Me Louis-Denis Laberge. Source : LinkedIn
Me Louis-Denis Laberge. Source : LinkedIn
Après plus de 20 ans à la direction du cabinet Bernard & Brassard, Me Louis-Denis Laberge quitte ses fonctions d’associé-directeur pour exercer comme avocat-conseil.

Après avoir travaillé pendant plus de sept ans chez Dunton Rainville et Marchand Magnan Melançon, Me Laberge rejoint le cabinet longueillois en 2000. Deux ans plus tard, il y devient associé principal.

Membre du Barreau du Québec depuis 1984, sa pratique est axée principalement en litige commercial, faillite et insolvabilité et propriété intellectuelle.

Retour sur ses 20 ans à la tête d’un cabinet spécialisé en droit des affaires…

Pourquoi avez-vous décidé de quitter la direction du cabinet Bernard & Brassard ?

C’est purement contractuel. Après discussions avec nos associés, on considérait qu’il était temps de passer à autre chose. Je quitte mes fonctions d'associé principal et celles d’associé-directeur. L’un n'allait pas sans l'autre. Il y a aussi le fait que j’ai 65 ans. Ça prend quelqu'un d'un peu plus jeune avec des visions différentes pour assurer une bonne transition et aller de l'avant.

Quels sont les changements qui vous ont marqué durant ces 20 ans à la direction?

Il y a bien évidemment l'évolution de la technologie. On a eu de beaux défis. Il fallait le prendre sérieusement et on l’a fait. D'ailleurs, quand la pandémie a débuté, on était déjà tous équipés pour faire du travail à domicile. C’était assez facile de faire la transition.

Quand je suis arrivé au bureau, il n’avait pas de poste d’associé-directeur. On a créé ce poste avec la direction générale puis on a développé une certaine structure au cabinet. Depuis les 12 à 14 dernières années, on a acquis une bonne stabilité. On s’est doté d’outils financiers, on s’est occupé du développement des affaires, des technologies et de la création d’un groupe de pratique.

On a mis en place beaucoup de processus et on s’est assuré de les respecter pour assurer la pérennité du bureau. Ce sont des choses qui nous tenaient à cœur.

Avez-vous un autre aspect que vous avez innové au cabinet ?

Vers 2003 et 2004, avec mon ex-associé et fondateur du bureau Me Marc Bernard, on a créé des groupes de pratique de façon très hermétique. Ça nous a pris du temps avant de voir les résultats. À l’époque, ce type de structure n’existait pas dans les bureaux notre taille. Elle était plutôt mise en place dans les grands bureaux à Montréal.

Par exemple, notre groupe en droit corporatif transactionnel ne pratique pas en litige. Et vice-versa. Les champs de pratique sont très bien définis. Aujourd’hui, on l’a acquis mais ça n'a pas toujours été le cas.

Avec l'emphase mise sur la technologie, on a fait en sorte que des expertises pointues soient développées au cabinet. Le chiffre d'affaires du cabinet est en forte croissance et le nombre d'avocats a augmenté aussi.

Avez-vous eu des mentors ou des figures juridiques qui vous ont inspiré ?

Je ne peux pas dire que j'ai un mentor en particulier. C'est l'ensemble des expériences que j'ai eu qui font en sorte que j'ai développé une vision de ce que pouvait être un bureau d'avocat. Avant de rejoindre le cabinet, j'ai eu d'autres expériences dans des cabinets montréalais.

Quelles sont les qualités à avoir pour être un bon associé-directeur ?

Il faut plutôt demander à mes collègues de travail. De manière générale, il faut être rassembleur, avoir une vision et s’y tenir. Je ne sais pas si je les ai mais ce sont des qualités que j’apprécie chez les gestionnaires.

C’est une question de valeurs aussi. Au bureau, les égos sont mis à la porte. Il y a pas grand monde qui se promène un ego accroché à leur cou, on n'aime pas ça. On est une vingtaine d’avocats. Les personnes aiment venir travailler au bureau et l'atmosphère est très bonne.

Qu'est-ce qui vous attend dans les prochaines années à titre d’avocat-conseil?

Avocat-conseil est un drôle de mot. (rire) Je veux continuer à pratiquer le droit. Je n’ai pas l'intention de m’enfermer dans le garde robe et ne rien faire. Durant les trois prochaines années, j’ai l'intention de continuer ma pratique en litige. J’ai beaucoup de dossiers impliquant des conflits entre actionnaires et en insolvabilité.