Les affaires judiciaires ne sont pas toutes dignes des fictions hollywoodiennes, mais elles nous révèlent au moins une chose : les avocats criminalistes et magistrats travaillent dur. COVID-19 ou non.

Voici le tour d’horizon des faits divers de Droit-inc qui met en scène le travail des avocats de chez nous.

Un avocat de Saguenay blâme… la police

Me Jean-Marc Fradette. Photo : Avocats Fradette & Le Bel.
Me Jean-Marc Fradette. Photo : Avocats Fradette & Le Bel.
L’avocat de Chicoutimi Me Jean-Marc Fradette ne mâche pas ses mots.

C’est le moins que l’on puisse dire.

« On va créer des faux articles sur le web, avec des fausses annonces, ces gens-là vont tomber dans le piège donc ils sont carrément absorbés par la Sûreté du Québec », a-t-il dénoncé, d’après l’Agence QMI.

Son client, le cycliste Yvan Truchon fait face, avec six autres personnes, à des accusations de prostitutions juvéniles à Saguenay.

Le Barreau 1987 accuse la police d’avoir hameçonné son clients et les autres prévenus. Selon Me Fradette, son client n’aurait jamais commis un tel crime si la police n’avait pas tenté de piéger des internautes en recourant à une fausse prostituée mineure.

« Ces gens-là n'auraient pas commis un crime, si la police n'avait pas institué les faux messages sur internet de même que les faux appels téléphoniques, les faux textos, et les rencontres dans un motel de Saguenay », a-t-il illustré lors d’un entretien à TVA Nouvelles.

Les individus arrêtés, dont le client de Me Fradette, M. Truchon, font face à des accusations de leurre, notamment.

Un avocat criminaliste « compte partir en guerre »

Me Charles Cantin. Photo : Cantin Boulianne.
Me Charles Cantin. Photo : Cantin Boulianne.
L’avocat criminaliste Me Charles Cantin, disons-le, défend fermement les intérêts de son client, le militaire Éric Duquette.

C’est que Me Cantin rejette le verdict de culpabilité rendu par le juge militaire, le lieutenant-colonel Louis-Vincent d’Auteuil.

Me Cantin a déclaré, en l'occurrence, qu’il « compte partir en guerre », selon Le Quotidien.

Le client du Barreau 1992, le militaire Éric Duquette, a été reconnu coupable d’agression sexuelle en novembre dernier, perdant ainsi son rang de major au profit de celui de capitaine.

Opposés au jugement, Me Cantin et le second avocat de la défense, Me Sylvain Morissette, feront parvenir un avis d’appel du verdict, et s’en remettront ainsi à la Cour d’appel martial.

« Le juge n’a pas pris en compte les faiblesses des trois témoins de la poursuite, qui racontaient des choses contradictoires, mais il a plutôt fait ses propres déductions. Par exemple, il a affirmé qu’un premier touché de la fesse avait été accidentel, mais que c’est le deuxième qui avait été délibéré. Mais certains témoins n’ont jamais parlé de deux gestes. Comment pouvait-il en venir à cette conclusion? », avance Me Cantin, selon Le Quotidien.

Une fois l’avis d’appel envoyé, la défense disposera d’un délai de 30 jours pour rédiger son mémoire. La Couronne disposera d’un délai identique, en prévision des plaidoyers devant la Cour d’appel martial, toujours d’après Le Quotidien.

Procès de Max Aubin : une juge sursaute

Hélène Di Salvo. Photo : Radio-Canada.
Hélène Di Salvo. Photo : Radio-Canada.
La juge de la Cour supérieure, Hélène Di Salvo, n’a pas caché son étonnement.

« Ça fait trois ans et demi qu’il est détenu – et je trouve ça long – et pourtant, ce que je lis à tous les paragraphes (du rapport), ce sont des inquiétudes », a déclaré la magistrate selon TVA Nouvelles.

Max Aubin a assassiné son ex-copine, Mylène Laliberté, en janvier 2017. Il a depuis plaidé coupable à une accusation réduite de meurtre non prémédité.

La juge Di Salvo devait considérer la suggestion de peine commune de Me Stéphanie Arel, de la Couronne, et de Me David Petranic, l’avocat de la défense, en janvier dernier.

Elle avait toutefois décidé de reporter cette étape des procédures, après avoir appris que M. Aubin utilisait un téléphone cellulaire en prison pour entretenir une liaison amoureuse avec une femme souffrant d’une déficience intellectuelle, comme le rapportait Droit-inc.

Devant la suggestion de peine commune de la Couronne et de la défense, la magistrate a semblé perplexe, se permettant, à maintes reprises, d’intervenir lors des plaidoiries de Mes Arel et Petranic, jeudi dernier, au palais de justice de Joliette.

La juge Di Salvio a notamment contesté un argument de Me Petranic, qui a affirmé que son client avait tenté de se suicider en raison des regrets et de la panique qu’il éprouvait après le meurtre de Mme Laliberté.

« Ce n’est pas en preuve devant moi. Vous déduisez ça. Moi, je peux aussi déduire qu’il a peur de la police ou qu’il ne veut pas faire face à la musique », a rétorqué la magistrate, toujours selon TVA Nouvelles.