Le bâtonnier du Barreau du Québec, Me Paul-Matthieu Grondin
Le bâtonnier du Barreau du Québec, Me Paul-Matthieu Grondin
Carlos Leitao annoncera son budget demain après-midi. D’ici là, toutes les spéculations sont bonnes à faire quant au montant qui sera alloué à la justice.

« On l’appelle le budget du grand espoir en justice », dit le bâtonnier du Barreau du Québec, Me Paul-Matthieu Grondin, en évoquant un « optimisme prudent ».

Début mars, le bâtonnier avait convoqué la presse pour lister ses revendications : investissements majeurs dans l’informatisation, amélioration de l’aide juridique, modification de la LIVAC

Plus précisément, le Barreau demande 400 à 600 millions de dollars pour une réforme numérique de la justice, 212 millions de dollars pour l’entretien des palais de justice, 23 millions de dollars pour l’accès à l’aide juridique ou encore 15 millions de dollars pour traduire les jugements.

Le bâtonnier réclamait ainsi environ 827 millions de dollars.

Pour lui, le ministère de la Justice est « de bonne foi ». « Je sais qu’ils travaillent fort. Ils sont au courant des problèmes et du manque criant d’investissement dans nos palais de justice par exemple. Il n’y a personne au gouvernement qui dira être satisfait de l’état des lieux », précise Me Grondin.

S’il garde espoir, c’est notamment parce que le gouvernement a fait état de surplus budgétaire après des années d’austérité.

« Mon espoir c’est qu’en ce moment y a de l’argent à Québec et on n’est pas sûr que ça va se reporter à l’année prochaine, donc j’espère de tout cœur que ce sera cette année que le gouvernement va investir massivement dans la justice », dit-il.

Pour faire passer le message, le bâtonnier et son équipe sont allés à la rencontre de la ministre de la Justice et des fonctionnaires du ministère et a participé à des rencontres pré-budgétaires.

Le ministre des Finances Carlos Leitao
Le ministre des Finances Carlos Leitao
« Nous avons aussi parlé avec le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand et aux chefs des autres partis politiques, car nous voulons mettre la justice en premier plan pour qu’elle devienne un enjeu de tous les jours », poursuit-il.

Ainsi, le Barreau a rencontré Véronique Hivon, Jean-François Lisée, Gabriel Nadeau-Dubois et François Legault. « Tout le monde nous a écouté. Le Barreau estime être respecté », assure Me Grondin.

Pour son premier budget à venir en tant que bâtonnier, Me Grondin explique que la réalisation de la liste de doléances du Barreau a été un « gros défi », d’autant plus que l’argent se demande essentiellement au niveau provincial.

« Au niveau fédéral c’est plus politique. On va demander des nominations de juges par exemple », dit-il.