Les juges ne savent pas toujours contrôler leurs émotions.
Les juges ne savent pas toujours contrôler leurs émotions.
On attend des juges de première instance qu’ils soient un modèle d’impartialité, capables de parfaitement contrôler leurs émotions. Pourtant ce n’est pas toujours le cas, comme le rapporte Aba Journal, s’appuyant sur un article de Rewire News.

Et le malheur est que les plus vulnérables font plus souvent les frais de la colère des juges, entre autres les plus pauvres ou encore les victimes de violences sexuelles ou conjugales.

Dans une affaire d’agression conjugale, le juge Kenneth Walker, de l’Oregon, a interrompu à plusieurs reprises la déclaration de la victime, puis est sorti brusquement de la salle d’audience. Le juge était agacé que la victime parlent d’allégations et d’événements qui ne faisaient pas l’objet d’accusations et ne pouvaient donc pas entraîner de condamnations.

Les responsables de la déontologie ont néanmoins conclu qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes pour parler de violation de la conduite.

Mais l’incident a eu l’effet d’une piqûre de rappel pour le juge.

« Je pense que nous devrions rappeler à tous les juges que, même si nous traitons de nombreuses affaires et que c'est assez routinier pour nous, nous devons tenir compte du fait que c'est la chose la plus importante qui se passe dans la vie de cette personne », a-t-il déclaré à l’Oregonian.

De nombreux cas

Rewire News fournit d’ailleurs d’autres exemples de juges qui se sont mis en colère ces dernières années :

  • Le juge municipal Marvin Adames, New Jersey, a fait l’objet d’une plainte en matière d’éthique pour avoir emprisonné une femme qu’il considérait irrespectueuse dans un affaire de locataire. Celle-ci, incapable de payer sa caution, a donc fait de la prison pour outrage au tribunal.

  • Le magistrat Michael Bachman a poursuivi une femme en la pointant du doigt car, selon lui, elle faisait trop de bruit dans les couloirs du tribunal. Elle était en retard pour son audience et s’était mise à pleurer et à se disputer avec un homme. Lorsque le juge l’a rattrapée, il l’a menée fermement dans sa salle d’audience et l’a condamnée à dix jours de prison. Il a démissionné une semaine plus tard.

  • Le juge Jerri Collins, Floride, a reçu une réprimande en 2016 pour avoir emprisonné trois jours une femme en pleurs parce qu’elle n’avait pas comparu en tant que témoin dans une affaire de violences conjugales, arguant qu’elle était trop anxieuse.

  • Le juge Robert Restaino, de l’État de New York, a emprisonné 46 personnes en 2005 parce qu’un téléphone portable sonnait à répétition pendant qu’il écoutait des témoignages de violences conjugales. La Cour supérieure de New York a décidé en 2008 que l’incident exigeait la destitution du juge. Le mois dernier, Robert Restaino a déposé sa candidature pour être maire de New York.