L’objectif de ce sondage était en effet de mieux connaître les jeunes membres du barreau dans leurs aspirations professionnelles, mais également personnelles. Voici ce que j’en ai retenu …

Diminution de salaire pour un horaire de travail plus souple

De façon surprenante ou non, la majorité des répondants ont fait part qu’ils accepteraient une diminution de salaire en contrepartie d’une diminution équivalente de leurs heures de travail. Chez les femmes en grands cabinets, le pourcentage atteint 81% des répondantes. Comme l’indique le rapport « De tels résultats indiquent une fois de plus que le modèle des grands cabinets qui implique un salaire élevé et des heures de travail nombreuses est difficile à soutenir pour les femmes. Ces résultats devraient être considérés d’autant plus sérieusement par les grands cabinets du fait qu’ils comptent de plus en plus de femmes parmi leurs rangs. » Il semble cependant que cette réalité ne soit pas aussi présente dans les petits et moyens bureaux, dans les contentieux et le secteur public et parapublic.

Les heures exigées dans les grands bureaux sont souvent difficiles à soutenir, faisant en sorte que plusieurs jeunes avocats quittent la pratique privée pour ainsi accéder à un horaire de travail plus flexible et moins intense, un meilleur équilibre de vie et une meilleure conciliation travail-famille.

Enfants et avancement professionnel

Toujours selon le rapport de l’AJBM, bien que 90% des répondants affirment avoir ou vouloir des enfants, 59% des répondants affirment que le fait d’avoir un enfant peut nuire à leur avancement professionnel et 45% des répondants estiment que leur vie professionnelle constitue un obstacle pour avoir des enfants. Pour les femmes en grands cabinets, cette proportion atteint une surprenante proportion de 90%, affirmant que le fait d’avoir un enfant peut certainement ou probablement nuire à leur avancement professionnel, et 65% considérant que leur vie professionnelle constitue un obstacle pour avoir des enfants. « De façon globale, dans tous les types de pratiques confondus, la conciliation travail-famille pour les jeunes de notre profession semble encore constituer un défi qui reste à être relevé » en conclut l’AJBM.

Horaire flexible

Selon le sondage, et on le sait depuis toujours, les grands cabinets démontrent le moins de flexibilité au niveau d’un horaire aménagé permettant de concilier plus facilement le travail, la famille et la vie personnelle, alors que le secteur public et parapublic démontre le plus haut niveau de flexibilité.

Qu’en conclure ?

Le modèle existant en pratique privée devra certainement être modernisé pour s’adapter davantage aux valeurs de ses avocats, particulièrement les jeunes qui formeront la relève, car ces derniers recherchent avant tout un milieu de travail stimulant et harmonieux dans lequel ils pourront se développer tant sur le plan professionnel que personnel, en quête d’un équilibre de vie. Les cabinets qui sauront ainsi s’adapter bénéficieront, en retour, de beaucoup plus de motivation de leurs avocats et arriveront à garder plusieurs talents au sein de leurs équipes. Il s’agit certes d’un défi d’envergure pour notre société juridique très conservatrice mais il demeure un incontournable et se doit d’être réalisé… À quand les changements ?!