Mes Karine Tremblay et Pénélope Fortin. Photos : Site Web de Ménard, Martin Avocats.
Mes Karine Tremblay et Pénélope Fortin. Photos : Site Web de Ménard, Martin Avocats.
La cabinet Ménard, Martin a déposé en Cour supérieure deux demandes introductives d’instances totalement concernant des erreurs médicales alléguées par des docteurs du système de santé québécois.

La première est soutenue par Me Karine Tremblay. Ses clients, Lyne Ouellet, une femme de 58 ans, et son fils Jean Paquette, allèguent que Mme Ouellet a souffert d’une chirurgie au poumon droit qui n’a pas été réalisée dans les règles de l’art.

Au printemps 2016, Mme Ouellet subit un examen scanner qui dévoile la présence d’un nodule pulmonaire. En rencontre avec un chirurgien en juin suivant, le Dr Pasquale Ferraro prévoit une lobectomie.

La chirurgie a lieu finalement à l’Hôpital Notre-Dame de Montréal en septembre sous les soins du Dr Ferraro et deux collègues, Dr Julien Hubert et Dr Tahiri Hassani, qui l’assistent. Et les problèmes commencent.

Selon ce qui est divulgué dans la demande introductive d’instance, Mme Ouellet a été hospitalisée trois mois dans un « état de conscience altéré ». Dans les semaines qui suivent, on lui diagnostique un choc septique, une perforation oesophagienne et on la soumet à différentes opérations.

Le 20 octobre 2016, Mme Ouellet se soumet à à une bronchoscopie intubée, un lavage bronchoalvéolaire, une oesophagoscopie flexible et décortication de la plèvre droite. Le lendemain, elle est de nouveau soumise à une chirurgie, entre autres pour un lambeau d’épiploon avec greffe de peau, une autre oesophagoscopie flexible, un retrait de stent suivi de labarotomie médiane, et des cures de fistules.

Durant cette opération, on note une « importante perforation de 2 x 3 cm de l’oesophage » de la patiente. Une semaine plus tard, le 28 octobre 2016, elle subit un choc hémorragique massif secondaire à la rupture d’un pseudo anévrisme gastro-oesophagien et se soumet à une embolisation digestive.

Elle obtient son congé de l’hôpital un mois et demi plus tard, le 12 décembre 2016. Mais à ce jour, Mme Ouellet dit subir de « grandes douleurs » et de l’enflure au niveau du ventre, en plus d’avoir « l’impression d’être transpercée par une aiguille constamment », de ne plus pouvoir vaquer à ses activités et d’avoir des difficultés respiratoires.

Elle impute ses difficultés aux erreurs de ses médecins, qui n’ont pas fait les chirurgies « dans les règles de l’art », n’ont pas obtenu son « consentement libre et éclairé » et n’ont pas fait les suivis nécessaires.

Elle réclame donc des Dr Pasquale Ferraro, Julien Hubert et Mehdi Tahiri Hassani, du CHUM et du CIUSSS du Centre-Sud 250 000 $ en dommage non pécuniaires et 5000 $ pour dommages pécuniaires. Son fils réclame pour sa part 30 000 $ en dommages non pécuniaires et 1000 $ en dommages pécuniaires pour le stress subi et les nombreux déplacements qu’il a dû faire pour être au chevet de sa mère.

Un AVC mal diagnostiqué

La seconde poursuite, soutenue par Me Pénélope Fortin, concerne un homme de 50 ans qui s’est rendu à de multiples reprises à l’hôpital pour des douleurs aux membres inférieurs, à l’abdomen et des engourdissements.

Les problèmes de santé commencent en juillet 2016 pour Jean-Yves Ouellet. Il consulte l’urgence du Centre hospitalier de La Mitis pour une douleur à un membre inférieur. On conclut à une fasciite plantaire et une insuffisance veineuse. On lui prescrit des anti-inflammatoires et une orthèse plantaire.

Deux semaines plus tard, ressentant des douleurs abdominales, il retourne à l’urgence. Cette fois, on conclut à des effets secondaires des anti-inflammatoires, le Naproxen. On cesse la prise du médicament et on prescrit un congé médical de trois jours.

Mais voilà que quatre jours après cette visite, le 5 août 2016, M. Ouellet se à nouveau à l’urgence. Cette fois, c’est un engourdissement à la main droite, avec un épisode de 30 minutes de la main prise en position de préhension. On diagnostique la maladie de Dupuytren. On réfère M. Ouellet en chirurgie plastique et on lui prescrit du Celebrex, un autre anti-inflammatoire.

Le 14 août, retour des symptômes aux pieds et retour à l’urgence pour l’homme de 50 ans. Il repart avec anti-inflammatoire. Rien à faire: la douleur est telle que M. Ouellet n’a d’autre choix que de se représenter à l’urgence le 28 août. On le met en arrêt de travail deux semaines, et on lui prescrit encore des anti-inflammatoires, pour une tendinite sous les pieds.

Toujours pris avec des douleurs à la main, M. Ouellet retourne à l’urgence le 5 septembre 2016. Résultat: encore un arrêt de travail et des anti-inflammatoires. Il revient pour un suivi le 16 septembre et reçoit de nouveau des anti-inflammatoires.

Le 20 septembre, le quinquagénaire se présente à l’hôpital avec des symptômes d’AVC. Un électrocardiogramme révèle une situation anormale et on l’envoie de La Mitis à l’Hôpital régional de Rimouski. On lui diagnostique un AVC ischémique pariétal gauche d’allure subaigu. Il demeurera hospitalisé jusqu’au 7 octobre. Entre temps, il subira un deuxième AVC le 27 septembre.

M. Ouellet tient responsables tous les médecins qui l’ont traité de juillet à septembre pour ses malheurs, leur reprochant de ne pas lui avoir prodigué des soins dans les règles de l’art. Il affirme par ailleurs présenter des séquelles physiques et fonctionnelles qui le limitent dans son quotidien, ainsi que vivre avec de l’« angoisse » et des « inquiétudes » face à sa condition.

Il réclame 200 000 $ en dommages pécuniaires et 89 000 $ en dommages pécuniaires.

Son ami de longue date et accompagnateur Rock Miller dit vivre avec « inquiétudes » et « stress » en lien avec les événements. Il demande pour sa part 10 000 $ en dommages non pécuniaires et 1000 $ en dommages pécuniaires.