Me Marie-Josée Neveu de chez Fasken Martineau a été nommée au conseil de la Société du parc Jean-Drapeau
Me Marie-Josée Neveu de chez Fasken Martineau a été nommée au conseil de la Société du parc Jean-Drapeau
Projet Montréal a déposé lundi sa demande au DGEQ après avoir constaté que de nombreux dons au parti du maire provenaient de membres de cette firme.

Selon l'opposition officielle qui a consulté les états financiers des années 2013 et 2014, au moins 21 donateurs du parti du maire Coderre, pour un total de 4700 $, provenaient de cette firme, dont quatre ont été solliciteurs des dons.

«Des membres du cabinet Fasken Martineau ont fait des dons à titre personnel à la campagne de financement de l’Équipe Denis Coderre, conformément à la loi électorale», indique Geneviève Chalifour, responsable des communications chez Fasken Martineau.

Parmi les plus connus du monde politique, on retrouve Raymond Chrétien, avocat et diplomate canadien ainsi que Francis Fox, ancien député et ministre libéral.

«Peut-être que M. Coderre est populaire chez les employés de Fasken Martineau, mais c’est critique. On parle de 21 personnes au sein d’une même firme qui donnent au parti du maire», dit François Limoges, conseiller chez Projet Montréal.

«Gestes nobles»

Au cabinet du maire Coderre, on rappelle que les dons aux partis politiques municipaux sont des «gestes nobles».

«Notre financement est limpide, légal et transparent. Que Projet Montréal fasse sa plainte, que le DGEQ fasse son travail», a indiqué Catherine Maurice, attachée de presse de M. Coderre.

Dans sa lettre au DGEQ, Projet Montréal rappelle que «les travaux de la Commission Charbonneau ont démontré qu’un regroupement important de donateurs au sein d’une même firme représente un risque de financement sectoriel et peut poser des questions au niveau éthique».

«Gérald Tremblay plaidait la transparence, mais ce qu’on voit dans les états financiers d’Équipe Coderre ça ressemble à du financement sectoriel, ça ressemble à des pratiques qu’on a vues à la Commission Charbonneau et qu’on ne veut plus voir», soutien M. Limoges.

Depuis 2013, le gouvernement a mis fin aux contributions qui pouvaient atteindre jusqu’à 1000 $, établissant le maximum des dons aux candidats municipaux à 300 $.

Fasken Martineau dit être prête à collaborer avec le DGEQ s’il souhaite faire des vérifications.

Contrats sans appel d’offres

Me Eric Simard de chez Fasken Martineau représente la Ville sur le conseil de l'Administration portuaire de Montréal.
Me Eric Simard de chez Fasken Martineau représente la Ville sur le conseil de l'Administration portuaire de Montréal.
L’opposition a aussi noté une «reprise de contrats» auprès de cette firme.

«Depuis l’élection du maire, Fasken Martineau a reçu sept mandats de la ville, sans appel d'offres, totalisant 220 500 $, alors que dans le mandat de l’ancienne administration, la firme n’avait reçu qu’un contrat», dit M. Limoges.

Selon la loi sur les cités et villes, Montréal peut accorder des contrats sans appel d’offres pour des services juridiques.

Si le contrat dépasse 100 000 $, il doit par contre être approuvé par le comité exécutif. Les sept contrats n’ont pas franchi cette limite, puisqu’ils se situaient entre 6 545 $ et 50 000 $.

Dans les derniers mois, le financement du parti du maire a soulevé des questions à l’Hôtel de Ville.

M. Coderre a défendu cinq fois depuis le début de son mandat l’embauche de gré à gré de consultants qui l’ont aidé lors de sa campagne électorale en 2013.

Il a également défendu deux élus de son équipe qui ont sollicité des dons auprès de promoteurs immobiliers dont les projets étaient à l'étude par la Ville.

Nominations partisanes

L’opposition s’inquiète aussi de deux nominations qu’elle soupçonne être partisanes.

L’an dernier, Me Marie-Josée Neveu, qui a donné 300 $, en 2013 et 2014, a été nommé au conseil de la Société du parc Jean-Drapeau.

Me Eric Simard, qui a sollicité des dons en plus de contribuer pour 300 $ et 200 $, en 2013 et 2014, représente la Ville sur le conseil de l'Administration portuaire de Montréal.

«On parle de deux personnes, nommées par l’administration, et qui sont rémunérées pour siéger sur ces conseils», souligne M. Limoges.

Me Neveu et Me Simard n’ont pas répondu à nos demandes d’information.