Le juge Antonio De Michele fait face à la destitution suite à des paroles déplacées prononcées dans l’exercice de ses fonctions
Le juge Antonio De Michele fait face à la destitution suite à des paroles déplacées prononcées dans l’exercice de ses fonctions
Le juge Antonio De Michele fait face à la destitution suite à des paroles déplacées prononcées dans l’exercice de ses fonctions, renseigne La Presse.

Le juge De Michele attribue ses propos et plaisanteries douteuses à un retour trop rapide après un congé de maladie ainsi qu'à un « tempérament agressif ».

Au total, le juge a du se défendre contre quatre plaintes devant un comité de cinq personnes majoritairement composé de confrères juges. La cause a été prise en délibéré. « J'ai disjoncté. Dans ma tête, j'ai littéralement disjoncté, a admis le juge concernant l’un des cas. Ce jour-là, j'ai eu un court-circuit.»

Des précédents

Il ne s’agit pas de la première comparution du juge devant le Conseil de la magistrature.

En 2009, le juge avait été réprimandé par le comité d'enquête du Conseil au sujet d’une attaque verbale à l’encontre d’une justiciable. Comme l’indiquait Droit-inc, le magistrat s’en était pris à la qualité de son français : « Ça, c’est du français élémentaire, ça, Madame. Si, en plus, on est obligé de faire l’éducation du français dans nos salles de cour, on n’est pas sorti du bois.(…) ») et à ses qualités personnelles - « Vous avez peut-être beaucoup de talent, Madame, dans votre domaine,(…) mais malheureusement, la rationalisation devrait être travaillée un peu plus (…) ».

En 2014, le juge De Michele avait questionné des justiciables d'origine africaine sur la possibilité que l’un d’eux ait été en contact avec le virus Ebola, en plus de plaisanter sur le nom de famille Bobo : « Quand on parle de Bobo dans les procédures, c'est vous ? En français, bobo, vous savez ce que ça veut dire ! », avait-t-il lancé en pleine cour.

Devrait-il continuer à siéger ?

« Le juge a déjà été sanctionné, a indiqué Me Michel Jolin, chargé de présenter le dossier au Conseil de la magistrature. On voit aujourd'hui que la leçon n'a pas servi. Je cherche en vain des motifs pour lesquels le juge De Michele devrait avoir la permission de continuer à siéger ».

Me Luc Richard, l’avocat du juge De Michele, affirme quant à lui que l’on n'est pas dans un de ces cas de récidive volontaire ou immédiate, ajoutant que l'un des incidents avait été « monté en épingle ». « Je vois difficilement ... comment on pourrait se retrouver dans un de ces cas où l'on recommande la destitution du juge », a-il ajouté.

La cause est en délibéré.