Rosalie Abella est la première juriste canadienne à être ainsi reconnue par Harvard. Photo : Site web de la Cour suprême du Canada
Rosalie Abella est la première juriste canadienne à être ainsi reconnue par Harvard. Photo : Site web de la Cour suprême du Canada
Rosalie Abella, juge de la Cour suprême du Canada, est nommée professeure invitée à la chaire de droit Samuel et Judith Pisar de la Harvard Law School.

La juge Abella est internationalement connue pour ses décisions et ses théories sur l'égalité, les droits de l'homme et le droit constitutionnel, relève le Harvard Law Today.

La juge Abella est la première juriste canadienne à être nommée à une chaire de la Harvard Law School. Elle remplira un mandat de trois ans à compter du 1er juillet 2022. Elle dirigera des ateliers, des séminaires et des groupes de lecture sur le droit comparé, les droits de l'homme et le rôle des juges dans une démocratie.

Rosalie Abella a été nommée juge à la Cour suprême du Canada en 2004. Elle prendra sa retraite cette année. Elle aura été la juge ayant servi le plus longtemps dans l’histoire du Canada.

La juge Abella a apporté « des contributions révolutionnaires au droit au cours de ses 50 ans de carrière, notamment dans les domaines des droits de la personne, du droit constitutionnel, de la réforme du droit, des droits du travail, du droit de la famille, du droit international, du droit administratif et de la formation des juges », salue le Harvard Law Today.

« La juge Abella est une juriste brillante, respectueuse des principes et influente, qui a également mené une carrière historique au service du public en dehors de la Cour, notamment en définissant les droits à l'égalité en matière d’emploi, souligne John F. Manning, doyen et professeur de droit à la Harvard Law School. Elle apportera sa grande expérience, ses connaissances, sa sagesse et son engagement en faveur de l'égalité des droits à la salle de classe et à son engagement envers l'ensemble de la communauté de la HLS. »

Fille de survivants de l’Holocauste, Rosalie Abella est née dans un camp de déplacés en Allemagne. Sa famille est arrivée au Canada comme réfugiés en 1950. Après sa formation en droit, elle a connu une ascension professionnelle qui l’a mené en 1984 à présider la Commission royale sur l’égalité en matière d’emploi, qui visait à promouvoir les possibilités d'emploi pour les femmes, les autochtones, les personnes handicapées et les minorités visibles. Son rapport recommande d’importantes mesures pour lutter contre les inégalités en milieu de travail.

La Cour suprême du Canada reprend ses idées en 1989 dans sa première décision sur les droits à l'égalité en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés.

Rosalie Abella a inventé le concept d’équité en matière d’emploi, qui a transformé la jurisprudence régissant les droits à l’égalité à la Cour suprême du Canada. « Cette idée a influencé les lois et les politiques en Nouvelle-Zélande, en Irlande du Nord et en Afrique du Sud - et alimente les activités de plaidoyer en cours aux États-Unis », relève Martha Minow, professeur de droit à l’Université de Harvard, citée par le Harvard Law Today.