Sam Glover, du magazine Lawyerist
Sam Glover, du magazine Lawyerist
C'est ce que révèle l'étude longitudinale « Les tendances juridiques 2017 », publiée par les consultant américains en analytique CLIO, qui documentent des milliers d'indicateurs auprès de quelque 150 000 avocats.

Ainsi, l'analyse des heures facturables -et facturées- révèle certaines surprises.

D'abord, sur les huit heures que compte une journée de travail, c'est en moyenne 2,3 heures qui sont consacrées au temps facturable. Mais il y a pire : seulement 1,9 heure est dans les faits facturée au client chaque jour de travail.

La taille du cabinet est un bon indicateur du temps passé à ne pas faire d'argent.

Lorsqu'on tombe dans le détail des données colligées, toujours selon l'étude de CLIO, les heures facturées augmentent avec le nombre d'avocats : pour les autonomes et les praticiens en solo, ce sont 25 % des heures seulement qui peuvent être payées; dans les cabinets de moins de 10 avocats, on parle de 40%; et dès que le seuil des dix avocats est franchi, la proportion augmente à 50 %.

Que font les avocats de leur temps? Toujours selon CLIO, des 5 ou 6 heures quotidiennes non facturables ou facturées, environ la moitié est consacrée aux tâches administratives et cléricales, et un autre tiers est passé à dénicher d'autres clients et à faire du développement d'affaires.

De plus, dans Les tendances juridiques 2017, on retrouve un sondage mené auprès des clients des avocats, à qui l'on demande ce qui les incite à choisir un avocat plutôt qu'un autre.

C'est le bouche-à-oreille et les recherches sur internet qui sont les plus importants conduits pour l'apport de clientèle fraîche, observe CLIO. Quant à la décision d'embaucher un avocat plutôt qu'un autre, c'est le temps de réaction, les consultations gratuites et les tarifs fixes qui sont les meilleurs indicateurs de conversion d'un curieux en client.

Ces constats militent pour que les avocats adoptent quelques réflexes pour se maintenir à flot, croit le chroniqueur Sam Glover, du magazine Lawyerist, dans son analyse de l'étude de Clio.

D'abord, l'efficacité d'un juriste augmente d'autant qu'il est soutenu dans son travail; les avocats solo sont les moins efficaces.
Par ailleurs, l'embauche à prioriser, c'est le personnel de soutien : les tâches administratives et cléricales doivent être déléguées.

Ensuite, le rayonnement de votre nom, le bouche-à-oreille, tout cela doit être pris au sérieux. Beaucoup de mots circulent sur internet, beaucoup de temps s'y passe, il convient donc de se donner une stratégie de contenu pour appuyer son développement d'affaires.

C'est également le signal qu'il faut vraiment, mais alors là vraiment, polir ses talents de gestion du temps et augmenter sa productivité.

Enfin, les clients potentiels veulent une réponse. Tout de suite. « Une politique de réponse dans les 24 heures, c'est très... 1995 », raille Sam Glover.