Sophie Tremblay et Ryan Hillier fêtent les 5 ans de Novalex. Source : Site web de Novalex et Shutterstock
Sophie Tremblay et Ryan Hillier fêtent les 5 ans de Novalex. Source : Site web de Novalex et Shutterstock
« Alors, vous ouvrez une clinique juridique, c’est ça ? Vous travaillerez en pro bono le weekend? Vous embaucherez uniquement des étudiants? » Voici le genre de questions que Ryan Hillier et Sophie Tremblay se sont fait maintes fois poser lorsqu’ils ont décidé en 2016 de quitter les rangs de Blakes et de fonder leur propre cabinet.

« Notre modèle d’affaires représentait quelque chose de nouveau et un gros défi communicationnel, avoue Me Hillier. Nous avons avec Sophie créé une structure capable de desservir à la fois des multinationales et de défendre une vieille dame évincée illégalement de son logement, avec des services d’une qualité similaire et fournis par les mêmes avocats. Il y avait de quoi être incrédule. »

Des expertises juridiques variées

Au fil des mois, puis des années, les deux entrepreneurs ont néanmoins réussi à rallier de plus en plus de clients et de collègues à leur cause. S’ils n’étaient épaulés que par deux étudiants au tout début de leur aventure entrepreneuriale, ils peuvent aujourd’hui compter sur une équipe d’une quarantaine de personnes, dont 26 avocats évoluant dans plusieurs sphères de pratique.

Emmanuelle Demers et Azim Hussain.
Emmanuelle Demers et Azim Hussain.
Le cabinet dispose de deux principaux groupes: le litige et le droit des affaires, ainsi que le droit du travail et de l’emploi. Il compte également des sous-domaines en croissance comme le droit immobilier, la propriété intellectuelle, le droit familial, la responsabilité médicale, l’action collective, le droit à l’image et l’atteinte à la réputation, le droit municipal, et le droit pénal et criminel.

L’ensemble de ces expertises est à la disposition des clients privés comme de personnes aux revenus limités – mais qui n’ont pas droit à de l’aide juridique, d’OBNL et d’entreprises sociales auxquelles Novalex offre des services pro bono, à raison d’une heure offerte pour chaque heure rémunérée.

« Nous avons en l’espace de cinq ans cumulé plus de 13 000 heures de pro bono et acceptons en moyenne 150 dossiers reliés à cette branche par an, si bien que nous en gérons des centaines à la fois », explique Me Hillier.

Et est-ce que dans les deux cas, les demandes sont similaires? « Oui, tout à fait. En pro bono, nous répondons à beaucoup de besoins en droit familial, mais accompagnons aussi des OBNL et des entreprises sociales en matière de gouvernance, de contrats et de gestion de la croissance. Elles peuvent ainsi concentrer leur budget dans leur mission et non dans des services juridiques. Et donc décupler leur impact social. »

Dominic St-Laurent et Martin St-Jean.
Dominic St-Laurent et Martin St-Jean.
Choisir Novalex

Si l’on peut comprendre assez aisément pourquoi des personnes ou des structures aux revenus limités se tournent vers Novalex pour les aider sans frais, pourquoi autant d’avocats, souvent issus de grands cabinets, ont choisi de joindre son équipe ?

« On pourrait répondre à cette question par une thèse de doctorat ! dit Ryan Hillier à la blague. Plus sérieusement, je pense qu’un des éléments clés de notre croissance réside dans le fait que nous pouvons compter sur des professionnels qui sont à la fois d’une grande rigueur et d’une grande générosité. Ils transposent donc ici de hauts standards de qualité, tout en revenant à la source de ce qui les a amenés dans le droit, c’est-à-dire aider les gens. L’un d’eux m’a même dit, en signant son contrat d’embauche : "Mes parents seraient fiers de moi aujourd’hui." Bref, ce sont des personnes de grand talent et très mobilisées. »

Les deux cofondateurs de Novalex croient également que la manière plus novatrice de gérer leur cabinet a aussi joué dans l’équation. Comme l’indique Sophie Tremblay, « Nos bureaux dans Griffintown, inaugurés en 2019, ont été entièrement pensés en fonction de la vision que nous avons de notre métier, c’est-à-dire en permettant à nos collègues de pouvoir travailler à l’endroit où ils sont le plus productifs, que ce soit ici, chez eux ou de l’autre côté de la planète. » L’essor du télétravail et la croissance des Cours virtuelles leur ont donné raison.

Pierre Bondu, Julia Portelance, Rose-Carmel Bazin, Loris Bénaiteau et Marianne Brouillet.
Pierre Bondu, Julia Portelance, Rose-Carmel Bazin, Loris Bénaiteau et Marianne Brouillet.
L’impact social, un outil de marketing et de développement

Quand on leur demande si, au-delà de la mission qu’ils se sont donnée, ils se servent aussi de leur caractère pro bono comme outil de marketing, les deux entrepreneurs répondent du tac au tac : « Absolument ! Et nous ne nous en cachons pas. Nous l’affichons dès que nous le pouvons auprès de nos clients, dans nos publicités et lorsque nous faisons du recrutement. Nous voulons qu’on nous choisisse pour ça et devenir des leaders canadiens du droit à fort impact social. »

Une franchise qui va de pair avec les ambitions de ce duo, qui envisage, à l’aube de ses cinq ans d’existence, de se développer à la fois géographiquement et humainement.

« Nous souhaitons tout d’abord nous consolider, car nous avons connu une grande croissance au cours de l’année 2020 et tenons à conserver nos critères de qualité, explique Me Hillier. Mais nous travaillons déjà à développer des créneaux comme le droit fiscal et le droit de l’immigration, ainsi qu’à déployer pour la Clinique Novalex de nouvelles stratégies pour avoir encore plus d’impact social. »

Pierre Bondu, Julia Portelance, Marie-Ève Ferland et Loris Bénaiteau.
Pierre Bondu, Julia Portelance, Marie-Ève Ferland et Loris Bénaiteau.
Ryan Hillier et Sophie Tremblay commencent également à songer à l’ouverture d’un second cabinet… hors du Québec. « Notre modèle d’affaires fonctionne dans des milieux pourvus d’une bonne activité économique et où les besoins en matière d’accès à des services juridiques sont importants. Et ces deux éléments se retrouvent essentiellement dans des métropoles comme Montréal, Toronto ou New York. C’est donc dans cette voie que nous comptons nous diriger », indique Me Huillier.

Alors, à quoi ressemblera le cabinet Novalex dans cinq autres années ? Impossible de le savoir dès maintenant, mais il semblerait bien que l’idée un peu insolite de deux collègues se soit finalement traduite par un modèle de réussite juridique et sociale prêt à conquérir le monde.

5 ans, 5 dates charnières
  • Septembre 2016 : ouverture officielle du cabinet Novalex
  • Mars 2017 : embauche d’une première avocate, Me Léa Pelletier-Marcotte, spécialisée en litige
  • Août 2019 : acquisition des bureaux dans le quartier de Griffintown, à Montréal
  • Décembre 2020 : Novalex atteint les 10 000 heures de services juridiques pro bono
  • Mai 2021 : le cabinet Mile Wright s’intègre dans celui de Novalex