Après avoir passée environ deux ans chez Citoyen Optimum, une entreprise spécialisée en relations publiques, Anik Trudel est retournée à ses premiers amours, le droit. Elle est depuis six semaines la chef de la direction de Lavery. Son principal défi : s’inscrire dans un milieu en pleine mutation.


Un agent de changement

Anik Trudel
Anik Trudel
Il lui en a fallu peu pour « tomber sous le charme » du cabinet Lavery. Anik Trudel, la nouvelle chef de la direction, raconte comment elle a été séduite par la méthode de recrutement du cabinet. « Ils cherchaient “un bâtisseur”… C’est assez rare, une telle mention dans la description d’un poste dans un cabinet plutôt traditionnaliste », souligne-t-elle en assurant : « je n’étais pas nécessairement à la recherche d’un nouveau défi. Mais celui de Lavery était unique, je ne pouvais pas dire non ».

Elle explique avoir été conquise par l’idée de faire partie de la transformation de l’industrie juridique. « Le milieu se redéfinit à cause des besoins des clients, de la nouvelle génération, et de la révolution technologique. J’ai trouvé ça audacieux, courageux et excitant qu’on attende du nouveau chef de s’inscrire dans cette évolution, parce que je me suis toujours perçue comme un agent de changement », détaille-t-elle.

Une femme à la tête d’un cabinet donc. « Dans les années 80, c’était autre chose. Mais j’ai eu la chance d’évoluer dans un milieu où la promotion des femmes était une priorité. Je n’ai jamais eu l’impression d’avoir eu plus à me battre qu’un homme pour réussir, mais je concède qu’il y a encore du travail à faire ».


Trouver sa place

Son premier mandat sera de refaire le plan d’affaires du cabinet. « Je voudrais aussi travailler sur la notoriété du cabinet, car Lavery s’est toujours gardé une gêne par rapport à son caractère robuste et ce sera un plaisir pour moi de mieux faire connaître le cabinet et de le rendre plus visible », dit-elle.

Il est vrai que dans le contexte actuel, pris entre les cabinets d’envergure internationale qui attirent les gros clients, et les plus petits cabinets d’avocats spécialisés, Lavery doit jouer des coudes pour se faire une place.

« On représente tout de même de grosses institutions et on a un beau créneau de PME. Nous avons ces deux territoires qui sont différents mais importants, alors on est un peu entre le grand cabinet et le plus petit cabinet niché. Ce qui nous distingue c’est qu’on a une offre qui sert l’ensemble des secteurs du droits », explique Mme Trudel.

Pour elle, le moment est charnière. Elle sent que les clients, les avocats et les plus jeunes sont désormais plus prêts qu’ils étaient il y a dix ans à faire de la gestion de changement. « Et la dedans, les clients sont la clés. Les transformations doivent se faire main dans la main, avec eux. »

Il semblerait que pour Anik Trudel, les changements dans la pratique ne sont que synonymes d’opportunités à saisir, tant elle les embrasse avec sérénité et confiance.

Et même si elle a quitté le monde du droit pendant plus de dix ans, elle assure être toujours à la page : « le monde juridique n’a pas dramatiquement changé, mais c’est vrai que les clients ont changé et je trouve ça excitant », dit-elle.


Le droit, son premier amour

Avant de passer du côté des relations publiques, Anik Trudel a exercé le droit pendant 20 ans en tant qu’avocate associée chez Stikeman Elliott.

Le droit était bien son premier amour. « J’étais surtout fascinée par le litige, par la notion d’argumentaire, la philosophie du droit… C’est devenu rapidement un coup de cœur, encore plus quand je suis rentrée dans la pratique. La diversité du droit est très riche et stimulante sur le plan intellectuelle et la relation client a été le fil conducteur de ma pratique », explique-t-elle.

Mais « après 20 ans de pratique, on a des choix courageux à faire, et j’ai été interpellée par l’idée de développer d’autres compétences ». Tout en continuant à côtoyer le milieu juridique de près, car elle faisait de la gestion de crise et d’enjeu, Mme Trudel travaille près de six ans chez Edelman. Elle part ensuite chez Gildan, puis Citoyen Optimum où elle reste à chaque fois moins de deux ans.

« Je suis quelqu’un d’assez loyale », assure-t-elle pourtant, en ajoutant que « c’est rare dans la vie qu’on puisse faire le mariage parfait de toutes ses compétences ».

Malgré ses nouvelles responsabilités, Anik Trudel ne compte pas se désengager de ses différentes implications dans le domaine associatif. Elle va rester membre du CA de la Fondation du cancer du sein du Québec, mais va quitter en revanche la présidence du CA du Port de Montréal en juin.

« Quand on a la passion, on trouve du temps. Je crois qu’on a tous une responsabilité à l’égard de nos pairs, des organisations dans lesquelles on s’implique et une responsabilité sociale. J’ai toujours œuvré dans ces trois cercles. J’ai beaucoup d’énergie, alors j’arrive peut-être à faire plus que d’autres personnes... », lance-t-elle.