« Vous avez deux choix : soit vous payez le compte et vous restez comme client, soit vous payez le compte et vous partez ». Cette réponse est celle de Philippe Casgrain au PDG d’une grande compagnie pétrolière qu’il avait représentée. Le dirigeant était venu se plaindre des honoraires trop élevés !

L’anecdote remonte aux années 70. Elle n’est qu’une parmi la multitude que Me Casgrain a parsemées au cours de sa carrière. L’homme laisse en effet à la communauté juridique le souvenir d’une personne lumineuse, à l’humour décapant, ayant un franc-parler et le courage de ses opinions.

« Philippe, c’était la liberté d’expression faite homme. Il disait toujours la vérité, à tout le monde et de la façon dont il la pensait. Il comprenait tout et, pas seulement le droit. Ce qui est rare pour un avocat, il avait l’intelligence des faits », dit Me Pierre Fournier, son employé de 1970 à 1976, puis son associé jusqu’en 1987 chez Byers Casgrain.

Me Paul Martin, qui a été son associé à la même époque, confirme. « C’était un avocat Old school, profession libérale plutôt que business. Il avait le feu sacré du droit. Un plaideur au charme inégalé, auquel aucun témoin ne pouvait résister. »

Gérald R. Tremblay, ancien bâtonnier du Québec et associé chez McCarthy Tétrault, le connaissait depuis 40 ans. Ensemble, ils s’étaient impliqués pour le barreau et ont travaillé sur le même procès pendant 4 ans. « Il se battait comme un lion pour ses clients, dit-il. En amitié, il était également extrêmement généreux. Il aimait rire et faire rire. Son esprit fusait. »

L’honorable Marie-Claire Kirkland-Casgrain évoque également la mémoire de son ex-mari. « C’est très triste pour toute la famille, et en particulier pour ses enfants. Sur le plan professionnel, c’était un homme qui était intelligent et réfléchissait beaucoup », se souvient-elle.