Me Alain Ricard. Photo : Fasken
Me Alain Ricard. Photo : Fasken
Me Alain Ricard a passé pas moins de 22 ans au sein de Norton Rose Fulbright. Toute sa carrière, en fait : de stagiaire à associé, puis chef canadien de l’équipe Transport de Norton Rose Fulbright.

Il est maintenant associé chez Fasken, et le tout premier leader des pratiques infrastructures et transports du cabinet.

Droit-inc lui a parlé.

Passer de Norton Rose Fulbright à Fasken après 20 ans, c’est tout un changement pour vous!

C’est surprenant quand on est dans le cœur de ça! Ça passe vite. En fait, en faisant le calcul j'en venais à me dire que c'est essentiellement 22 ans!

Effectivement, j’ai fait toutes les étapes chez Norton Rose : le recrutement étudiant, ensuite étudiant, avocat, associé, ensuite les postes de gestion… C’est tourner la page sur 22 ans d'association avec Norton Rose.

Comment on se sent?

On se sent bien! C’est le fruit d'une réflexion murie. Évidemment, la période que l'on vit est propice à une réflexion sur nos objectifs personnels, nos objectifs professionnels, nos valeurs. Dans le cadre de cette réflexion-là, j'ai senti l'appétit pour un nouveau défi et Fasken s’est rapidement imposé à moi dans ma réflexion. C’est là où j'ai voulu inscrire mon avenir.

Pourquoi Fasken?

En fait, on recule un peu! Je parlais de réflexion basée sur mes objectifs personnels, professionnels, mes valeurs. En parallèle, je pouvais aborder cette réflexion avec pleine conscience parce que ma pratique est en pleine effervescence, notamment du fait que les projets d’infrastructure sont en mode de relance, donc il y a de grands besoins.

La plateforme de Fasken était particulièrement bien adaptée à ma pratique. C’est à la fois cette structure bien enracinée au Québec avec une vision cohérente, et toujours en coordination avec la structure nationale, internationale, qui permet l'expression de cette vision adaptée au marché du québec, cette agilité.

Ensuite, il y a l’environnement de travail qui est évidemment au cœur de mon analyse.

Là, j’ai trouvé évidemment l’environnement de travail fondé sur une vision rafraîchissante, qui s'articule par un sens entrepreneurial très aigu, un sens de collaboration, du travail très collaboratif, un dynamisme dans la façon d'aborder à la fois les défis, les opportunités du marché mais aussi la façon de s'organiser à l'interne.

Autour de l'environnement de travail, j'ai vu un très, très grand focus sur les gens. Ce n’est pas un détail! C’est le plaisir de travailler ensemble que l’on cherche, le plaisir de travailler dans un environnement qui nous correspond. On est une structure professionnelle aussi forte que chacun des maillons de l'organisation, et donc ça veut dire être attentif au bonheur des salariés.

Je connaissais plusieurs personnes au sein de l'organisation et j'ai entendu leur témoignage aussi, et leur expérience a contribué à me convaincre.

Est-ce qu'il y a d'autres cabinets auxquels vous étiez intéressé?

Quand je disais tantôt que Fasken s'est rapidement imposé dans ma réflexion, c'est vraiment comme ça que ça s'est passé!

Il faut penser que dans mon domaine, Fasken a vraiment une tradition riche en infrastructures.

Éric Bédard. Photo : Fasken
Éric Bédard. Photo : Fasken
À chaque étape de notre carrière, on ne peut pas les planifier, mais on se rend compte que les expertises diverses se nourrissent les unes des autres. Mon expérience était à la fois de travailler du côté public et à l’occasion du côté privé, et de continuer à développer cette expertise. Fasken a un bagage qui est très similaire au mien en ce sens, donc le mariage était tout à fait naturel.

Je me suis dit très rapidement que c'était le bon endroit pour moi pour rencontrer à la fois ces besoins-là : d’agilité, de vision, d'enracinement au Québec tout ayant une forte coordination avec le reste du Canada voire à l’international, et puis mes valeurs également.

C’est vous ou Fasken qui avez approché l'autre?

C’est une relation qui est tellement spontanée, dans le sens que ce sont des gens que j'ai connus. Comment vous dire ça…

Évidemment, le marché fait en sorte qu'on se côtoie dans chaque dossier, par exemple en financement : dès le début de ma pratique, le cabinet que je croisais le plus de l'autre côté, c’est Fasken.

J'ai toujours eu du plaisir à travailler avec eux. J'ai rencontré Éric Bédard dans toutes sortes d'événements sociaux, il est très présent dans le marché. Carl Tremblay est un ancien collègue à moi que j'ai côtoyé dans ma pratique auparavant.

La renommée de Fasken faisait en sorte que c'est devenu très spontané. C’est le fruit d'abord de ma réflexion, ensuite je dirais d'échanges personnels qui sont soudainement devenus professionnels. C’est devenu très naturel.

Vous étiez chef canadien transport chez Norton Rose Fulbright. Quel est exactement votre nouveau titre chez Fasken?

Je suis leader des pratiques infrastructures et transports, et ça aussi c'est le fruit de différentes discussions, c'est à dire que infrastructures et transports se marient très bien.

Comme vous le voyez, actuellement les grands projets d'infrastructure sont orientés beaucoup sur la mobilité. Il y a divers projets qui s'articulent, au Canada, en Amérique du Nord, dans le monde entier. Mais au Québec en particulier, on peut parler du projet du REM, mené par la Caisse de dépôt, on peut penser à différents projets de tramway qui sont à différentes phases d'étude de préparation.

Il y a le projet de réseau structurant de transport en commun à Québec, le projet de tramway à Longueuil, à Gatineau, il y a des discussions sur l’extension de la ligne bleue, le projet communément appelé la ligne rose qui pourrait prendre diverses formes.

Donc, on sent l'appétit dans tous les marchés, dans toutes les juridictions, mais notamment au Québec, pour la mobilité, pour le transport.

Les grands projets que je viens de vous décrire, ce sont des projets d’infrastructure et de mobilité, et évidemment en infrastructure il y a toutes sortes de projets dont le gouvernement du Québec souhaite accélérer la réalisation : des projets de maisons des aînés, de nouvelles écoles secondaires, le prolongement de la ligne bleue.

Ce sont des projets d'infrastructure qui sont d'un autre ordre, qui ne sont pas nécessairement pûrement en transport. On veut bien les couvrir.

Comment s’est faite l’association avec Fasken sur les projets en cours?

En fait, il y a des projets dans lesquels je suis déjà impliqué. C’est vraiment une rencontre des projets sur lesquels je travaille déjà, et d'autres sur lesquels Fasken a déjà fait des démarches.

Encore une fois, ici l'association est totalement naturelle et spontanée. Pour travailler sur ces dossiers-là, il faut avoir une équipe chevronnée, avec beaucoup de profondeur, où chacun a son rôle bien défini, et où on est en parfaite symbiose, et en parfaite harmonie. C’est vraiment fondamental quand on se présente dans des projets comme ceux-là. Ces projets-là ne sont pas l'affaire d'une seule personne ou d'une ou deux personnes.

Les besoins de chaque projet ne sont pas les mêmes, mais il faut avoir avec nous une équipe entière qui peut se consacrer aux besoins du client pour le projet.

Est-ce que c'est une tendance au Québec de combiner au sein d'un cabinet les pratiques liées aux infrastructures et au transport?

C’est difficile pour moi de vous répondre, sincèrement je n’ai pas fait une analyse!

Il ne nous a pas fallu de livre blanc et un grand processus de réflexion avec les différentes instances pour articuler ça. Ça s'est fait de façon réfléchie, coordonnée et structurée, mais ça s'est fait en se disant : on sent ce besoin-là, on le fait.

Carl Tremblay. Photo : Fasken
Carl Tremblay. Photo : Fasken
À ma connaissance, de regarder les deux pratiques de façon simultanée, c'est quand même assez innovent. Je ne pense pas que ça s'est fait à grande échelle, mais sincèrement, ça va de pair, cette expertise-là.

Vous ajoutez justement les infrastructures à votre expertise dans le transport. Quelle expérience avez-vous là-dedans jusqu'à maintenant?

Sincèrement, c'est la continuité parfaite de ce que je faisais déjà. J’étais déjà très actif en transport, oui, mais l'infrastructure, comme je le disais tantôt, les grands projets de transport sont également des projets d'infrastructure, donc c'est simplement naturel de venir refléter ça.

C'est pour ça que je vous disais ça, ce ne sont pas juste des mots, c'est vraiment une volonté de créer des équipes intégrées qui sont en parfaite communication sur ces différents aspects-là.

Coordonner avec la même personne les équipes de transport et d'infrastructure, je pense que c'est la bonne vision, je pense que c'est la bonne façon de s’arrimer au marché.

En quoi votre rôle va être différent de celui que vous aviez chez Norton Rose Fulbright?

Moi, je le vois sincèrement comme étant un rôle très similaire, c'est-à-dire que je continue à me déployer dans tous les axes de ma pratique. On parle d'infrastructure, de transport, et évidemment je continue d'être actif dans d'autres axes de ma pratique : le financement, le droit commercial, le droit corporatif, les services financiers, en ayant comme opportunité d'intégrer les équipes de transport et d'infrastructure pour le Québec.

C'est vraiment, je dirais, un forum pour nous permettre de développer des bonnes réponses pour le marché, et en plus, on peut le faire en coordination avec l'équipe super chevronnée dans le reste du Canada, dont l'expertise a été saluée de différentes façons dans les dernières années.

C'est vraiment un focus québécois mais sans se fermer à des occasions de travail dans le sol canadien, et même à l'international, parce que Fasken est également très actif dans des projets à l'extérieur des frontières canadiennes, en particulier aux États-Unis.

Est-ce que vous faisiez déjà des projets aux États-Unis dans votre pratique?

J’ai travaillé sur des projets à l’étranger, notamment en Australie et aux États-Unis. L’Australie est un marché qui a beaucoup évolué au diapason du marché canadien.

C'est la même chose d'ailleurs pour les projets à l’extérieur du Québec, il ne faut pas aborder ces projets-là avec des oeillères. Ce qu'on travaille dans notre marché principal est utile à l’étranger, et ce qu'on travaille et qu'on découvre à létranger vient également alimenter notre travail quand on revient dans des mandats par exemple au Québec ou au Canada.

Il faut vraiment garder les yeux ouverts à ces différentes occasions-là, et nos clients font la même chose.

Le poste de leader des pratiques infrastructure et transport, est-ce que ça existait déjà ou ça a été créé pour vous?

C'est vraiment le fruit de la réflexion qu'on a faite avec les associés directeurs que je mentionnais tout à l'heure, Éric et Carl.

On a cherché à développer une stratégie commune en infrastructure et transport. Ce qu'on est juste venus faire, c'est articuler une vision et mettre en place une façon de faire pour répondre aux besoins d'un marché qui est en ébullition. Ça s'est fait également de concert avec nos collègues du reste du Canada qui déjà ont fait le même travail.

Donc au reste du Canada, Fasken a déjà fait cet exercice-là, de combiner ces deux pratiques?

En fait, ça s'est fait en simultané. Eux, ils avaient déjà également cette équipe d’infrastructure, mais quand on s'est assis entre nous et qu’on a voulu statuer sur notre vision des infrastructures et des transports, on l’a partagée également avec nos collègues du reste du Canada.

C’est quand même merveilleux; vous avez participé avec votre cabinet à la création du poste idéal pour vous!

(Rires)

Comme je vous dis, ce n'est pas tant une question de poste! Je pense qu'il ne faut pas voir les postes en cabinet comme étant une étiquette qu'on devrait rechercher. Le poste doit servir l'intérêt des clients à la fin dans un marché donné, et c'est exactement ce qu’on a fait.

Ce n’est pas tant un poste qu’une équipe, et à quoi sert l'équipe, c'est de s'assurer qu'on est en tout temps informé des développements dans une industrie.

On ne peut pas aborder un projet d'infrastructure, de mobilité urbaine comme un projet de train léger sur rail, ou un projet de tramway sans avoir développé une connaissance de l'industrie, de la technologie et des défis que ces projets-là impliquent.

C’est précisément ça, l'objectif derrière la création ou la coordination des deux équipes : c'est de s'assurer d'une connaissance aiguë du marché, de l'industrie, et de façon à être en tout temps pertinent aux besoins des clients.