ont été violées, a déclaré Jacques Jeansonne, l'avocat de Guy Lafleur. Et mon client est passé 'au cash'".

Les procureurs en défense ont vivement protesté: puisque la poursuite allègue de nouvelles fautes, ils disent avoir besoin de temps pour se préparer. Le juge André Wery a toutefois tranché: il n'y aura pas de report du procès, mais celui-ci pourra être allongé. Il décidera plus tard si la demande de M. Lafleur peut être amendée.

Ce procès découle des procédures criminelles qui ont été intentées dans le passé contre Guy Lafleur. La Couronne l'avait accusé d'avoir offert des témoignages contradictoires à la Cour, dans la cause criminelle de son fils Mark, accusé de diverses infractions.

Lors de sa remise en liberté, Mark devait résider au centre l'Exode. Lors de sorties de fin de semaine, il demeurait chez ses parents. À deux occasions, il a passé une nuit à l'hôtel, avec sa petite amie.

Me Jacques Jeansonne, avocat de Guy Lafleur
Me Jacques Jeansonne, avocat de Guy Lafleur
Lors d'un premier témoignage dans la cause de son fils, M. Lafleur n'a pas parlé de ces deux nuits passées à l'hôtel. Lors d'un second témoignage, il le mentionne. Se faisant confronter à cette divergence, M. Lafleur réplique que personne ne lui avait demandé la première fois et aussi qu'il croyait que les seules conditions pour son fils lors des sorties étaient de respecter un couvre-feu et aussi de ne pas consommer d'alcool et de drogues. Mark téléphonait une fois arrivé à l'hôtel et ainsi, M. Lafleur disait qu'il savait qu'il était rentré à l'heure prévue. Ces conditions n'avaient jamais été expliquées à M. Lafleur et il n'en avait pas reçu copie, a-t-il dit.

Condamné en Cour supérieure, Guy Lafleur a toutefois été blanchi par la Cour d'appel en 2010.

Dans son jugement, la Cour d'appel écrit que la Couronne n'a pas prouvé l'infraction reprochée et même que cette obligation pour Mark de dormir chez ses parents n'existait pas du tout.

Lundi matin, Me Jeansonne a dit avoir mis la main la semaine dernière sur la liste écrite des conditions où n'apparaît pas la contrainte de dormir chez ses parents. La Couronne avait en sa possession ce document, mais ne l'aurait pas transmis aux avocats de M. Lafleur, a-t-il allégué lundi matin en Cour.

M. Lafleur dit avoir vécu des années d'enfer lors de sa cause criminelle qui a été hautement médiatisée. Il allègue entre autres que la police a bâclé son enquête et que la Couronne s'est acharnée sur lui.

Il poursuivait initialement pour plus de 3,5 millions $ mais a réduit sa réclamation d'environ un million de dollars lundi matin pour un total de 2,16 millions $, notamment pour dommages moraux et dommages punitifs.

L'ancien joueur vedette du Canadien sera le premier à donner sa version des faits lundi. L'ex-premier ministre Jean Charest doit aussi témoigner mais par une déclaration écrite déposée au dossier de la Cour. Le juge devra aussi décider s'il autorise le dépôt de documents du FBI.

Présent à la cour lundi, M. Lafleur n'a pas voulu parler aux journalistes.