L’administrateur de Bigfoot Paintball François Gagnon
L’administrateur de Bigfoot Paintball François Gagnon
Le centre Bigfoot Paintball, situé à Saint-Alphonse-Rodriguez, dans Lanaudière, est en cause dans cette affaire. L’entreprise est visée par une demande d’exercer une action collective déposée au Palais de justice de Montréal.

Bigfoot Paintball avait fait les manchettes à l’automne dernier, alors que l’Office de la protection du consommateur (OPC) avait reçu plusieurs plaintes sur ses manières de faire. L’action collective intentée est donc vraisemblablement la suite logique des choses.

Selon la demande, l’entreprise, qui attire des clients en étant présente dans plusieurs centres commerciaux et salons d’exposition, comme le Salon de la moto, organise des tirages dont le prix serait une journée d’activité de paintball. Après quelques jours, elle appellerait les participants en leur disant qu’ils ont gagné le tirage et les invite à choisir immédiatement une date pour participer à l’activité, moyennant des frais de réservation de 30 $ par personne. Ces frais sont prélevés à même la carte de crédit de la personne.

Or, toujours selon la demande, il appert que l’« entrée gratuite » n’inclut pas les balles de peinture, évidemment indispensables pour participer. De plus, même si un joueur décidait de participer sans acheter de balles, il serait impossible de se faire rembourser la somme initiale de 30 $, écrit-on. De plus, les joueurs qui ne peuvent se présenter ne seraient jamais remboursés de leur dépôt.

En somme, cette entrée gratuite ne serait qu’un rabais de 15 $ sur le prix régulier de 45 $, offert à tous les participants au tirage. Pire, pour bien profiter de la journée et ne pas être blessé, il faudrait acheter un forfait à 119 $, ce qu’on n’annonce qu’une fois sur place, déplore la représentante du recours, Kathy Poulin.

On réclame donc le dépôt de 30 $ non remboursé pour toutes les personnes qui l’ont payé et qui n’ont finalement pas pu se présenter, les frais supplémentaires pour le forfait de 119 $, des dommages-intérêts de 500 $ et des dommages punitifs de 100 $, pour toute personne qui a participé à une activité de Bigfoot Paintball après avoir « gagné » une entrée après un tirage de l’entreprise.

Le recours, piloté par l’avocat Philippe Larochelle, se fonde sur la Loi sur la protection du consommateur, et argue que l’entreprise a fait des représentations fausses et trompeuses.

« Rempli de faussetés »

L’administrateur de Bigfoot Paintball François Gagnon, lui aussi visé par la demande en tant que seul dirigeant de la société, nie catégoriquement les allégations de la demande. « C’est rempli de faussetés, martèle-t-il. À la base, n’oublions pas qu’il s’agit d’un recours de quelqu’un qui a perdu 30 $. »

Déjà condamnée

Notons que Bigfoot a déjà été déclarée coupable d’infractions très similaires par l’OPC, en 2016. On lui avait alors reproché d’utiliser un prétexte pour solliciter une vente, de ne pas donner au consommateur la possibilité d’accepter ou de refuser une proposition, de ne pas avoir fait parvenir un exemplaire du contrat conclu dans les 15 jours de sa conclusion et de ne pas avoir divulgué toutes les sommes à débourser au moment de la conclusion du contrat. La peine : 9 014 $ d’amende.